De vive(s) voix

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De vive(s) voix episodes

  • Julie Deliquet donne voix à d'anciennes combattantes invisibilisées

    Julie Deliquet adapte l'ouvrage de Svetlana Alexievitch publié en 1985, La guerre n'a pas un visage de femme, dans une pièce polyphonique.  

    La guerre est toujours racontée par les hommes. C’est en partant de ce constat que la jeune journaliste biélorusse Svetlana Alexievitch, alors âgée de 27 ans, entame en 1975 un travail d’enquête au long cours auprès d’anciennes brancardières. Elle récoltera près de 300 témoignages en sept ans.

    Durant la «Grande Guerre Patriotique» (1941-1945), elles ont été : tireuse d’élite, brancardière, démineuse, pilote ou agente de renseignement, mais leur courage et leurs sacrifices ont été effacés après-guerre. La journaliste réunit alors ces femmes, et enregistre leurs témoignages sur magnétophone. Elles y racontent LEUR guerre. 

    Cet essai documentaire est publié en 1985 en ex-URSS, et en français en 2004. L'autrice accueille et met en forme des récits de ces femmes ayant combattu pendant la Seconde Guerre mondiale. L'idée était de dire que la guerre racontée par les femmes ne ressemble pas à celle des hommes. Elles y évoquent la peur, la douleur, le deuil, mais aussi la difficulté de redevenir une «femme» dans un monde d'après-guerre. Bien qu'une partie de l'ouvrage ait été censurée, le récit s'est vendu à près de deux millions d'exemplaires.

    Née en 1948 en Ukraine, Svetlana Alexievitch n'a pas directement connu la guerre, mais celle-ci partie de son histoire, car l'autrice y a perdu une partie de sa famille. Après la démobilisation de son père en 1950, ils s'installent en Biélorussie. Elle travaille comme éducatrice, professeur, journaliste, puis écrivain. Elle reçoit le prix Nobel de Littérature en 2015 pour l'ensemble de son œuvre. Elle vit aujourd'hui à Berlin. 

    Retrouver la «sauvagerie de l'oralité»

    C'est le début de la guerre en Ukraine qui a poussé Julie Deliquet à travailler sur le texte de Svetlana Alexievitch.

    J'ai cherché des voix de l'Histoire dans un monde ignoré. 

    La metteuse en scène a travaillé avec une équipe d'adaptatrices pour sélectionner les neuf témoignages, et a imaginé un appartement communautaire et une journée d'enregistrement de ces témoignages. Une comédienne joue le rôle de Svetlana Alexievitch. 

    Invitées : Julie Deliquet. Elle est metteuse en scène et directrice du Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis depuis 2020. Elle met en scène «La guerre n'a pas un visage de femme» au Théâtre Gérard Philipe (TGP) à Saint-Denis et Odja Llorca, comédienne. Elle joue le rôle d'Alexandra, la pilote d'avion. 

    À voir au Théâtre Gérard Philipe jusqu'au 17 octobre 2025 puis en tournée. 

    Programmation musicale : 

    L'artiste Birds on a wire avec le titre «La jeunesse des morts», adapté d'un poème d'Anna de Noailles.    

    29 min
  • «Terre des hommes» : le chef d'œuvre de Saint-Exupéry illustré par Riad Sattouf

    En 150 illustrations, Riad Sattouf, auteur de l'Arabe du futur, nous invite à (re)découvrir le récit semi-autobiographique de Saint-Exupéry «Terre des hommes». 

    C'est un texte fondateur pour l'auteur Riad Sattouf. Il l'a lu pour la première fois quand il avait quinze ans, sa situation familiale était très compliquée, et dit le relire chaque année : «Il y avait peu de livres chez moi, cela a été une rencontre» nous dit-il. «Il y avait tout ce que je voulais trouver». 

    Illustrer les romans d'aviation de Saint-Exupéry a toujours été un rêve pour le papa des Cahiers d'Esther. 

