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Sylvain Creuzevault adapte «Pétrole», roman inachevé de Pier Paolo Pasolini et publié dix-sept ans après sa mort.
Pétrole est un roman de 850 pages, écrit sous forme de notes par juxtapositions de récits entre 1972 et 1974 et publié en 1992, soit dix-sept ans après la mort de Pier Paolo Pasolini, son auteur.
Il suit l'itinéraire de Carlo Valetti, fils ambitieux d'un bourgeois et cadre de l'industrie pétrolière italienne. Il gravit tous les échelons de la puissante compagnie italienne d'hydrocarbure ENI, au passé fasciste, lorsque son dirigeant est retrouvé mort. Ce personnage «se dédouble» : il y a Carlo I et Carlo II. Tandis que son premier avatar, Carlo I, connaît une ascension fulgurante au sein de l’ENI, Carlo II se dévoue entièrement à une frénétique quête sexuelle, une sexualité bestiale, criminelle et dépourvue d’interdits. Le fait de dédoubler son personnage est un hommage au grand roman picaresque, explique Sylvain Creuzevault.
Dans sa mise en scène, Sylvain Creuzevault fait donc jouer les deux «Carlo» par des comédiens, mais aussi Pier Paolo Pasolini, joué par plusieurs comédiens et comédiennes, qui raconte l'écriture de ce roman ou encore des personnalités politiques italiennes de l'époque, une manière d'aborder la thématique de la corruption et de la mafia. La première partie du spectacle se déroule dans une réception, et raconte les pactes de corruption des élites italiennes, toute la scène est projetée sur un écran.
Pier Paolo Pasolini est un écrivain, poète, cinéaste et intellectuel italien né en 1922 à Bologne. Il débute comme romancier et poète avant de devenir l'un des plus grands auteurs du cinéma italien. Son travail explore les marges sociales, la sexualité, le sacré, la politique et les sociétés de consommation. Il a été assassiné en 1975 sur une plage d'Ostie, dans la périphérie de Rome. Si l'affaire n'a jamais été élucidée, certains affirment qu'il a pu être assassiné à cause de ce texte qui dénonçait la corruption des gouvernants et de la démocratie chrétienne. L'une des notes de ce roman — la 21 - aurait d'ailleurs disparu...
Invité : Sylvain Creuzevault, metteur en scène, auteur et comédien français né en 1981.
Il adapte et met en scène le roman de Pasolini. Il a adapté Karl Marx et Dostoïevski. En 2023, il présente deux spectacles, intitulés L'Esthétique de la résistance et Edelweiss [France Fascisme].
Pétrole, à voir au Théâtre de l'Odéon jusqu'au 21 décembre 2025 dans le cadre du Festival d'Automne.
400 maisons d’édition venues du monde entier, des milliers d’autrices et d’auteurs, et un thème, l’Art de l’autre, qui célèbre l'empathie et la curiosité : le Salon du Livre et de la Presse jeunesse est ouvert aux petits et aux grands à partir de ce mercredi 26 novembre 2025.
Les dernières études montrent un recul marqué de la lecture chez les jeunes qui lisent moins souvent et moins longtemps – seulement 19 minutes par jour en moyenne – et peinent davantage à se concentrer. Pour autant, l'offre jeunesse n'a jamais été aussi abondante (elle représente actuellement 13% des ventes de livres en France) et propose de nombreuses pistes pour reconnecter les jeunes au plaisir de lire. Les BD, mangas et comics dominent largement leurs lectures, tandis que les romans, bien que toujours présents, reculent légèrement.
Le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse, depuis sa première édition en 1984, reste le rendez-vous incontournable (et gratuit) des jeunes lecteurs. Parmi les propositions exposées cette année, Le Dinosaulyre de Guillaume Métayer, «un livre pour les enfants de 7 à 117 ans» ; et Pirates en Enfer, de Lucas Scholtes, l'histoire d'une bande de pirates coincée dans les neuf cercles de l'Enfer qui tente de trouver une porte de sortie. Deux auteurs qui fabriquent l'imaginaire des adultes de demain.
