De vive(s) voix

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De vive(s) voix episodes

  • «Musée Duras» de Julien Gosselin: dix heures de théâtre pour redécouvrir Duras

    Dans Musée Duras, Julien Gosselin retraverse l’œuvre protéiforme de Marguerite Duras à travers onze propositions scéniques.

    Aux côtés de seize interprètes issus de la promotion sortante du Conservatoire national supérieur d’art dramatique, le directeur de l'Odéon nous fait découvrir l’œuvre complète de Marguerite Duras sur une journée, avec les élèves de la promotion 2025 du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris. Un spectacle fleuve de dix heures assez hypnotique avec un rythme : celui des mots, celui de la musique, de la techno et des lumières stroboscopiques. Il y a aussi des scènes filmées en vidéo et projetées sur les écrans autour de la scène ; pour chaque texte, le dispositif change. On peut s'immerger dans l'homme Atlantique, la douleur, Hiroshima mon amour ou La Musica deuxième.

    Ce qui m'intéresse quand je monte un texte, ce n'est pas de rendre hommage à un auteur ou à une autrice, c'est de faire un théâtre d'aujourd'hui : c'est faire un théâtre vivant.

    Julien Gosselin 

     

    Julien Gosselin explore aussi les thèmes de l'amour fou, «aimer à en mourir» un thème très durassien: «Je crois qu'une des choses fondamentales pour le théâtre, c'est qu'au fond, le théâtre n'est pas là pour montrer des sentiments raisonnables. On ne vient pas au théâtre pour voir des choses qui ressemblent de manière identique et molle à la vie. On vient voir des zones d'extrémité dont on pourrait dire qu'elles sont presque interdites».

    Marguerite Duras, née Marguerite Donnadieu le 4 avril 1914, près de Saigon (Vietnam), est une autrice, dramaturge, scénariste et réalisatrice française. Elle passe son enfance en Indochine française, une expérience qui marquera son œuvre. Après des études de droit, elle s'engage dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale et adopte le nom «Duras». Son mari, Robert Antelme, sera arrêté par la Gestapo et conduit vers les camps de Dachau et Buchenwald d'où il ressortira vivant. Elle s'inspirera de ces années pour écrire La douleur. L'œuvre de Marguerite Duras aborde les questions de la passion, de désir, de la solitude. 

    Elle obtient le prix Goncourt en 1984 pour l'Amant. En 1959, elle écrit le scénario du film Hiroshima, mon amour, qui sera réalisé par Alain Resnais. Elle est également l'autrice de romans tels que Un barrage contre le Pacifique, Moderato cantabile, son style épuré a considérablement renouvelé la littérature française. Elle milita aussi activement contre la guerre en Algérie et s'engage pour les droits des femmes en signant le manifeste des 343, réclamant l'abrogation de la loi de 1920 interdisant l'avortement et toute contraception.  

    Elle décède à Paris en 1996. 

    Invité : Julien Gosselin, metteur en scène français né en 1987. En 2009, il fonde le collectif Si vous pouviez lécher mon cœur avec six comédiens de sa promotion. Il se fait connaître avec l'adaptation du roman de Michel Houellebecq Les particules élémentaires présentée au Festival d'Avignon en 2013. En juin 2025, il est nommé directeur du Théâtre National de l'Odéon pour une durée de cinq ans.  

    Musée Duras à voir à l'espace Berthier jusqu'au 30 novembre 2025.

    Programmation musicale :

    L'artiste montréalaise Laura Lefevre avec le titre Un séjour. 

    29 min
  • TikTok, Instagram, YouTube: quand les médias sociaux s'emparent de la littérature

    Les réseaux sociaux nous vendent aussi de la littérature : sur les médias sociaux, de nombreux influenceurs émergent depuis quelques années pour mettre en avant des nouveautés ou des classiques !  

    Comment vend-on un livre aujourd'hui ? 

