À deux mois de l’élection présidentielle américaine, les jeux sont loin d’être faits… Donald Trump et Kamala Harris sont au coude-à-coude dans les sondages. Comme le constate le New York Times, « l’électorat américain s’est en quelque sorte calcifié » : d’un côté, un bloc d’électeurs républicains « imperméables à toute critique à l'égard de leur leader ». De l’autre, un bloc démocrate, qui bénéfice du renfort d’un « électorat plutôt jeune, féminin, noir et hispanique », et qui a une « profonde animosité à l’égard du Parti républicain ».
Résultat, poursuit le quotidien américain, « sauf imprévu, l’élection du 5 novembre sera serrée, comme l’ont été celles de 2016 et de 2020, et le résultat sera très probablement déterminé par sept États clés : l’Arizona, la Géorgie, le Michigan, le Nevada, la Caroline du Nord, la Pennsylvanie et le Wisconsin. Des variations de seulement 1 à 3 % des voix dans ces États détermineront si Trump ou Harris deviendra le 47e président des États-Unis. Parce que cette présidentielle s’annonce si serrée, et parce que nous sommes si polarisés, pointe encore le New York Times, tout l’enjeu de cette présidentielle 2024 dans chacun de deux camps sera de mobiliser plutôt que de persuader ».
Quels programmes ?
D’autant que sur le fond, on n’avance guère, relève le Washington Post : « Kamala Harris et Donald Trump se distinguent par leur caractère, leur style, leur ton, leur vision des choses, leur dignité et, bien sûr, leurs origines et leur genre. Toutefois, leurs différences en matière de choix politiques sont un peu plus floues. Hormis certains points précis - tels que la construction du mur frontalier, les déportations massives et l’augmentation des droits de douane, Donald Trump n’a jamais détaillé de programme précis, affirme encore le Post. Quant à Kamala Harris, on peut dire qu’elle a eu peu de temps pour élaborer des propositions concrètes. On peut dire aussi qu’elle ne veut pas révéler trop de détails, de peur de s’aliéner des électeurs ».
Le Soir en Belgique estime lui aussi que cette élection va se jouer dans un mouchoir de poche : « comme souvent aux États-Unis, le résultat de la présidentielle se jouera de façon très localisée, avec quelques milliers d’électeurs à l’influence surdimensionnée et des millions d’autres cantonnés à un rôle d’observateurs ».
Le Soir note aussi le manque de fond de cette campagne, d’un côté comme de l’autre… « Plusieurs éditorialistes de quotidiens renommés, plutôt favorables aux démocrates, ont ces derniers jours appelé Kamala Harris à détailler ses mesures pour le pays, estimant notamment que son interview très attendue de jeudi dernier, aux côtés de son colistier Tim Walz, avait manqué de substance ».
Et pour leur part, « de nombreux républicains aimeraient voir Donald Trump adopter un ton plus posé, centré sur des critiques du bilan de l’administration Biden/Harris, mais le septuagénaire continue d’accumuler les attaques ad hominem visant sa rivale. "C’est une marxiste, elle va détruire notre pays", a-t-il encore lancé hier ».
France : qui à Matignon ? En attendant, le RN se frotte les mains…
À la Une également, toujours pas de Premier ministre en France. La presse hausse encore le ton ce matin…
« Est-ce ainsi que vit une grande démocratie ?, fulmine Le Figaro. Quel triste spectacle ! Quel désolant et interminable vaudeville pour trouver un Premier ministre ! Et quelle humiliation pour celui qui prétendait faire la leçon à tout un pays pour moderniser ses "mœurs politiques", le conduire sur le chemin du "nouveau monde" ! »
Emmanuel Macron qui « érige le Rassemblement national en arbitre entre les candidats à Matignon », soupire Le Monde. « Parti paria lors des élections législatives où s’est ravivé l’esprit du front républicain, le RN s’est arrogé le rôle de faiseur de roi. Ces derniers jours, le téléphone de Marine Le Pen ne cesse de vibrer. Emmanuel Macron s’enquiert de l’avis de la leader d’extrême droite » sur chacun des candidats potentiels. Un avis qui « compte double aux yeux de l’Élysée. » Et comme le fait remarquer un sénateur proche d’Emmanuel Macron : « Marine Le Pen donne le baiser de la mort aux uns et aux autres. Le Rassemblement national a 142 députés, Il faut faire avec ».
Ce qui fait dire à Libération qu’ « Emmanuel Macron est dans un cul-de-sac, la France dans l’impasse et le RN en embuscade ». En effet, pointe Libé, « dans ce contexte, ceux qui ne font pas partie du jeu en récoltent par nature les fruits. On comprend que le Rassemblement national attende avec gourmandise une possible nouvelle dissolution l’été prochain, ou plus hypothétiquement la tenue d’une élection présidentielle anticipée ».