
Sign up to save your podcasts
Or


Samedi 26 juillet 2025, commence le nouveau cycle de lectures « Ça va, ça va le monde ! ». Depuis plus de dix ans, RFI fait découvrir des textes et des auteurs ou autrices de théâtre vivant en Afrique, dans les Caraïbes ou au Proche-Orient et écrivant en français pour raconter un monde multilingue et pluriculturel.
Chaque année, six textes sont lus en public au Festival d’Avignon, et enregistrés pour diffusion en direct et en vidéo sur Facebook ; puis sur les antennes de RFI le samedi à 17h05, à partir du 26 juillet 2025 jusqu'au 30 août 2025.
Des textes engagés, toutes portes ouvertes sur le monde, sa désespérance ou ses conflits, que l’on soit à Beyrouth, Damas, Antananarivo ou Kinshasa. Mais toujours, pointe une note d’humour, une ironie, un éclat de langue qui font l’originalité et la force de ces écritures des Suds.
Invité.e.s
Hala Moughanie, autrice et dramaturge franco-libanaise née en 1980. Elle a vécu une quinzaine d'années à Paris avant de retourner à Beyrouth en 2003 où elle travaille comme enseignante et journaliste, dans le milieu de la culture et de l’humanitaire.
Elle a été lauréate du Prix RFI Théâtre en 2015 pour son texte Tais-toi et creuse.
Son dernier texte Le Ruban a été joué dans le cadre des lectures.
C'est difficile de se dire qu'on va écrire alors que tout s'écroule autour de moi. [...] Il fallait pourtant exprimer cette rage, cette tristesse et questionner le rôle de l'art face aux bombes.
Une pièce écrite au rythme des bombardements dont Beyrouth a été le théâtre, ces derniers mois, et qui raconte une réunion au sein du ministère de la Culture du Liban pour décider qui va couper le ruban lors d'une cérémonie officielle, juste après le cessez-le-feu... mais la guerre est-elle vraiment finie ? Comment continuer à vivre en pleine guerre ?
Mon texte n'est pas là pour briser un silence, mais pour questionner le milieu de la culture et des arts, dans un monde qui permet un génocide. L'artiste a l'obligation de gueuler ! L'artiste n'a pas le droit de vivre coupé des réalités politiques et sociales. Or, en particulier en Occident, les artistes ont un avis sur tout, mais n'ont aucune idée de ce qui se passe ailleurs, ils ne sont pas informés !
C'est aussi un texte qui nomme les dizaines de milliers de morts à Gaza. L'autrice utilise le terme de génocide plusieurs fois dans son texte. Un mot qui fait débat aujourd'hui en Occident selon les dires de l'autrice.
Wael Kadour, auteur syrien né en 1981. Il a quitté la Syrie en 2011 au début de la guerre civile pour la Jordanie avant de rejoindre la France en 2016. Il écrit en arabe.
Je pense que j'écris en arabe pour garder le lien avec ma langue maternelle. Cela me permet de nommer au plus juste.
Son texte Braveheart qui raconte les hallucinations d'une jeune femme écrivaine en exil qui imagine que son bourreau bénéficie, lui aussi, d'un exil politique, a été lu à Avignon. Il mêle le réel et l'imaginaire.
Pendant ce contexte de guerre, souvent la violence est plus forte que l'imagination. Tout se mélange : réalité et fiction. L'artiste doit garder la capacité de raconter la réalité, qui est très complexe.
Lectures d’Avignon du cycle « Ça va, ça va le monde ! » sur notre antenne tous les samedis à partir du 26 juillet 2025 jusqu'au 30 août 2025.
- 26/07/2025 : Enfant, de Gad Bensalem (Madagascar), lauréat du Prix Théâtre RFI 2024.
- 02/08/2025 : Silence, d'Israël Nzila (République Démocratique du Congo).
- 09/08/2025 : Petit Guide illustré pour illustre grand guide, d'Edouard Elvis Bvouma (Cameroun).
- 16/08/2025 : Chèvres, de Liwaa Yazii (Syrie). Traduit de l’arabe par Leyla-Claire Rabih et Jumana Al-Yasiri avec le soutien de la maison Antoine Vitez.