    Depuis quelques années, de plus en plus de maisons d'édition font appel aux influenceurs littéraires, font appel aux influenceurs littéraires : «Les réseaux sociaux sont un énorme levier de visibilité. Le temps de lecture baisse alors que le temps passé sur les écrans augmente. Il faut donc aller chercher le lecteur là où il est», nous explique Maïa Gros, attachée de presse aux éditions de l'Observatoire. 

    « Il faut comprendre que les réseaux sociaux, ce n'est pas le marché du contenu, mais le marché de l'attention. Des centaines de milliers de contenus sont postés chaque jour. Il faut donc capter l'attention le plus rapidement possible et créer de l'intérêt ; il faut partir du jeune vers la vidéo alors qu'à l'école, on part de l'œuvre pour aller vers le jeune ».

    De plus en plus de livres, moins de places dans les médias, moins de lecteurs, la littérature circule énormément sur ces nouveaux canaux d'informations, notamment chez les jeunes. «On n'a pas forcément une très bonne image des influenceurs. J'ai voulu propager des connaissances autour de la littérature sud-américaine ou plus classique, de fil en aiguille les gens se sont intéressés à ce que je disais», raconte Chris Laquieze.  

    Et ça marche : le livre de l'autrice américaine Freida McFadden La femme de ménage a émergé grâce à TikTok. «Un bouche-à-oreille numérique efficace», selon Maïa Gros.

    C'est également l'occasion de faire (re)découvrir une littérature méconnue en France ou une littérature classique oubliée ou des auteurs moins connus. «J'aime bien mettre en avant des petits auteurs qui sont moins connus qui produisent des maisons d'édition des œuvres exceptionnellement bien, et dont on parle très peu parce qu'ils sont moins médiatisés», précise Chris Laquieze. 

    Invités : 

    Chris Laquieze, auteur et influenceur littéraire. Vous pouvez suivre son compte Instagram ou son compte TikTok. Il sortira en janvier son premier roman La rosa perdida, aux éditions J.-C. Lattès. 

    Maïa Gros, attachée de presse aux éditions de l'Observatoire, une maison d'édition créée en 2016, qui publie des essais et des romans.   

    Et le témoignage de Timothée, responsable de la librairie Temps-Livres au Pré-Saint-Gervais. Propos recueillis par Cécile Lavolot.

     

    Et la chronique Ailleurs nous emmène à Kinshasa, en République Démocratique du Congo, où la 11è fête du Livre a lieu du 2 au 21 novembre (du 8 au 15 dans la capitale, Kinshasa).

    Et c'est Françoise Balais, directrice déléguée de l'Institut français de Kinshasa qui nous parlera de cet évènement ! On pourra notamment y retrouver en clôture la création de la pièce «Silence» du lauréat du Prix Rfi Théâtre 2025, Israël NZILA.

    Programmation musicale : 

    L'artiste Orelsan en duo avec Yamé, avec le titre Encore une fois.

     

    29 min
  • Théâtre : les conséquences de Pascal Rambert : une fresque familiale

    Dans sa nouvelle création, le metteur en scène Pascal Rambert brosse le portrait d'une famille chic sur plusieurs générations. 

    Des enterrements, des mariages, des enfants à venir, des règlements de comptes, des amours abimés, Pascal Rambert nous raconte aussi un monde qui vacille. Plus qu'une pièce, Les Conséquences fera partie d'une trilogie dans laquelle l’on retrouvera personnages et comédiens jusqu’en 2029. 

    La pièce commence par un enterrement, celui de l’aïeule qui avait 106 ans et dont l’urne est sur scène, une introduction qui donne le ton d’une pièce qui est parfois très drôle, mais qui est profondément triste et désenchantée : Une pièce au ton caustique précise le metteur en scène.

     

    Je ne fais pas des pièces à "sujets". Je fais parler des gens.  Je mets des mots sur des énergies, sur des acteurs. 

    Pascal Rambert

     

    Les conséquences aborde la question du temps qui transforme les êtres, en tant que corps, mondes psychiques, collections de comportements, pour examiner de près les retentissements de nos actes. J'ai besoin de m'adresser à mon temps, j'ai envie de parler aux gens, et que ce qu'ils voient sur le plateau leur parle de ce qu'ils sont en train de penser. La pièce interroge aussi sur les conflits de génération. 