    Une métaphore de la vie à venir. Un grand rêve mis en forme. 

    Un jour, il écrit aux éditions Gallimard (la maison d'édition qui avait publié Terre des Hommes en 1939) ainsi qu'aux ayant-droits de Saint-Exupéry pour leur proposer d'illustrer «Terre des Hommes». Le projet est accepté… 

    «Terre des hommes» a été publié quelques mois avant le début de la Seconde Guerre mondiale :  en février 1939. Dans ce récit à la fois autobiographique et philosophique, l'auteur relate ses expériences de vol et de camaraderie dans l'Aéropostale et livre ses pensées philosophiques sur des thèmes tels que l'amitié, l'amour, la fraternité, la vie, la mort. 

    Antoine de Saint-Exupéry est né à Lyon en 1900. Il devient pilote lors de son service militaire en 1921, puis pour l'Aéropostale (alors appelée Latécoère) en 1926. Parallèlement, il devient écrivain et publie ses premiers romans en s'inspirant de sa vie d'aviateur avec notamment le roman Vol de nuit publié en 1931 qui remporte le prix Femina. Terre des hommes, publié en 1939, reçoit le grand prix du roman de l'Académie française. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est pilote de reconnaissance. Il s'installe à New-York et publie Le Petit Prince en 1943. Il disparait en mer en juillet 1944 lors d'une mission. Son avion sera retrouvé en 2000. 

    Riad Sattouf est né en 1978. Il est très vite passionné par le dessin.

    Auteur de bandes dessinées telles que l'Arabe du futur qui raconte son enfance vécue entre la Bretagne et le Moyen-Orient et les Cahiers d'Esther qui relate les aventures d'une pré-ado — puis adolescente – espiègle. Ses ouvrages ont été vendus à plusieurs millions d'exemplaires et traduits dans 25 langues. En 2024, il publie Moi, Fadi, le frère volé qui relate les aventures de son jeune frère, après qu'il a été kidnappé par son père, et emmené en Syrie. 

    Il a reçu, à deux reprises, le Fauve d'or du meilleur album au Festival d'Angoulême. Il a également remporté le Grand Prix du Festival en 2023, pour l'ensemble de son œuvre.  Il a par ailleurs réalisé deux longs métrages : Les beaux gosses en 2009 et Jacky au royaume des filles en 2014. 

    Terre des hommes est copublié par Gallimard et Les livres du futur.

    À voir également : L'exposition des illustrations à la galerie Gallimard à partir du 3 octobre. 

    Et la chronique ailleurs nous emmène à Kinshasa où Etienne Russias, président de l'association Semer en territoire, nous parlera de son projet d'ateliers d'écriture Black Label autour de l'œuvre de Léon Gontran Damas, l'une des figures incontournables de la négritude.

    Programmation musicale : 

    L'artiste Bertrand Belin avec le titre La béatitude.  

    29 min
  • Les Zébrures d'automne : deux spectacles pour raconter l'intimité

    Deux pièces pour parler de l'intime, du corps et de la vie.    

    Invité.e.s :

    François Cervantès, auteur, metteur en scène de la pièce franco-libanaise «Et le cœur ne s'est pas arrêté», un spectacle conçu au Liban avec le collectif libanais Kahraba. Dans une maison, vit Tamara, toute habillée de noir, mais aussi Sami et Younès. La guerre n'est jamais très loin. Autour de cette maison, le théâtre se forme. Un spectacle aux accents clownesques et absurdes pour parler de sujets graves. 

    Beaucoup de gens au moment de mourir se disent qu'ils n'ont pas eu le temps de vivre, comme s'ils avaient avalé le bonbon avec le papier. 

    François Cervantès écrit pour le théâtre depuis 1981. En 1986, il crée la compagnie L’Entreprise et en assure la direction artistique à la recherche d’un langage théâtral qui puisse raconter le monde d’aujourd’hui. 