- 23/08/2025 : Le Ruban, de Hala Moughanie (Liban).
- 30/08/2025 : Braveheart, de Wael Kadour (Syrie). Traduit de l’arabe par Simon Dubois avec le soutien de la Maison Antoine Vitez.
Dans Taire, l’autrice franco-irakienne met en miroir deux jeunesses qui s’observent.
De la tragédie grecque au théâtre social : pour sa nouvelle création Taire - Mon Antigone, Tamara Al Saadi croise les destins d'Antigone, héroïne mythologique de Sophocle, qui désobéit au pouvoir royal pour enterrer son frère et d'Eden, enfant née à Bordeaux placée bébé et ballotée de famille d'accueil en foyer, de foyer en famille d'accueil. L’une se tait, l’autre crie. Mais toutes deux expriment la révolte...
Dans cette pièce, on passe d'une époque à une autre, d'une histoire à une autre, du contemporain au très antique avec cette idée de lier les deux destins. Deux histoires en échos, deux personnages qui s'éclairent l'un l'autre et racontent « un endroit du silence ».
J'ai rencontré énormément d'enfants placés. J'ai découvert une crise humanitaire sur le sol français. La France n'est pas un pays qui protège l'enfance. J'ai voulu visibiliser cette enfance dont personne ne se soucie. Tout ce qui est vécu par Eden dans cette pièce, existe. C'est une pièce dédiée aux enfances volées.
La metteuse en scène a voulu faire le lien entre l'intime et le politique.
Créon, oncle d'Antigone et tyran, est aussi l'assistante sociale qui retire Eden de sa famille d'accueil pour un déménagement de quelques kilomètres. Elle nous invite à réfléchir sur la réécriture de l'histoire et fait le lien avec la tragédie de Gaza :
J'ai réécrit Antigone en écho avec la question de l'occupation israélienne. On veut faire croire au peuple de Thèbes qu'Etéocle est fils unique, que Polynice n'est jamais né sur cette terre, on réinvente une histoire comme certains réinventent l'histoire avec ce qui se passe à Gaza alors que les narrations font tout.
Tamara Al Saadi a voulu éclairer la réalité du mythe d'Œdipe « montré comme une espèce de monstre narcissique, incestueux lors qu'on lui a menti. On le responsabilise de ce qu'on lui a fait subir. C'est un héritier de la violence. Les tragédies grecques nous racontent ça ».
La figure d'Antigone est un symbole de résistance. Dans la mythologie grecque, Antigone est la fille née de l'union incestueuse d'Œdipe et de sa mère, Jocaste. Elle est aussi la sœur d'Etéocle et de Polynice qui se sont entretués lors de la guerre des Sept chefs. Le Roi Créon, également oncle d'Antigone, refuse une sépulture à Polynice qu'il juge responsable de cette guerre fratricide, il se veut intraitable et menace de mort quiconque transgresserait cette loi. Antigone va pourtant braver cette interdiction et sera condamnée à mort par son oncle.
Invitée : Tamara Al Saadi, autrice et metteuse en scène du spectacle Taire.
Tamara Al Saadi est une autrice metteuse en scène et comédienne franco-irakienne. Née à Bagdad en 1986, sa famille s'installe en France en 1991 en pleine guerre du Golfe. Elle a fondé, en 2016, la compagnie La Base avec Mayya Sanbar. Elle explore à travers son travail les questions d'identité et d'exil avec, notamment, les pièces Place en 2018, Brûlé.e.s et Istiqlal en 2021.
Et avec également le reportage de Fanny Imbert à la Maison Paisible, un EHPAD où un centre d'art a été créé par le metteur en scène et plasticien Mohamed El Khatib, pour faire de l'art dans des lieux « où on n'attend pas les artistes ».
Programmation musicale :
Le groupe Vipères sucrées salées avec le titre « Dumme ».
Près de 40 ans après la mise en scène d'Antoine Vitez, la pièce fleuve de Paul Claudel est adaptée par Eric Ruf et retrouve la Cour d'honneur du Palais des Papes.