     

    Le texte de Les Conséquences est disponible aux éditions les Solitaires Intempestifs.

    Invité : Pascal Rambert, auteur et metteur en scène français né en 1962. De 2007 à 2016, il a dirigé le T2G (Théâtre de Gennevilliers), il travaille en France et à l'international. Ses pièces les plus connues, Clôture de l'amour et Argument explorent les rapports humains, le langage et la rupture. 

     

    Programmation musicale :

    Le duo Nous étions une armée avec le titre Ne pas regarder en bas.

    29 min
  • Assises de la Traduction : comment traduire sous contraintes ?

    Pour cette 42è édition des Assises de la Traduction, l'Association Atlas ouvre le débat sur le thème de la censure et de l'autocensure dans la traduction. 

    Traduire, est-ce trahir ? Comment dire ce qui ne peut s'écrire dans certains contextes ? 

    Depuis plus de 40 ans, les Assises de la Traduction réunissent à Arles, traducteurs et passionnés de littérature, auteurs et amoureux de langues. Cette année, le thème retenu est «Traduire sous contraintes». 

    Un thème que connait bien Arezou Dadvar, traductrice. Elle a traduit King-Kong Théorie de Virginie Despentes en persan : «un projet assez difficile depuis le début. Je trouvais ce texte unique. Je me suis lancée dans cette traduction, j'avais proposé cette traduction à cinq éditeurs qui ont tous refusé. Finalement, je me suis autocensurée en traduisant et ai proposé une version modifiée, mais cette version n'a pas passé la censure. Je suis allée voir un éditeur à Paris». 

    En effet, Tinouche Nazmjou publie depuis Paris des auteurs iraniens ou afghans qui écrivent en langue persane et qui sont censurés dans leurs pays. Les thèmes liés au désir, à la passion et les mots du sexe, ou liés à l'alcool, sont proscrits dans les écrits : «Les écrivains envoient leurs textes au Bureau de la Censure et des gens jugent leurs écrits pour savoir s'ils sont conformes aux lois islamiques du pays. Ce sont donc parfois des pages qui sont arrachées ou des écrits qui sont totalement censurés, mais il y a énormément de moyens de détourner cette censure. On va ruser et trouver un «code» entre le lecteur et le traducteur».

    Si la censure est un thème majeur de la rencontre de cette année, la contrainte est également inhérente à la difficulté que peut rencontrer un traducteur face à des poèmes ou des auteurs tels que James Joyce qu'on a décrits comme «intraduisibles». Xavier Luffin est, entre autres, traducteur littéraire de l’œuvre de l'écrivain soudanais Abdelaziz Baraka Sakin — dont le romain Le corbeau qui m’aimait a été publié aux éditions Zulma «Un texte difficile à traduire, car il y a de nombreux dialectes qu'il faut réussir à restituer».

     

    Invités : 

    - Arezou Dadvar, traductrice du français vers le persan et traductologue. Elle travaille sur la sociologie de la traduction littéraire en Iran et notamment sur les thèmes de la liberté expression et de la traduction littéraire

    - Tinouche Nazmjou, traducteur, éditeur, metteur en scène. Il a créé sa Maison d’édition Naakojaa  (qui veut dire «Utopia» en persan) en 2012 et édite des auteurs persans et des traductions d'ouvrages en persan interdits en Iran. Il est désormais «interdit de plume» en Iran

    - Xavier Luffin, membre du Conseil de l'ATLAS (Association pour la promotion de la traduction littéraire), professeur de Littérature arabe à l’Université Libre de Bruxelles. 

     

    Les 42è Assises de la traduction littéraire : «Traduire sous contraintes» se tiendront à Arles les 7, 8 et 9 novembre 2025. 

     

    Et comme chaque semaine, la chronique de Lucie Bouteloup décrypte les expressions de la langue française ! Cette semaine, «on essuie les plâtres !».