Invités :
► La 41è édition du Salon du Livre et de la Presse jeunesse se tient du 26 novembre au 1ᵉʳ décembre 2025 à Paris Montreuil Expo en Seine-Saint-Denis.
Et la chronique la Puce à l'oreille de Lucie Bouteloup, qui décrypte le langage texto à l'occasion du 33è anniversaire de l'apparition du SMS.
Programmation musicale :
Requin Chagrin - Parachute.
Dans ce nouveau roman, l'autrice islandaise Audur Ava Ólafsdóttir brosse le portrait d'une femme transgenre arrivée dans la soixantaine.
Les noms islandais sont toujours un peu longs, car ils ont la particularité de marquer le genre ! À la naissance, elle est née homme et s’appelle V … comme son père. Adulte, elle devient biochimiste, spécialisée dans les cellules, les plus petits éléments du corps humain. Elle a 61 ans, s’est toujours sentie femme, mais elle est née dans un corps d’homme. Elle s'est mariée avec Sonja, est devenue père alors qu'elle voulait devenir père. Mais elle ne veut pas mourir dans ce corps d'homme.
Elle va demander à s’appeler Logn, un terme qui n'existe pas en français, qui signifie «le calme plat entre deux tempêtes, l'immobilité de l'air» en islandais. Ce temps suspendu, c'est le temps perdu de sa vie.
Son surnom «Bambi» n'est pas anodin. Formé à partir de l'italien «bambino, enfant». C'est aussi le nom choisi par sa grand-mère et son frère, d'après une référence à Disney, mais surtout au roman de Felix Salten publié en 1923 qui fut brûlé une dizaine d'années plus tard par les Nazis qui le considéraient comme une allégorie du sort des Juifs. Contrairement au long métrage de 1942, Bambi est seul, comme le personnage du livre, car toute sa vie, elle a dû essuyer les insultes, la culpabilité et un grand sentiment de solitude et pense même à se suicider. Mais ce n'est pas un roman sur la mort, c'est un roman sur la survie, sur la guérison, sur la réparation, la renaissance.
L'idée de ce roman lui est venue d'après une amie, une femme transgenre qui lui a demandé si elle pouvait écrire sur elle et sur la transidentité. En Islande, la loi de juin 2019 sur l'autonomie de genre, facilite les procédures de transition. Aujourd'hui, le pays reconnaît un genre neutre sur les passeports et les documents officiels, prenant en compte les personnes non-binaires. L'islandais est une langue qui comporte trois langues : le masculin, le féminin, le neutre.
Invitée : Auður Ava Ólafsdóttir, née en 1958 à Reykjavik, est une autrice, poétesse et dramaturge islandaise. Formée à l'histoire de l'art, La Sorbonne, elle a longtemps enseigné cette discipline à l'Université d'Islande. Elle s'est imposée sur la scène littéraire avec ses romans Rose candida, Hotel silence ou encore Miss Islande.
DJ Bambi, son dernier roman est paru aux éditions Zulma.
Programmation musicale :
L'artiste Joseph Marchand avec le titre Au début du soleil et son nouvel album Treize miniatures.
Avec ses machines, son sodaphone et quelques bidons en plastique en guise de percussions, Plastic Jesus aka Lechapus fabrique une musique spontanée, expérimentale et fantaisiste.
Invité : l’artiste Ben Lechapus, alias Plastic Jésus. Artiste, musicien, il a inventé le «plasticisme», la religion du plastique. Il détourne le récit qui est fait des déchets plastiques en imaginant un personnage. Pour lui, le plastique est vivant. Il utilise cette matière pour créer des instruments de musique, costumes et accessoires comme ce chapeau fait de rasoirs jetables !
Tout cela est traité sur le ton de l'humour et de l'absurde avec évidemment un volet écologique.