En 1929, l'auteur Paul Claudel publie Le soulier de Satin, un drame d'amour qui se déroule au temps des Conquistadors, entre la fin du XVIè siècle et le début du XVIIè siècle. Construite en «quatre journées», l'auteur narre une histoire d'amour passionnelle, mais impossible, entre Rodrigue et Doña Prouhèze, épouse du gouverneur Don Pélage.
L'origine du Soulier de Satin est biographique. Paul Claudel s'est inspiré de sa propre histoire. Il a été éperdument amoureux d'une femme mariée, Rosalie Vetch dont il a été séparé, mais avec qui il a eu un enfant adultérin. Cet amour, qui aura duré quatre ans, lui a inspiré le personnage de Ysé dans la pièce : Partage de Midi, puis celui de Dona Prouheze.
Dans les années 20, il retrouve cette femme. Il apprend alors qu'il a un enfant.
Il a voulu rendre cette histoire, mythique.
Paul Claudel s'est inspiré d'une légende chinoise : celles de ces deux étoiles qui ne se rejoignent jamais, mais qui se croisent dans le ciel.
En raison de sa longueur, six, sept, huit heures, voire plus ! — la pièce est rarement jouée.
Elle a été créée pour la première fois à la Comédie Française en 1943 par Jean-Louis Barrault dans un Paris occupé. Puis s'ensuit la version d'Antoine Vitez au Festival d'Avignon en 1987 dans la Cour d'honneur du Palais des Papes. Pour cette adaptation, Antoine Vitez prend le parti de couper tout ce qui, dans le texte, était empreint de religion.
Olivier Py a également mis en scène la pièce en 2003 au Théâtre de la Ville.
Dans cette nouvelle mise en scène d'Eric Ruf, administrateur de la Comédie-française jusqu'au 4 août 2025, le spectacle retrouve la Cour d'honneur du Palais des Papes.
Invités :
Didier Sandre, comédien et metteur en scène français. Il interprétait le personnage de Rodrigue dans la mise en scène d'Antoine Vitez. Dans cette nouvelle adaptation, il joue le rôle de Don Pelage.
J'ai essayé d'accueillir cette présentation du Soulier pour ce qu'elle est aujourd'hui. Mais en entendant certaines répliques, j'ai des bouffées de temps retrouvé.
Didier Sandre
Sefa Yeboah, comédien français. C'est l'une des dernières recrues de la Comédie Française qu'il a rejoint en 2023. Il y est dirigé par Thomas Ostermeier dans L’opéra de quat’sous de Brecht et Weill. Il a interprété Don Apostolo Gazella dans Lucrèce Borgia de Victor Hugo par Denis Podalydès qui lui confie également le rôle de Léandre dans Les Fourberies de Scapin de Molière. Il joue le rôle de l'ange gardien de Doña Prouhèze dans Le Soulier de Satin.
Il y a quelque chose d'accessible presque. Claudel a cette langue qui est magnifique, mais qui peut être très complexe. Eric Ruf a voulu la simplifier, pas la rendre banale, car ce n'est pas possible, mais la rendre audible, la rendre vivante.
Sefa Yeboah
Avec aussi le témoignage d'un couple qui a assisté à la mise en scène d'Antoine Vitez, en 1987. Propos recueillis par Fanny Imbert.
Le Soulier de Satin à voir dans la Cour d'honneur du Palais des papes jusqu'au 22 juillet 2025.
Quelques mots sur Paul Claudel :
Né en 1868, Paul Claudel est un écrivain, dramaturge et diplomate français. Il est le frère de la sculptrice Camille Claudel. Il se convertit eau catholicisme en 1886 et toute son œuvre sera profondément marquée par sa foi. Passé une velléité d'entrer dans les ordres, il entre dans la carrière diplomatique en 1893. Il rencontre Rosalie Vetch avec qui il aura une fille illégitime, Louise.
Il entre à l'Académie française en 1946. Paul Claudel est décédé en 1955.
Programmation musicale :
Le groupe occitan Raffut avec le titre «Tout est fragile».
Dida Nibagwire et Frédéric Fisbach mettent en scène le roman de Gaël Faye, Petit pays publié en 2016, aux éditions Grasset.
Gahugu Gato signifie « Petit pays » en kinyarwanda, langue nationale parlée au Rwanda.