    Et Bissane Al Charif, autrice née à Paris de parents syro-palestiniens, Elle présente sa pièce Dressing Room, le monologue d'une femme sur les autres femmes : «une partition de voix féminines». Le spectacle traite la question de ce qu’on appelle «l’âge critique», ou ce qu’on désigne en arabe par «l’âge du désespoir».

    «Je voulais parler de la propre histoire et qui résonne pour toutes les femmes, ma ménopause pour pouvoir aller vers quelque chose de plus large».

    Spectacle en arabe et en français, surtitré en français et en anglais.

    Programmation musicale du jour :

    L'artiste musical béninois, la fanfare Eyo'nlé avec le titre La tendresse, reprise de Bourvil. 

    29 min
  • Les Zébrures d'automne : le Bottom Théâtre, une compagnie pour dire notre présent

    Rencontre autour du Bottom Théâtre, une compagnie implantée en Corrèze, qui propose des objets artistiques qui organisent des résidences d'artistes, mais aussi pour mettre en valeur la parole des habitants du territoire. 

    Le Bottom Théâtre a été créé en 1999 à l'initiative de Marie-Pierre Besanger et qui accueille des artistes en résidence. Elle est basée à Tulle, en Corrèze, où arrivent beaucoup de mineurs isolés d'Afrique subsaharienne depuis six ans : des jeunes qui ont des histoires à raconter. 

    Si je pense pas que je peux changer le monde, c'est plus la peine. La beauté et l'art sont des armes pour rester debout. 

    Marie-Pierre Bésanger 

    Elle a créé, avec d'autres artistes, le projet (in)stables avec l'anthropologue Alice Herzog, pour explorer les nœuds d'attachement et l'arrachement... 

    De ces résidences, sont nés les spectacles d'Aristide Tarnagda et de Philippe Ponty. 

     

    Invité.e.s :

    Marie-Pierre Besanger, directrice de la compagnie «Le Bottom Théâtre» basé à Tulle, en Corrèze. 

    Philippe Ponty, artiste associé à la compagnie Bottom Théâtre, auteur et metteur en scène de la pièce Immortel·les, une pièce créée au mois d'août 2025 et écrite comme un long poème lyrique, avec un chœur : «un chant d'espoir après les ruines» qui donne la parole aux jeunes.

    La tragédie antique me hante mais j'ai eu besoin de la détruire par des échanges un peu absurdes.

    Un texte sur l'espoir, le désespoir mais aussi sur les lendemains possibles.

    Aristide Tarnagda est auteur, metteur en scène et directeur artistique des Récreâtrales, à Ouagadougou, au Burkina Faso. Son spectacle «Fadhila», joué aux Zébrures d'automne, est une tragédie qui se passe au Burkina Faso et qui raconte l'histoire d'une mère, Fadhila, qui élève seule ses deux enfants après le départ de son mari pour l'Europe. Elle voit partir son premier fils qui se fait enrôler par des djihadistes. Elle va alors se battre pour que le deuxième ne suive pas les traces de son frère ainé...

    Le fait d'entendre ces histoires de mineurs installés en Corrèze, m'a permis de prendre de la distance. 

    Aristide Tarnagda 

    Ces histoires sont donc nées des rencontres avec des jeunes mineurs isolés, qui ont fui leur pays d'origine, mais aussi avec des jeunes Tullistes. 

    Le texte Fadhila est également publié chez Actes Sud Papier. Le spectacle sera prochainement joué à Bruxelles, puis en Allemagne, lors du festival Africologne, mais aussi à Yaoundé, à Abidjan et à Ouagadougou, au Burkina Faso. La pièce sera également créée en Lituanie où la pièce sera traduite en lituanien.

    Programmation musicale du jour :

    L'artiste Joey Robin avec le titre Haché.