Je veux qu'il y ait en filigrane un objet politique. Je ne pense pas que je peux éveiller les consciences en faisant cette musique, mais j'ai envie que ce soit un moment drôle
Son personnage est né durant la période de la COVID. Ben Lechapus a découvert le livre d'un luthier belge, Max Vandervorst. Ce musicien, compositeur est également un formidable inventeur d'instruments. Dans Nouvelles lutheries sauvages, il explique comment fabriquer des instruments à partir de déchets. Il a commencé à ramasser chaque déchet et à faire les poubelles et à stocker bidons, bouteilles et autres déchets plastiques pour créer objets, instruments d'où sortent les sons post-punk ! Plein d'artistes en Afrique et ailleurs se sont emparé de ce sujet qu'est le plastique pour le détourner ! nous explique l'artiste.
L'artiste fait aussi des spectacles jeune public «Plastic Monster».
Et la chronique Ailleurs nous emmène en Haïti, avec Guy-Régis Junior, auteur, traducteur, metteur en scène et directeur du Festival des Quatre chemins en Haïti qui débute ce lundi 24 novembre, avec pour thème et pour titre «Paroles de fille».
Invité : Ben Le Chapus alias Plastic Jesus.
Titres diffusés :
L'artiste haïtien Jean D’Amérique en featuring avec the plug pour le titre Li dim
Le groupe congolais Fulu Miziki avec le titre Tia mungwa na biloko
L'artiste Plastic Jésus avec les titres Ma tribu et Caddie.
Chaque année, a lieu la Journée internationale des professeurs de français (JIPF). Cette année, cette journée s'articule autour du thème : «Chanter, jouer, enseigner, la francophonie en musique».
«Un amour pour une langue, c'est aussi une rencontre».
Pour cette septième édition de la journée des profs de français, c'est le chanteur Benjamin Piat qui a été désigné comme parrain. Né le 24 avril 1985 à Angers, il grandit avec les chansons de Bernard Lavilliers, Henri Salvador et Charles Trenet. Il commence très tôt à se passionner de poésie, notamment pour Jacques Prévert. Il se met à composer ses premières chansons.
La musique est un outil merveilleux pour apprendre une langue de manière joyeuse.
Son premier album Boite à musique sort en 2013.
L’échappée Belle, son deuxième album, en 2017. Puis sortiront Frenchy et Eldorado.
Son dernier album Bivouac dont les sonorités ont été inspirées grâce à une tournée au Moyen-Orient, est sorti en juin 2024.
Avec également le témoignage de Cynthia Eid, présidente de la FIPF (Fédération Internationale des Professeurs de Français) qui nous explique pourquoi ce thème de la francophonie en musique a été choisi.
Elle nous détaille les nombreux défis auxquels doivent faire face les professeurs de français.
Vous pourrez également entendre les témoignages des professeurs de français recueillis par Adrien Delgrange. Quel avenir face à l'Intelligence Artificielle ?
Retrouvez l’enquête lancée par le journal Le français dans le monde, sur l’enseignement de langue et du français en 2050.
Sur le site aussi, le reportage d’Adrien sur les profs et l’Intelligence Artificielle, vous pouvez participer au webinaire sur l’éducation aux médias organisé avec la villa Albertine et le consulat à San Francisco et Los Angeles. Découvrez aussi la saison 2 du podcast En cours.
Programmation musicale :
Les enseignants de la francophonie - Benjamin Piat
Faire danser le monde - Benjamin Piat.
Dans son dernier roman, l'autrice Hala Moughanie revient sur l’explosion du port de Beyrouth du 4 août 2020.
C'était en 2020, il y a un peu plus de 5 ans, une explosion ravageait le port de Beyrouth et une partie de la capitale libanaise. Bilan : 235 morts, 6 500 blessés, 77 000 bâtiments détruits ou endommagés.
À lire aussiLiban: cinq ans après l’explosion du port de Beyrouth, une enquête et une reconstruction inachevées
Le roman se passe sur 5 jours : du 4 août, jour de l'explosion, jusqu’au 8 août, date de la première manifestation pendant laquelle les Libanais manifestent leur colère. Les autorités parlaient alors de «négligence».