C'est aussi le titre du roman de l'auteur Gaël Faye, publié en 2016. Inspiré en partie par sa propre enfance, le livre raconte l’histoire d’une famille exilée au Burundi, alors que le pays sombre dans la guerre civile. La famille va être confrontée aux événements qui aboutiront au génocide des Tutsis au Rwanda et dont on a commémoré le 30è anniversaire en 2024.
Frédéric Fisbach et Dida Nibagwire adaptent ce roman de Gaël Faye qui relate l’enfance de Gaby. Les metteurs en scène invitent des interprètes rwandais à convoquer la mémoire sur scène avec beaucoup de scènes racontées en chansons.
Les Rwandais ont plein d'histoires à raconter. On ne peut pas occulter cette histoire, qu'il faut la raconter mais il faut en faire quelque chose. Il y avait aussi la volonté de ne pas être assigné à ce génocide.
Frédéric Fisbach
Frédéric Fisbach est un metteur en scène français de théâtre et d'opéra. Il est également comédien et réalisateur, né à Paris en 1966.
La pièce a été créée au Rwanda après la rencontre entre Frédéric Fisbach et Dida Nibagwire. Après avoir vu l'adaptation que Frédéric Fisbach avait faite en français, Dida Nibagwire a voulu monter le spectacle au Rwanda pour les Rwandais, avec des acteurs burundais, rwandais, en kinyarwanda.
C'est très important pour nous de faire ce travail en Kinyarwanda. Souvent, c'est difficile de dire les mots dans d'autres langues. Le roman de Gaël Faye parle aussi de cette culture et de cette langue.
Dida Nibagwire.
Dida Nibagwire est une artiste et entrepreneuse culturelle rwandaise. Elle vivait au Rwanda au moment du génocide. Elle dirige un centre culturel à Kigali. Elle a notamment été directrice de casting et conseillère technique de l’adaptation cinématographique de Petit Pays, de Gaël Faye, réalisé par Éric Barbier, et coproductrice du documentaire Le silence des mots, coréalisé par Michael Sztancke et Gaël Faye.
Même pour moi qui étais jeune, c'est très difficile de poser des mots sur ce qu'on a vécu. C'est très important pour moi que la jeune génération se réconcilie avec ce passé.
Dida Nibagwire.
À lire aussiGaël Faye: «Petit pays n’est absolument pas mon histoire»
Gaël Faye est un auteur, rappeur et compositeur franco-rwandais né en 1982 à Bujumbura (Burundi). Issu d'un père français et d'une mère rwandaise, il quitte son pays natal à l'âge de 13 ans pour fuir la guerre civile et le génocide. Ce déracinement marquera profondément son œuvre. En 2016, il publie Petit pays, largement inspiré de son enfance au Burundi. Le livre connait un grand succès public, il est traduit dans de nombreuses langues dont le kinyarwanda. Il est adapté au cinéma en 2020. Son dernier roman, Jacaranda, publié aux éditions Grasset et qui parle de la Réconciliation et du rôle de justice transitionnelle des gacaca a reçu le Prix Renaudot. Il est reparti vivre au Rwanda en 2015.
Invités : Frédéric Fisbach, Dida Nibagwire, metteurs en scène et comédiens de Gahugu Gato (Petit pays).
À lire : Petit pays et Jacaranda publiés aux éditions Grasset
Un spectacle à voir jusqu'au mardi 22 juillet 2025 au Cloître des Célestins.
À écouter aussiGénocide au Rwanda, les mots de la catastrophe
Après Que ma joie demeure, la metteuse en scène Clara Hédouin adapte la courte nouvelle de Jean Giono écrite en 1929, Prélude de Pan.
C'est une nouvelle assez peu connue de l'écrivain Jean Giono que la metteuse en scène adapte cette année. Un texte né des promenades de Jean Giono sur les contreforts de Manosque, ces collines sauvages, sur les contreforts du Lubéron. La metteuse en scène Clara Hédouin sort du théâtre pour nous faire entendre cette langue dans la nature.
Le Prélude de Pan est une nouvelle «fantastique», un concentré de poésie publiée en 1929. Tout commence par un gros orage et l'arrivée d'un étranger... Cette nouvelle nous parle de notre rapport aux autres animaux et la manière dont ces bêtes viennent se mélanger à notre humanité, mais aussi du lien entre l'Homme, la Nature et le climat.