    Une chronique enregistrée avec Géraldine Moinard des éditions Le Robert, et toujours avec la complicité des enfants de la classe de CM2 de l'École élémentaire Vulpian à Paris !  

    Programmation musicale : 

    L'artiste Aya Nakamura avec le titre «La femme alpha».

     

    29 min
  • Prix Goncourt 2025 - «La maison vide» : un roman familial de Laurent Mauvignier

    Le prestigieux prix Goncourt a été attribué à l'auteur, Laurent Mauvignier pour son roman «La maison vide», publié aux éditions de Minuit. 

    Que sait-on de sa famille ? De génération en génération, Laurent Mauvignier détricote le fil de son histoire familiale depuis son trisaïeul, Firmin Proust. 

    Mais où est donc passée la médaille de Jules, l'arrière-grand-père ? C'est ainsi que commence le nouveau roman de Laurent Mauvignier, une saga familiale sur plusieurs générations. 

    Il y a des histoires inventées qui contiennent plus de vérité que des histoires vécues qui sont complètement «toc» en fait. Parfois, le roman, en inventant, peut toucher plus de vérités.  

    Pour la première fois, l'auteur «se met en scène». Il écrit, il cherche et compose à la recherche de son passé. 

    Il part de l'histoire de son arrière-arrière-grand-père puis déploie l'histoire de son arrière-grand-mère pour comprendre les raisons du décès de sa grand-mère officiellement «morte des suites d'alcoolisme» puis comprendre le suicide de son père lorsque l'auteur avait seize ans. 

    Laurent Mauvignier a toujours considéré l'écriture comme une «évidence» pour lui. 

    Quand vous écrivez, toute votre vie est consumée par l'écriture. Il y a des moments, il faut se battre pour se sentir vivant parmi les autres. 

    Son écriture se caractérise par la longueur de ses phrases, des phrases un peu «proustiennes». 

    Quand je suis sur une phrase, chaque point est une torture. Il n'y a pas de point qui ne soit pas final, j'ai l'impression de tuer mes propres phrases. Je suis admiratif des gens qui savent faire des phrases très courtes. 

    Invité : Laurent Mauvignier est un auteur français né à Tours en 1967. Il est issu d'une famille ouvrière de cinq enfants. Il intègre l'École des Beaux-Arts à 17 ans, dont il sort diplômé en 1991 en Arts plastiques. En 1999, il publie son premier roman, Loin d'eux, aux Éditions de Minuit, «une suite ininterrompue de monologues intérieurs».

    Il publiera par la suite des romans tels que Dans la foule (inspiré du drame de Heysel) Des hommes, qui raconte le traumatisme de la guerre d'Algérie et Histoires de la nuit, un thriller social qui sera adapté pour le cinéma prochainement. 

    Il vient de publier son nouveau roman La Maison vide, mais aussi Quelque chose d'absent qui me tourmente – Entretiens avec Pascaline David (« Double », 2025) aux éditions de Minuit. 

    Programmation musicale : l'artiste Coline Rio avec le titre Grand-mère.

    29 min
  • Festival Sin'ART (Bénin): Didier Sèdoha Nassègandé et Raoul Arsène Awo-Oke

    Pour plusieurs jours, De Vive(s) Voix est délocalisée à Ouidah, au Bénin, à l'occasion de la troisième édition du festival Sin'ART. 

    «Être comédien au Bénin, c'est être fou, être déterminé, et être prêt à être rejeté. C'est ça être comédien au Bénin !», nous dit Gildas Agossoukpe. 

    Faut-il être fou pour faire du théâtre au Bénin ? La question mérite d’être posée alors qu'a lieu le Festival SIN'ART à Ouidah ! Quel est le statut des comédiens et des comédiennes ? Comment le métier est-il perçu ? Les pouvoirs publics aident-ils la création ? 