L'autrice se trouvait à quelques kilomètres de la capitale ce jour-là, elle a entendu la déflagration. Ce qui a fait la particularité de ce moment-là, c'est son côté très soudain. Chacun vaquait à ses affaires. Aujourd'hui, il n'y a ni vérité, ni responsable dans cette affaire. «Elle a souhaité écrire ce texte immédiatement après ces évènements, ce qui lui confère selon elle une valeur de témoignage historique».
On ne peut pas être Libanais sans perdre quelque chose en chemin.
Les évènements sont narrés du point de vue d'un épicier, un survivant ; il habitait dans le périmètre qui a été soufflé, mais avait fermé sa boutique plus tôt ce jour-là... Le narrateur est persuadé d'avoir entendu des avions rafales ou F16, les «bestioles» qui donnent le titre au livre, survoler le port.
Hala Moughanie avait cœur à ancrer la fiction dans une réalité quasiment intangible. Je cherche l'exactitude dans les faits, mais aussi de l'exactitude du ressenti et de l'émotion. Malgré la gravité du sujet, l'autrice parsème son roman d'ironie, de cynisme et d'humour noir. Utiliser ces formes d'humour m'a permis de mettre de la distance et de dire des choses vraies de manière très brutale que le sérieux ne permettrait pas.
Invitée : l'autrice Hala Moughanie est née en 1980 à Beyrouth. De 1990 à 2003, elle vient à Paris et suit des études de littérature à La Sorbonne. En 2003, elle décide de retourner vivre au Liban, où elle enseigne et travaille comme journaliste. Elle se passionne pour le travail de mémoire dans une société post-guerre. Autrice de roman, elle écrit également des pièces de théâtre dont Tais-toi et creuse qui obtient le Prix RFI Théâtre en 2015. Son dernier roman, Les bestioles a été publié aux éditions Elyzad.
Et comme chaque semaine, la chronique de Lucie Bouteloup décrypte les expressions de la langue française ! Alors, on se tient à carreaux et on écoute bien !
Une chronique enregistrée avec Géraldine Moinard des éditions Le Robert, et toujours avec la complicité des enfants de la classe de CM2 de l'École élémentaire Vulpian à Paris !
Programmation musicale :
L'artiste libanaise Yasmine Hamdan avec le titre Hon extrait de l'album I remember, I forget.
La Bibliothèque des mondes croisés a été inaugurée, en octobre 2025, au CCRI John Smith de Ouidah avec, notamment, un fonds dédié à l’histoire de l’esclavage.
C'est ici, à Ouidah, que plusieurs centaines de milliers d’esclaves ont emprunté la porte du non-retour, à quelques kilomètres de la ville.
John Smith, qui a donné son nom au centre, est le nom d’un citoyen américain, petit-fils d’un esclave parti avec la Clotilda, l'un des derniers bateaux de la traite négrière à partir vers les États-Unis, dans les années 1860. Lorsque l'esclavage a été aboli, son aïeul n'a pu retourner au Bénin, faute d'argent pour payer le voyage en bateau. John Smith, devenu maire de Prichard en Alabama, avait déclaré vouloir être enterré à Ouidah.
Y a-t-il encore des choses à découvrir sur la traite négrière ? Oui, selon Dieudonné Gnammankou, certaines thématiques n'ont pas été suffisamment explorées par les historiens comme celle de la réaction des Africains à l'arrivée des premiers navires négriers. Comment ont réagi les royautés et la population ? C'est une période mal connue.
Ouidah est considéré comme le deuxième pôle de la traite négrière sur le continent africain, la première étant l'Afrique Centrale. On estime qu'entre 1 million et 1 million et demi d'esclaves ont été déportés depuis la région de Ouidah. Ces esclaves partaient principalement au Brésil et dans les Antilles françaises (Saint-Domingue en particulier).