On a été frappé par cette écriture aujourd'hui. Elle semble faire résonner beaucoup de questions qui sont les nôtres à une heure où les catastrophes climatiques se multiplient.
Clara Hédouin
«Un concentré de Que ma joie demeure», selon les mots de Clara Hédouin. Un roman que la metteuse en scène connait bien puisqu'elle l'avait adapté au Festival d'Avignon en 2023 : une longue déambulation de six heures en pleine nature.
Le spectacle se déroule dans la Plaine de l'Abbaye, de l'autre côté du Rhône à Villeneuve-lès-Avignon. Un spectacle itinérant où l'on suit les comédien.nes de champs en clairière et articule le texte poétique de l'auteur avec les témoignages des habitants, des agriculteurs et maraichers, l'occasion de nous raconter l'histoire agricole de ce lieu.
Invitée : Clara Hedouin, metteuse en scène du Prélude de Pan, un spectacle coécrit avec Romain de Becdelièvre à voir à Villeneuve-lès-Avignon jusqu'au 20 juillet 2025.
Quelques mots sur Jean Giono :
Jean Giono est un écrivain français (1895-1970) né à Manosque, en Provence, où il a passé l'essentiel de sa vie. Issu d'un milieu modeste, il est d'abord employé de banque avant de se consacrer à l'écriture. Marqué par les horreurs de la Première Guerre mondiale qu'il a vécue dans les tranchées, Jean Giono développe une œuvre pacifique et tournée vers la nature.
Il a longtemps été considéré à tort comme un écrivain «régionaliste», son œuvre explore la beauté rude des paysages provençaux, mais aussi des questions universelles sur la condition humaine.
À lire de Jean Giono : Que ma joie demeure, L'homme qui plantait des arbres, Le Hussard sur le toit, Un roi sans divertissement.
Programmation musicale :
L'artiste brésilienne Mayra Andrade avec le titre Mon carrousel.
Et le reportage de Fanny Imbert sur le spectacle Carmen, de Jeanne Desoubeaux, une adaptation du célèbre opéra de Georges Bizet et qui se joue jusqu'au 20 juillet 2025 dans le cadre du Festival Villeneuve en scène - Théâtres en itinérance.
Affaires Familiales, de la metteuse en scène Émilie Rousset retrace des récits intimes, confrontés au droit...
Chaque situation interroge notre société toute entière. Un enlèvement d'enfants, un refus de reconnaissance de parenté, violences intrafamiliales : huit histoires en français, espagnol, italien et portugais, pour révéler l'absurdité, mais aussi l'archaïsme du droit français. Ce n'est toutefois pas un spectacle de défiance envers la justice.
Des rencontres réelles, de vraies histoires dramatiques, mais jamais sans pathos : ce sont possiblement des «affaires de tous».
Émilie Rousset a réalisé un travail d'écriture à partir de l'oralité, grâce à des entretiens qui se sont étalés pendant deux ans et qu'elle a réalisés avec des avocates et avocats, justiciables, responsables associatifs et parlementaires.
J'ai un amour pour la langue des spécialistes. La langue du droit n'est pas la langue du commun selon les mots de l'avocate Caroline Mécary.
Emilie Rousset
Émilie Rousset a pu passer du temps dans différents pays d'Europe pour comprendre ce qui se passait ailleurs. Des acteurs professionnels restituent cette parole sur scène, et racontent des cas précis d'affaires familiales qui sont passées en jugement, au tribunal : des moments d'intimité.
J'aime rechercher des matériaux et déployer une théâtralité qui se situe «comme en périphérie» pour mieux saisir quelque chose de plus intime.
Emilie Rousset
La metteuse en scène a voulu travailler sur des émotions complexes, avec lesquelles on ressort pour créer une théâtralité qui laisse de la place au spectateur et qui permet au spectateur le soin de faire le lien avec les histoires... mais aussi avec leur propre histoire.
Je voulais qu'il y ait une écoute réelle des gens pour que chacun trouve un bout d'histoire qui lui ressemble.
