« Il y a quatre semaines, la messe semblait dite, relève Le Monde à Paris. Kamala Harris avait triomphé, en août, à la convention démocrate de Chicago, relevant un Joe Biden diminué, et avait dominé Donald Trump dans le seul débat de la campagne, le 10 septembre. Son élection, le 5 novembre, semblait acquise, sauf qu’à quatre semaines du scrutin, rien ne semble joué. Le simple fait de se poser la question confirme que Donald Trump n’a pas perdu ».
En effet, précise Le Monde, « les sondages agrégés par le New York Times donnent la victoire à Kamala Harris à condition qu’elle remporte la Pennsylvanie, qui compte 19 grands électeurs. Le retard de Donald Trump dans cet État-clé n’est que d’un point. Kamala Harris a une avance de un à deux points dans le Nevada, le Michigan et le Wisconsin, tandis que Donald Trump mène de un à deux points en Caroline du Nord, en Géorgie et en Arizona, autres États-bascule ». Bref, constate le quotidien français,« le brouillard est complet ».
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Blitz médiatique… »
Et pourtant, Kamala Harris n’a pas ménagé sa peine ces derniers jours… La candidate démocrate s’est lancée en effet dans un véritable « blitz médiatique » pour reprendre l’expression du Wall Street Journal.
Elle a participé lundi à 60 Minutes, au Late Show de Stephen Colbert, en passant par l’émission The View sur ABC, le lendemain.
Avec cette question qui revenait souvent : « qu’est-ce qui vous différencie de Joe Biden ? » Et ses réponses n’étaient pas claires, affirme le Wall Street Journal. Elle a souvent botté en touche, en déclarant : « Je ne suis pas Joe Biden ». Il est vrai, poursuit le journal, qu’il n’est pas facile de « se présenter en tant que candidate du changement - avec le slogan A New Way Forward, (Une nouvelle voie à suivre) tout en étant également vice-présidente ». En fait, résume le Wall Street Journal, « Kamala Harris a évité de se démarquer du président sortant, même si elle a proposé des changements de politique progressifs sur l’économie et sur l’immigration ».
Plus proche des électeurs…
Le New York Times, pourtant favorable à la candidate démocrate, ne cache pas ses doutes… « Nous avions espéré que la campagne joyeuse menée par Kamala Harris continuerait à gonfler ses voiles et que sa montée dans les sondages serait inexorable. Mais non, elle et Donald Trump sont au coude-à-coude ».
Que faire pour l’emporter dans la dernière ligne droite ? Pour le New York Times, « Kamala Harris doit quitter les podiums des rassemblements pour être plus proche des électeurs. (…) Aller au contact, discuter avec les gens, comme l’avait fait Barack Obama qui avait réussi à contrecarrer le scepticisme que les républicains alimentaient à son égard. Son engagement direct avec les électeurs avait permis de l’humaniser et de le démystifier. C’est ce dont Kamala Harris a besoin dans la dernière ligne droite de cette campagne ».
Encore plus d’argent…
Le Washington Post lui a fait les comptes… car dans toute campagne électorale que ce soit aux États-Unis ou ailleurs, l’argent est le nerf de la guerre… C’est « un record », souligne-t-il, « les démocrates ont collecté en moins de 80 jours la bagatelle d’un milliard de dollars… »
Toutefois, « les responsables démocrates s’inquiètent : ce ne sera sans doute pas suffisant pour gagner. En effet, précise le Washington Post, la campagne continue à faire face à des vents contraires importants qui nécessiteront encore plus d’argent dans les semaines à venir. Les sondages dans les Etats clés sont très serrés, on est dans les marges d’erreur. Ce qui nécessite encore des plans de dépenses coûteux, notamment en clips de campagne pour convaincre les indécis ».
À quel jeu joue Melania ?
Enfin, en marge de la campagne, cette question posée par le Boston Globe : « Melania Trump est-elle la surprise de ce mois d’octobre ? (…) En tant que première dame, Melania Trump n’avait pas grand-chose à dire sur les questions politiques. Mais au cours du dernier mois d’une campagne présidentielle dans laquelle la question de l’avortement est appelée à jouer un rôle clé, elle s’est présentée comme une ardente partisane du droit des femmes à choisir ».
Alors, s’interroge le Boston Globe, comment interpréter cet engagement ? « Est-ce qu’elle va nuire à son mari ou essaie-t-elle de l’aider ? ». Ce qui est sûr, pointe le journal, c’est que « plusieurs sondages montrent un net écart entre les sexes dans la course à la présidentielle : les femmes, galvanisées par la question de l’avortement, soutiennent majoritairement la vice-présidente Kamala Harris. Cet écart entre les sexes expliquerait pourquoi les Républicains redoublent d’efforts pour se distancer des positions restrictives sur l’avortement ».