Décision attendue ce jeudi de la Cour d'appel de Paris dans le procès mené contre Bayer-Monsanto et 13 autres groupes agrochimiques qui ont fourni l'agent orange à l'armée américaine. L’agent orange, c’est cet herbicide ultra-toxique utilisé pendant la guerre du Vietnam. Le quotidien français La Croix a rencontré Tran To Nga, la franco-vietnamienne de 82 ans qui a lancé ce long combat judiciaire. Elle raconte comment, en 1966, alors que la jeune journaliste se rend dans le nord du pays – le Sud est alors soutenu par les États-Unis contre l’insurrection communiste du nord, elle reçoit « du poison », l'agent orange, déversé par des avions alors qu'elle sort d'un abri.
Des années plus tard, Tran To Nga perd son premier enfant de 17 mois, les deux suivants naissent avec des malformations cardiaques... et les médecins lui découvrent un cancer du sein, du diabète et une tuberculose : « Je pensais que c’était dû à ma vie de résistante », explique-t-elle, « mais ce n’est que plus tard que j’ai compris que c’était lié à l’agent orange ». Un rapport, en 2003, révèle que quatre millions de Vietnamiens ont été contaminés.
En 2009, Tran To Nga rencontre l’avocat français William Bourdon et le collectif Vietnam Dioxine. Aux États-Unis, toutes les tentatives de faire condamner les grandes entreprises américaines ont échoué. Tran To Nga accepte, en tant que victime française, devenir porte-voix et déclencher la mobilisation. Un premier procès a lieu en 2021 au tribunal d’Évry, qui se déclare incompétent. Aujourd'hui, on attend le résultat de la procédure d'appel. Si la décision de première instance est infirmée, explique un des avocats de Tran to Nga, « cela ouvrira la porte à un vrai procès sur le fond ». Tran To Nga, que Heike Schmidt a interrogé pour RFI.
À lire aussi«Agent orange»: l'action en justice contre Bayer-Monsanto et 13 autres groupes jugée «irrecevable» en appel
En Russie, la centrale nucléaire de Koursk en état d’alerte
L’Ukraine continue sa percée en Russie, et à 50 kilomètres des combats, la centrale nucléaire de Koursk est en état d’alerte. L’envoyé spécial du Figaro s’est tendu sur place, enfin presque – le maire de Kourtchakov l’a emmené sur une petite embarcation, naviguant sur le lac réservoir créé il y a un demi-siècle pour refroidir les quatre réacteurs. La structure, écrit le journaliste, « évoque celle, funeste », de Tchernobyl – les deux centrales datent de la même époque.
En ville, les militaires ne sont guère visibles : « il s’agit manifestement de ne pas créer d’effet de panique dans la population ». Mais un régime d’alerte antiterroriste a été imposé. Il y a une semaine, un des responsables de la contre-offensive russe affirmait que « l'armée ukrainienne avait prévu de prendre la centrale de Koursk vers le 11 août, après quoi leur intention était de lancer un ultimatum à la Russie ». Mais le Figaro estime qu’« il ne semble guère avéré, à ce stade de leur opération sur le territoire russe, que les forces ukrainiennes aient la volonté – ni sans doute les moyens – de s’emparer de la centrale de Koursk ».
À lire aussiGuerre en Ukraine: «Les Russes avancent lentement, mais de plus en plus vite» dans le Donbass
Tim Walz accepte officiellement l’investiture démocrate
Aux États-Unis, troisième jour de la convention démocrate à Chicago, avec l’intervention du colistier de Kamala Harris, Tim Walz, qui n'a pas manqué de qualifier Donald Trump de « bizarre » et de « dangereux ». Le New York Times rappelle que depuis qu’il a rejoint le ticket démocrate, il s’est « empressé de s’attaquer » à l’ancien président, dans « un mélange de sarcasmes mordants et de commentaires plein d’esprits ». Le Soir estime que le nouvel objectif démocrate est de « ridiculiser Donald Trump », et qu’il fait florès – « tous les leaders démocrates alimentent un filon inépuisable ». Avec un Donald Trump qui répond, comme lors d’un meeting lundi 19 aout dernier où il s’est défendu d’être bizarre – « c’est lui qui est bizarre ».
Une tactique qui pourrait, selon le quotidien belge, s’avérer plus efficace que les avertissements sur « le danger pour la démocratie » que poserait le candidat républicain - et sur lequel insistait Joe Biden lorsqu’il était lui-même candidat. Maintenant, avec Kamala Harris, c’est plutôt la notion de liberté que les démocrates mettent en avant : « Plus que toute autre chose, choisissons la liberté. Pourquoi ? Parce que c’est le meilleur des États-Unis », a encore martelé la nuit dernière à Chicago la célèbre présentatrice Oprah Winfrey, rapporte le Times.
Kamala Harris, elle, était montée sur scène lundi au son du Freedom de Beyoncé : « Les démocrates reprennent aux républicains l’étendard de la liberté », titrait ce mercredi Le Monde. Liberté du corps des femmes entre autres : le Washington Post note qu'à Chicago, les intervenantes ont partagé leurs histoires personnelles d’avortement, de fausse couche et de stérilité ; ce qui « reflète la volonté croissante des candidates de parler de leur passé reproductif, autrefois considéré comme un handicap ». Et puis « la lutte pour le droit à l'avortement est considérée comme un sujet gagnant pour les démocrates ».
Bref, à Chicago, « celles qui ont laissé leur marque furent des sénateurs, des gouverneurs, des députés, des femmes » remarque le Corriere della Sera : Michelle Obama, Hillary Clinton, Alexandria Ocasio-Cortez. « Kamala Harris mène le tournant interne des démocrates : le parti dirigé par des femmes », titre le quotidien italien.
À lire aussiÉtats-Unis: Tim Walz accepte l'investiture des démocrates et devient le colistier de Kamala Harris