     

    Invités :

    - Didier Sèdoha Nassègandé, metteur en scène et directeur artistique du Tout Grand Théâtre Djogbé. Il a, par ailleurs, une formation de philosophe et de juriste. pour le Sin'art, il crée Trans-Maitre(s), une pièce écrite par l'auteur togolais Elemawusi Agbedjidji, qui revient sur la question de la colonisation par la langue et sur les sévices imposés à ceux qui ne parlaient pas le français. Dans cette pièce, Dzitri un jeune élève d'une classe de cinquième qui utilise sa langue vernaculaire en classe alors qu'elle est proscrite dans l'enseignement au profit du français ! Il sera puni avec le «signal», un collier d'objets répugnants que devaient porter les élèves qui parlaient une autre langue que le français : une véritable humiliation, symbole de la colonisation et du mépris envers les langues locales.

    Je me positionne comme quelqu'un qui raconte une histoire, non pas pour juger les parties prenantes. Je raconte une histoire pour interpeller la conscience, la mémoire collective sur la question de la responsabilité de l'acte.

    Une situation qui a existé dans toute l'Afrique de l'Ouest, mais aussi en France. C'est également une pièce qui rappelle le massacre de Thiaroye où des dizaines de tirailleurs sénégalais ont été massacrés par l’armée française. Des histoires, des mémoires pas toujours connues par la jeune génération. 

     

    - Raoul Arsène Awo-Oke, écrivain, metteur en scène et réalisateur. Il vit à Parakou, dans le nord du pays. Ses textes et mises en scène sont très influencés par la culture traditionnelle. Il a créé La douleur de la faute, sur un texte d'un jeune auteur béninois, Yannick Tchango qui alerte sur le phénomène du cyberharcèlement, les violences qui en découlent et qui s'engage pour les droits des femmes : «Être artiste ici, c'est être résilient. Tout artiste est un engagé, un militant et quand on vit dans un pays comme le nôtre, avec crise des financements sur la culture, on doit multiplier l'énergie de nos résiliences».

     

    Une émission enregistrée à Ouidah au Centre Culturel de Rencontres Internationales John Smith, communément appelé CCRI, un espace patrimonial situé dans l'ancien tribunal colonial. C'est aujourd'hui un centre pluridisciplinaire, une ruche, centré autour de l'art et de la création. Un lieu d'expression artistique qui accueille notamment des résidences théâtrales, mais aussi de la musique, de la danse et des arts plastiques. Depuis que Janvier Nougloï en assure la direction, le CCRI a évolué, a été entièrement réorganisé et redécoré, dans la visée d'être pluriel et accessible afin que les habitants de la ville se le réapproprient.

    Programmation musicale :

    L'artiste Richard Flash avec le titre Gbedododa.

    29 min
  • Festival Sin'ART (Bénin): Hakim Bah et Bardol Migan racontent l'exil et le déracinement

    Pour plusieurs jours, De Vive(s) Voix est délocalisée à Ouidah au Bénin. À l'occasion du festival Sin'ART, un échange avec Hakim Bah, auteur et metteur en scène de À bout de sueur et Bardol Migan, qui crée La Noyée de Laëtitia Ajanohun. Deux pièces qui racontent, chacune à sa façon, les allers-retours entre l'Europe et l’Afrique. 

    Focus sur deux pièces qui sont à l'affiche du Sin'ART, festival de théâtre béninois exclusivement consacré aux auteurs et autrices contemporaines. 

    À bout de sueur, un texte écrit et mis en scène par Hakim Bah, raconte l'exil. Elle est inspirée d'une tragédie, la mort de deux adolescents retrouvés morts de froid dans le train d’atterrissage d’un avion, le 2 août 1999. On suit dans la pièce le parcours de Binta, Bachir, et leurs enfants, qui tentent tour à tour le départ vers la France. L'écriture d'Hakim Bah est très rare et reconnaissable : les phrases se brisent, tâtonnent et jouent sur la répétition. 

    Bardol Migan a choisi quant à lui de créer, donc mettre en scène pour la première fois, La Noyée, un texte de l’autrice belge Laëtitia Ajanohun. Il raconte les accidents d'une histoire d'amour, entre le Burkina Faso et la Belgique, qui repose sur une illusion.