Un silence autour de l'esclavage partiellement brisé avec des projets, notamment celui de l'UNESCO initié en 1994, mais aussi grâce à cette bibliothèque dans laquelle on peut trouver de nombreux livres sur le sujet. Il faut que les jeunes connaissent leur histoire, c'est important, explique Rene Akobi alias Loizes. Pendant de nombreuses années, les jeunes ne s'y sont pas intéressés, car les ouvrages proposés étaient vieillots, précise Dieudonné Gnammankou.
Aujourd'hui, se pose la question de la réparation, mais aussi des conséquences sur le continent africain d'aujourd'hui.
Invités :
- Dieudonné Gnammankou, historien spécialiste de la traite négrière
- Rene Akobi alias Loizes, plasticien et dessinateur de bandes dessinées. Il a consacré une - bande dessinée au thème de la traite négrière : Akobi, Zomai, Marâtre, Mariage à paraître chez Dagan BD.
Programmation musicale :
L'artiste Pépé Oléka avec le titre Sebla koko.
Le groupe Feu ! Chatterton a sorti son quatrième album studio Labyrinthe, le 12 septembre 2025.
Du ciel, tombent des cordes… Faut il y grimper ou s’y pendre… Allons voir ce que la vie nous réserve… N’ayons peur de rien, peut-on entendre dans la chanson Allons voir sur le nouvel album du groupe Feu ! Chatterton.
Feu ! Chatterton est un groupe de rock français originaire de Paris, formé en 2011. Le nom du groupe rend hommage au poète anglais du XVIIIè siècle, Thomas Chatterton, «poète maudit» qui se donna la mort à l'âge de 17 ans.
Cette référence reflète bien leurs inspirations littéraires, mais aussi leur côté mélancolique : profondément mélancolique, mais aussi optimiste, précise Arthur Teboul, l'auteur des textes et chanteur du groupe.
Dans ce nouvel album Labyrinthe, ce sont en effet 13 chansons qui sont présentées comme un éloge du chemin, donc du mouvement «faire des chansons, c'est un artisanat, on se perd dans notre pratique. Si on ne laisse pas une idée germer, on l'étouffe tout de suite dans un monde tyrannisé par l'urgence. C'est une pratique salvatrice».
Invités :
Arthur Teboul, auteur et chanteur du groupe Feu ! Chatterton et Sébastien Wolf, guitariste du groupe. Ils se sont rencontrés au lycée.
Arthur Teboul vient également de publier Que savions-nous faire de nos mains qui rassemble toutes les paroles du groupe aux éditions Seghers.
Titres diffusés :
- Le labyrinthe
- Ce qu'on devient
- L’étranger (d’après un poème de Louis Aragon).
Et la chronique Ailleurs nous emmène à Dakar, au Sénégal où le conteur Massamba Gueye nous parlera du podcast Mémoires de Tirailleurs, conçu et réalisé par de la Maison de l’Oralité et du Patrimoine «KËR LEYTI» à Dakar, en collaboration avec l’Ambassade de France à Dakar.
Dix ans après les attentats qui ont endeuillé Paris : que reste-t-il de la mémoire collective ? Le Théâtre de la Concorde a imaginé un mois autour de la thématique «faire corps» : pour ne pas céder à la haine et imaginer la vie d’après.
130 morts, plus de 350 blessés et plus encore si l’on compte les blessures invisibles, un traumatisme collectif, c’était il y a dix ans, les attentats de Paris, sur les terrasses du 11è arrondissement, au Carillon, au Petit Cambodge, À la bonne bière, Au comptoir Voltaire ou à la Belle Équipe et dans la salle de concert du Bataclan...
En cette journée de commémoration, comment vivre sans oublier, comment imaginer l’avenir, faire communauté : quels mots prononcer, quels mots penser...
Le Théâtre de la Concorde, ancien café des Ambassadeurs, théâtre des Ambassadeurs puis espace Pierre-Cardin, est un lieu culturel situé dans le huitième arrondissement de Paris. Propriété de la Ville de Paris, il ouvre en mars 2024 sous la direction d'Elsa Boublil et propose chaque fois des spectacles (danse, théâtre, musique), rencontre, ateliers, débats et animations autour d'une thématique.