     

    29 min
  • Les Zébrures d'automne : lumière sur le théâtre algérien et palestinien

    Le théâtre du Maghreb et du Moyen-Orient sont à l'honneur pour cette nouvelle édition des Zébrures d'automne. 

    Pour cette deuxième émission enregistrée à Limoges, lumière sur le théâtre du Maghreb avec Yacine Benyacoub, metteur en scène, comédien et auteur franco-algérien, né dans le quartier de Bab El Oued à Alger et qui vient de recevoir le prix SACD de la dramaturgie francophone pour sa pièce La décennie noire écrite en 2023, une tragédie, mais non dénuée d'humour qui parle de cette décennie meurtrière qui a frappé son pays d'origine dans les années 90. 

    Yacine Benyacoub a commencé à faire du théâtre en Algérie dès 2001, année de la concorde civile après la fin de la «décennie noire». Il quitte l'Algérie en 2012 pour s'installer en France où il fonde la compagnie Alter Natif. En France, il a été frappé par la méconnaissance du sujet. 

    On vit dans une colère permanente et diffuse, c'est épuisant. Faire ce travail d'écriture me guérit, ça permet de prendre du recul sur ce qu'on a vécu.  

    La décennie noire désigne la guerre civile qui a ensanglanté l'Algérie de 1992 à 2002. Elle a débuté après l'annulation des élections législatives de 1991 remportées par le Front islamique du Salut (FIS). Ce conflit a opposé les forces de sécurité de l'État à divers groupes islamistes armés tels que le GIA entraînant une vague de meurtres, kidnappings, attentats, massacres de civils ou assassinats ciblés. Bien que le bilan soit sujet à débat, on estime que 150.000 à 200.000 personnes ont perdu la vie, que 20.000 personnes auraient disparu et que 1 million de personnes auraient été contraintes de fuir.

    Le texte La décennie noire aux éditions Quartiers Intranquilles. 

     

    Le théâtre palestinien est également à l'honneur avec Amer Khalil qui a repris la direction du théâtre national palestinien en 2011 après le suicide de son fondateur François Gaspar dit Abou Salem. Ce théâtre situé à Jérusalem-Est, est régulièrement menacé de fermeture par les autorités israéliennes «La difficulté aujourd'hui n'est pas tant la liberté de faire ce qu'on veut, ou la censure : on se heurte plutôt aux difficultés administratives.»    

    Quelle époque pour être en vie ! 

    À Limoges, Amer Khalil présente Un cœur artificiel. Une pièce de science-fiction créée pour le Théâtre national palestinien et mise en scène par Mohammad Basha, qui se penche sur la question de l'intelligence artificielle et de l'évolution des machines. Mais c'est aussi une pièce qui interroge sur la notion de vengeance sur un ton de vaudeville...sans doute pour exorciser les horreurs de la vie et de la guerre. 

    Le Théâtre national palestinien a été fondé par François Abou Salem (né François Gaspar) un comédien, auteur, metteur français d'origine palestinienne en 1984 à Jérusalem-Est.

    Né à Provins en France, d'un père poète et traducteur et d'une mère sculptrice, François Abou Salem a grandi à Jérusalem-Est. Après un passage au Théâtre du Soleil à Paris, il commence à travailler en tant que comédien et metteur en scène à Jérusalem-Est. Il a créé la compagnie théâtrale El-Hakawati en 1978 qui deviendra, quelques années plus tard, le Théâtre National palestinien. Il se suicidera en 2011, à Ramallah. 

    À lire : Le Théâtre palestinien et François Abou Salem, de Najla Nakhlé-Cerruti, publié chez Actes Sud. 

    Programmation musicale du jour :

    Le groupe Manaraf qu'on a pu entendre dans la pièce Kaldûn, spectacle d'ouverture des Zébrures d'automne.

    29 min
  • Les Zébrures d'automne : incontournable rendez-vous de la création francophone

    Comme chaque année, la ville de Limoges accueille des artistes venus du monde entier pour le festival les Zébrures d’automne dirigé par Hassane Kassi Kouyaté.