    À lire aussiThéâtre : « À bout de sueurs », d’Hakim Bah et Diane Chavelet au Lucernaire

     

    Invités :

    ► Hakim Bah vit entre la Guinée et la France. Dramaturge, poète et nouvelliste, il a créé avec Billia Bah le festival L’univers des mots à Conakry et en assure aujourd'hui la direction artistique. En 2016, il a reçu le prix RFI Théâtre pour Convulsions. 

    ► Bardol Migan est comédien et metteur en scène. Il dirige la compagnie Baobab Théâtre du Bénin.

    Le festival le SIN'ART a débuté mercredi 29 octobre 2025 au Bénin et se déroule jusqu'au 1ᵉʳ novembre. Les représentations ont lieu à Ouidah, mais également à Grand Popo, à Togbin ou à Cotonou. 

    Une émission enregistrée à Ouidah au Centre Culturel de Rencontre Internationale John Smith, communément appelé CCRI, ancien tribunal colonial. C'est aujourd'hui un centre pluridisciplinaire, une ruche, centré autour de l'art et de la création. Un lieu d'expression artistique qui accueille notamment des résidences théâtrales, mais aussi de la musique, de la danse et des arts plastiques. Depuis que Janvier Nougloï en assure la direction, le CCRI a évolué, a été entièrement réorganisé et redécoré, dans la visée d'être pluriel et accessible afin que les habitants de la ville se le réapproprient.

    Programmation musicale :

    Tgang le Technicien ft. Lil Jay Bingerack - Dans la vie. 

    29 min
  • Le festival Sin'ART au Bénin, un laboratoire de création théâtrale

    Pour plusieurs jours, De Vive(s) Voix est délocalisée à Ouidah au Bénin. Aujourd'hui, focus sur un évènement culturel majeur, le festival de théâtre Sin'ART, en partenariat avec le CCR International John Smith. Coup d'envoi ce soir à Ouidah, mais des représentations auront également lieu à Grand Popo, à Togbin ou à Cotonou. 

    Une émission enregistrée à Ouidah dans un lieu unique, le Centre Culturel de Rencontre Internationale John Smith, communément appelé CCRI, ancien tribunal colonial. C'est aujourd'hui un centre pluridisciplinaire, une ruche, centré autour de l'art et de la création. Un lieu d'expression artistique qui accueille notamment des résidences théâtrales, mais aussi de la musique, de la danse et des arts plastiques. Depuis que Janvier Nougloï en assure la direction, le CCRI a évolué, a été entièrement réorganisé et redécoré, dans la visée d'être pluriel et accessible afin que les habitants de la ville se le réapproprient.

    Parmi les nombreuses activités organisées par le CCRI de Ouidah, il y a le festival Sin'ART, exclusivement consacré aux auteurs et autrices contemporaines. Il vise à accompagner, former et mettre en avant des auteurs, autrices, comédiens et comédiennes en valorisant la jeunesse du continent. Cette troisième édition du Sin'ART proposera onze spectacles en cinq jours dans différentes villes. Ce soir, la création de Mes poupées noires, noires, un texte d'une autrice béninoise, Cécile Avougnlankou, également professeure de littérature. La mise en scène est signée Laurent Hatat, qui dirige la compagnie de spectacle vivant Anima Motrix (en codirection avec Emma Gustafsson). Pour ce spectacle, il est assisté de Hezou Kadjaziou.

    Bertrand Bossard est également parmi nous, il porte le projet d'ouvrir une école professionnelle de cirque à Ouidah, qui devrait ouvrir ses portes en 2027. En attendant, des cours de loisirs ont déjà démarré.  

     

    Invités :

    Janvier Nougloï, directeur du CCRI (Centre Culturel de Rencontre International) de Ouidah.

    Laurent Hatat, metteur en scène.