Ce mois-ci, ce «théâtre citoyen» a choisi comme thème «faire corps et se souvenir» pour ne pas oublier les attentats qui ont endeuillé Paris en 2015 avec, notamment, la représentation de la pièce «Les consolantes» de Pauline Susini, une pièce créée en 2024 qui rassemble les voix de victimes, de leurs proches, de soignants, d’amis, d’inconnus. Comment le théâtre peut-il aider à traverser ensemble les traumatismes ? Cela pose aussi la question de ce que nous, collectivement, devons faire pour les victimes : faut-il les consoler ?
Invitées : Elsa Boublil, directrice du Théâtre de la Concorde et Pauline Susini, metteuse en scène du spectacle «Les Consolantes» qui donne voix aux victimes du 13 novembre.
Le texte de la pièce «Les Consolantes» est publié aux éditions de l’Avant-Scène Théâtre, et sera jouée la pièce au Grand Parquet à Paris, les 20 et 21 novembre 2025.
Programmation musicale :
L'artiste D.J Snake avec le remix du titre «Patience» du duo Amadou et Mariam.
« Nous voulûmes d'abord dire que la Congolexicomatisation est un trait d'union entre la culture congolaise et le monde, à travers la francophonie. C'est une coopération, un contact d'invention et de créativité, entre les langues congolaises et le linguisme francophone. [...] Alors, soyez là ! Congolexicomatisez-vous, Agglutinogénisez-vous, savanestiquez-vous ! »
En 2013, lorsqu'un journaliste tombe sur Eddy Malou pendant un micro-trottoir sur le roller, la vidéo devient virale et fait le tour du monde francophone. Dans une véritable démonstration oratoire, le Kinois s'exprime dans un français soutenu, à la fois érudit et exubérant, et s'auto-présente comme « le premier savant de toute la République démocratique du Congo », cherchant à « imposer la force vers Lovanium », la première université du Congo. Intellectuel autodidacte, Eddy Malou a été professeur dans des écoles techniques, puis à l'Athénée Royal de la Gombe, où il donne cours notamment au chanteur Jean-Baptiste Mpiana. On peut le voir à partir de 1998 sur la chaîne kinoise Antenne A, où il a été animateur.
Aujourd'hui, l'homme septuagénaire, ne possédant ni téléphone ni internet, est devenu une star des réseaux, suivi par plus de 300 000 personnes à travers le monde. Pendant près de dix ans, il a marché dans les rues de Kinshasa, livrant des cours improvisés aux passants. Avec lui et « la valise de mots » qu'il a dans la tête, le plus simple des échanges devient un exercice rhétorique de haute volée.
Après son essai politique intitulé La Congolexicomatisation et publié en 2022, Eddy Malou nous offre aujourd'hui son deuxième ouvrage, Le dictionnaire de la Congolexicomatisation, publié par l'association Les Amis d'Eddy Malou. C'est un dictionnaire de plus de 200 mots inventés, remixés, empruntés et détournés, des mots qu'il recharge dans le même geste de sens et de savoir. Une œuvre luxuriante, l'aboutissement d'un travail qui demeurait jusqu'à présent essentiellement filmé.
Valabater (v.tr.) :
« Se promener physiquement et intellectuellement. »
Exemple : « Eddy Malou faisant valabater sa cognostacéité au XXIè siècle. »
Etymologie : Jeu sonore sur l'expression populaire « va là-bas », transformée en verbe par suffixation.
Rondelade (n.f.) :
« Une tournée qui revient à son point de départ. »
Exemple : « Votre Savant effectue une rondelade quotidienne, partant de l'UPn, puis transitant à Matonge pour repartir au campus de l'Unikin. La curvilinéarité ! »
Etymologie : De « ronde » (danse en cercle) en français, + suffixe « -lade » marquant un retour au point de départ.
► Suivre Eddy Malou sur Tik Tok.
Programmation musicale :
Le compositeur électro français Thylacine avec le titre Mafwe.
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Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine…

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