     

    Le 24 septembre 2025, s'est ouvert ce rendez-vous incontournable de la francophonie. Au programme : une trentaine de spectacles dont une dizaine de créations, et près de deux cents artistes réunis dans la ville de Limoges. 

    Pour cette nouvelle édition des Zébrures d'automne, l'accent est mis cette année sur la création francophone arabe.  

    Invité.e.s :  Hassane Kassi Kouyaté, metteur en scène et directeur des Zébrures d'automne-Les Francophonies-Des écritures à la scène. Un festival que son directeur qualifie de «voyage, un endroit où on met plusieurs miroirs différents». 

     

    La francophonie pour moi c'est le mariage ou la naissance entre la langue française et d'autres langues. C'est une francophonie humaine 

     

    «Le théâtre est un espace de mémoire», nous dit Sumaya Al Attia, metteuse en scène et comédienne franco-jordano-iranienne.

    Son spectacle «Rekord بیبي» est écrit en deux langues, en français et en arabe, l'occasion d'explorer la dualité de la langue. Le titre du spectacle fait référence au modèle d'Opel («Rekord») détenue par la grand-mère («بیبي» en dialecte irakien) de la metteuse en scène. 

    C'était une évidence pour moi d'écrire le spectacle en deux langues : arabe et français.

     

    Cette voiture achetée à Beyrouth, au Liban, par ses grands-parents quand ils ont quitté la France en 1966-1967, a été utilisée pour rejoindre Bagdad où une nouvelle vie commence. C'est un récit d'exil où s'entremêlent l'histoire familiale et la grande histoire avec l'arrivée de Saddam Hussein en Irak. C'est en 2022 que l'autrice a senti la nécessité de creuser l'histoire familiale. La metteuse en scène a travaillé à partir d'entretiens audios qu'elle avait réalisés avec son père. C'est donc à partir des souvenirs d'enfance de son père qui avait huit ans à l'époque qu'elle a écrit ce texte. Elle estime que c'est grâce aux écrits qu'on peut faire vivre la mémoire...

    Israël Nzila, auteur congolais de 31 ans et lauréat du Prix RFI théâtre 2025 pour son texte «Clipping». Une femme perd son enfant au marché. Mais a-t-elle véritablement perdu cet enfant ? Le retrouvera-t-on ? Les cauchemars lui reviennent... Un texte bouleversant qui raconte les traumas de la guerre.

    Né à Kinshasa, il est parti s'installer à Lubumbashi et s'est très vite consacré à l'écriture de théâtre. Un auteur qu'on a pu découvrir avec la pièce «Silence» dans le cycle «Ça va, ça va le monde !» à Avignon en 2025. 

    Le théâtre, c'est une existence, il est vivant. Ce n'est pas un simple spectacle. On introduit des spectateurs dans ce qu'on écrit, ça dépasse l'imaginaire. 

      

    Également dans l'émission : la metteuse en scène Jenny Briffa nous parle de «Racines mêlées», un spectacle créé à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, un récit d’aventures où les destins de Lapérouse, Bougainville et Cook s’entrecroisent autour d’une intrigue liée à l'histoire de la Nouvelle-Calédonie.

     

    Programmation musicale du jour :

    Le groupe iranien Bazaari avec le titre Ce qui n'a pas été. 

    29 min
  • Claire Diterzi: variations sur Anna Karénine «une chanson, c'est comme une équation»

    Fille de est le nouvel album / Spectacle de Claire Diterzi. Pour cette nouvelle création, c'est Anny Karénine, fille adultérine de Anne Karénine qui est à l'honneur. 

    Mais qui est donc Anny Karénine ? Elle n'est pas uniquement la fille adultérine d'Anna Karénine: c'est aussi le titre du nouvel album et spectacle à venir de l'artiste Claire Diterzi. 