    Hezou Kadjaziou, assistant à la mise en scène sur Mes poupées noires, noires

    Bertrand Bossard, directeur de l'École nationale des arts du cirque de Rosny-sous-Bois.

    ► Le festival le SIN'ART débute ce jeudi 29 octobre avec la création de Mes poupées noires, noires, un texte de Cécile Avougnlankou, mise en scène Laurent Hatat.

    Programmation musicale :

    Dangbé Musik - Aquadi.

    29 min
  • «Avale», premier roman de la comédienne Séphora Pondi: une histoire de bouche et de double

    Tout le monde me trouvait sublime, phénoménale. Je n'en revenais pas. J'étais enfin consacrée. Mais pour compenser cette joie, aberrante, il me fallait expier. Rester un corps souffrant. Ça a commencé au niveau des pieds, ils enflaient dans les chaussures. 

    Dans « Avale », on suit deux parcours, celui de Lame, une jeune comédienne montante qui découvre aux portes du succès qu'elle est atteinte d'une mystérieuse maladie de peau, et Tom, un jeune homme désœuvré et tourmenté, obnubilé par la jeune actrice jusqu'à développer pour elle une obsession dévorante, angoissante et malsaine. Chacun, dans l'écriture, a sa langue propre. 

    Écrit à la façon d'un polar ou d'un thriller, par moment gore, inspiré et nourri du parcours et de l'expérience personnelle de Séphora Pondi sans être pour autant de l'auto-fiction, le roman explore les thématiques du harcèlement, de la vie d'actrice et de tout ce qu'elle implique dans sa corporéité la plus brute, ainsi que la question du désir sous toutes ses déclinaisons. 

    Invitée : Séphora Pondi, actrice franco-camerounaise. Elle grandit en banlieue parisienne dans un environnement modeste, où elle découvre très tôt le goût de la lecture et de la scène. Après une formation théâtrale à l’École départementale de théâtre de l’Essonne, elle rejoint le programme « Premier Acte » de Stanislas Nordey au théâtre de la Colline, avant d'intégrer l’École régionale d’acteurs de Cannes et Marseille (ERACM). En septembre 2021, elle devient pensionnaire de la Comédie-Française. Artiste polyvalente, elle travaille actuellement au scénario d'un long-métrage et prépare sa première mise en scène, l'adaptation de Bestioles de Lachlan Philpott. « Avale », publié en 2025 aux éditions Grasset, est son premier roman. 

    Programmation musicale :

    La colère - Dernière fois

    ► Séphora Pondi est à l'affiche d’Hécube, pas Hécube de Tiago Rodrigues au théâtre 13E Art dans le XIIIe Arrondissement de Paris du 21 mars au 2 mai 2026. 

    29 min
  • «Écrire juste pour soi»: les vertus de l’écriture intimiste

    Vous notez vos pensées dans un carnet ou dans un journal intime ? Sans peut-être le savoir, vous pratiquez déjà l’écriture personnelle. Retour avec Régine Detambel sur cette activité discrète, presque confidentielle, à laquelle se consacrent des millions de personnes en France.

    Invitée : Régine Detambel est l'autrice de nombreux romans et essais, mais aussi bibliothérapeute, c’est-à-dire qu’elle s’intéresse à la manière dont la lecture et l’écriture peuvent contribuer au soin de soi, au mieux-être et à la compréhension de l’expérience humaine.

    Dans son nouvel essai Écrire juste pour soi, Les mots prennent soin de nous, paru chez Actes Sud, Régine Detambel mêle réflexions théoriques et entretiens avec celles et ceux qu'elle accompagne dans leur pratique. Une «médecine de velours», dit-elle, capable d’aider chacun à tourner la page et comprendre ce qu’il vit, interrogeant dans le même geste notre rapport à l'écriture et à la lecture. 

    Et la chronique Ailleurs nous emmène à Dakar à l'occasion de la Semaine mondiale de la Francophonie Scientifique, présentée par Slim Khalbous. 

    Programmation musicale : 

    Pierre Lapointe & Voyou - Fallait pas nous inviter.

    29 min

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Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine…

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