    Pour rappel, Anna Karénine est un roman de l'auteur russe Léon Tolstoï paru en 1877 en feuilleton dans Le Messager russe qui raconte les amours contrariés entre Anna Karénine, femme de la haute société russe, mariée à Alexis Karénine, fidèle et mère d'un jeune garçon. Lors d'un voyage, elle croise la route du comte Vronski, un officier brillant, mais frivole. Elle tombe amoureuse. Elle tombera enceinte et accouchera d'une fille qu'elle appellera Anny. Mais prise de culpabilité d'avoir abandonné mari et enfant, elle finira par se suicider en se jetant sous un train.  

    «J'ai trouvé le livre un peu ennuyeux, mais pourtant j'ai aimé ce portrait de femme malheureuse»

    C'est lors d'un voyage sur le Transsibérien en 2019 que l'artiste Claire Diterzi découvre ce classique de la littérature russe qui l'inspire pour ce nouvel album et spectacle «Fille de...»

    Son spectacle musical commence donc par la fin du livre : elle imagine la vie d'Anny et analyse la relation mère/fille. On découvre Anny, devenue jeune femme avec ses désirs d'émancipation. 

     

    Lorsque j'écris des chansons, j'ai l'impression de faire des maths. Une chanson, c'est comme une équation : on passe son temps à rentrer des carrés dans des ronds. 

    Invitée : Claire Diterzi, autrice, compositrice et metteuse en scène, née en 1970, son parcours musical débute avec le collectif punk-rock Forguette Mi-Not. Elle débute ensuite une carrière solo. Depuis 2014, elle gère sa propre structure, Je Garde le Chien : label, édition et compagnie théâtrale musicale. Fille de est sorti le 19 septembre 2025. Son spectacle Anny Karénine sera joué au Théâtre du Rond-Point du 26 au 29 novembre 2025. 

    Programmation musicale : 

    Les titres diffusés sont tous extraits de Fille de 

    Fille de, Pom pom girl, La mèche qui dépasse, I lego you. 

    29 min
  • Ovidie pour son spectacle «La chair est triste» au Théâtre de l'Atelier

    Dans son texte La chair est triste publié en 2023, Ovidie y détaillait les raisons de sa «grève du sexe» et déconstruisait les injonctions qui pèsent sur la sexualité et le désir. 

    C'est l'histoire d'une femme, belle et libre qui décide d'arrêter le sexe avec les hommes. Le texte d'Ovidie La chair est triste, hélas, est paru en 2023. Son titre est tiré d'une citation d'un vers de Stéphane Mallarmé.

     

     

    Je suis devenue féministe à cause des hommes. 

    Ce manifeste, au vocabulaire très cru et que l'autrice qualifie d'exutoire, a été édité par Vanessa Springora (l'autrice du Consentement en 2015) et interroge sur l'hétérosexualité et sur les mécanismes qui poussent les femmes à vouloir toujours rester «désirables». Elle raconte sa "grève du sexe".

    Invitée : Ovidie, ex-actrice de films X, autrice et réalisatrice de documentaires. Elle est aussi féministe et militante. Elle met en scène son texte La chair est triste, hélas publié chez Julliard, à voir au Théâtre de l’Atelier jusqu’au 25 octobre 2025. 

    Et comme chaque mercredi, retrouvez la chronique de Lucie Bouteloup «La puce à l'oreille» ! Aujourd'hui, avec Géraldine Moinard, lexicographe, elles décryptent l'expression «être sur la sellette». 

    Une chronique en partenariat avec les éditions Le Robert.

    Programmation musicale du jour :

    L'artiste Krego avec le titre Hommes de joie.

    29 min
  • Khosraw Mani : «La langue française, c'est mon chez-moi, ma patrie»

    «Rattraper l'horizon» est le premier roman écrit directement en français de l'auteur afghan Khosraw Mani. 

    Comment raconter une ville prise depuis des décennies dans les tourments de l’histoire ? Comment raconter le quotidien et l’imaginaire de la capitale afghane et de ses 5 millions d’habitants ? 

    Ce roman se passe au début des années 2000 quand les Américains renversent le régime taliban. Dans la première partie de ce roman écrit en français, l'auteur raconte l'histoire d'un enfant né dans un village afghan où la violence est quotidienne. Son meilleur ami est pendu, car soupçonné d'être homosexuel. Fils d’un mollah, il a une éducation hyper sévère. Il se voit chasser par son père de la demeure familiale quand ce dernier l'accuse d'être un bâtard, le fils illégitime du muezzin qu'il fera, d'ailleurs, assassiner. 

    S’ensuivent des années d’ennui hantées par la faim et les menaces. Il finira par rejoindre Kaboul, une ville écrasée par les traditions et les us et coutumes. Il découvrira la radio, alors interdite par le régime en place, et les livres : en particulier Don Quichotte de Cervantès. Il connaîtra également les plaisirs de la chaire, avant d'entrer dans l'âge adulte et de devenir un «rêveur aux yeux ouverts». 

    Invité : Khosraw Mani, journaliste auteur né à Kaboul en 1987. Exilé, il vit à Paris depuis 2015. Il a appris le français à l'âge de 16 ans en achetant une méthode d'auto-apprentissage chez un bouquiniste de la capitale afghane. 

    Il a déjà publié six romans, deux deux ont été traduits en français.  «Rattraper l'horizon» est son septième roman. Il est publié aux éditions Actes Sud. 

     

    Programmation musicale : 

    L'artiste Félicien Lia avec le titre Seul tout. 

    29 min
  • Le jargon de la musique : on vous met au diapason !

    Avec cet ouvrage, le linguiste et musicien Stéphane Gendron nous raconte l'importance du vocabulaire et des expressions liées à la musique dans la langue française. 

    La musique aussi a son vocabulaire et son jargon ! Et par la variété des instruments et styles musicaux, les musiciens ont utilisé un grand nombre d’expressions et locutions : chanter la palinodie, une marchandise haut de gamme, couper la musette, avaler sa trompette. Comment ces mots sont-ils devenus des locutions importantes de la langue française ?

    Notre invité nous met au diapason ! 

    Avec cet ouvrage, Stéphane Gendron a voulu relier ses deux passions : la musique et la linguistique. Les expressions en rapport avec la musique peuvent être très anciennes ! «C'est du pipeau» vient du verbe «piper» qui voulait dire imiter le cri ces oiseaux, dans le but de les piéger... ce qui donné l'expression qu'on connait aujourd'hui. 

    Toutes les couches sociales ont une vision de la musique et des instruments. Il y a une grande circulation sociale. 

    Pour réaliser cet ouvrage, l'auteur a pris le temps de lire la presse du XIXè siècle et de la première moitié du XXè siècle pour analyser le contexte dans lequel naissent ces expressions. 

    Les instruments (piano, violon, harpe) ont également donné naissance à des expressions («accorder ses violons», «pisser dans un violon», «sortir les violons») que Stéphane Gendron analyse avec beaucoup de précisions. 

    Invité :  Stéphane Gendron, linguiste. Il est spécialisé dans l'étude de l'origine des noms propres : l'onomastique ! Il est par ailleurs musicien (pianiste). Son ouvrage «C'est du pipeau ! - Le jargon de la musique et des musiciens» est publié aux éditions Actes Sud. 

    Et la chronique Ailleurs nous emmène à Lomé, avec Valentin Vieyra, artiste et formateur en technique d'écriture humoristique et en gestion scénique, directeur du Festival Rire à Lomé. Il nous parlera de cette neuvième édition du Festival qui s'ouvrira le 29 septembre 2025 dans la capitale togolaise. 

     

    Programmation musicale :

    L'artiste Elo avec qui sort son premier single : «Embêtés».

    29 min

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Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine…

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