Invitée : Emilie Rousset, metteuse en scène du spectacle Affaires familiales qui se joue au Festival d'Avignon jusqu'au 17 juillet à la Chartreuse, puis à partir du 19 septembre au Théâtre de la Bastille.
Émilie Rousset est une metteuse en scène française née en 1980, directrice du Centre Dramatique National d'Orléans. Elle s'est spécialisée dans le théâtre documentaire. À travers sa compagnie John Corporation, elle développe un théâtre «à l'oreillette» pour restituer en direct dans son jeu d’acteur une bande audio entendue à l’oreille.
Ses œuvres telles que Le Procès de Bobigny, écrite en 2019, interroge les rapports entre fiction, politique et mémoire collective.
Et le reportage de Fanny Imbert sur la pièce du festival OFF d'Avignon À la barre de Ronan Chéneau. Un spectacle qui interroge sur la justice, sur les violences faites aux femmes qui se joue dans une salle de tribunal.
À voir jusqu'au 18 juillet 2025.
Programmation musicale :
L'artiste Lisa Pastelli avec le titre Voilà la mer.
Pour sa nouvelle création, la chorégraphe Anne Teresa de Keersmaeker et le danseur-chorégraphe Solal Mariotte ont choisi le répertoire de Jacques Brel.
Comment danser sur les mots de ce monument qu’est Jacques Brel ?
Alors que deux générations les séparent, c'est grâce à une fascination commune entre la chorégraphe Anne Teresa de Keersmaeker flamande et le danseur Solal Mariotte que le spectacle Brel est né. Sur scène, en costume, sur un plateau nu, avec des images de Jacques Brel projetées, ils incarnent les chansons de Jacques Brel, en danse.
Nous avons essayé d'approcher le textes de la façon la plus formelle musicalement, structures, rythmes, orchestrations, mélodies. Et d'avoir un rapport aux textes, aux images qu'ils évoquent, il fallait que chaque chanson imprime une image claire !
Anne Teresa de Keersmaeker
Invité.e.s :
- Anne Teresa de Keersmaeker, née en 1960 à Malines, en Belgique, est une chorégraphe belge flamande, de renommée internationale avec près de quarante-cinq ans de carrière et soixante-cinq spectacles sur des partitions allant de Jean-Sébastien Bach à John Coltrane. Elle a dirigé plusieurs opéras. En 1983, elle fonde la compagnie Rosas qui révolutionne la danse contemporaine. En 1995, elle a créé l'école P.A.R.T.S, une école de danse à Bruxelles
- Solal Mariotte est un danseur et chorégraphe franco-belge formé au breakdance, il entre au conservatoire d’Annecy, puis à l’école de danse P.A.R.T.S en juin 2022. Il avait déjà travaillé avec Anne Teresa De Keersmaeker en dansant pour son spectacle Exit Above au Festival d’Avignon, en 2023.
Il a découvert les chansons de Jacques Brel à son adolescence.
Quelques mots sur Jacques Brel
Né le 8 avril 1929 à Schaerbeek et mort le 9 octobre 1978 à Bobigny, est un auteur-compositeur-interprète, poète, acteur et réalisateur belge considéré comme l'une des plus grandes figures de la chanson francophone. Il s'est fait connaitre dans les années 1950-1960 avec des titres tels que Amsterdam, Ne me quitte pas ou Amsterdam. Il s'est distingué par son interprétation scénique et ses textes poétiques. Il quitte la scène en 1967 pour se consacrer au cinéma et à la navigation. Il meurt à 49 ans.
Le spectacle Brel à voir à la carrière de Boulbon jusqu'au dimanche 20 juillet 2025.
Et le reportage de Fanny Imbert sur les coulisses du «OFF» à Avignon.
Depuis trois ans, le Festival d'Avignon met à l'honneur une langue. Cette année, c'est la langue arabe qui est invitée.
Après l'anglais en 2023, puis l'espagnol en 2024, Tiago Rodrigues, le directeur du Festival d'Avignon, a choisi l'arabe comme langue invitée pour cette 79è édition. À cette occasion, deux soirées sont organisées pour mettre cette langue à l'honneur.
Cinquième langue la plus parlée au monde, deuxième langue de France, langue multiple, plurielle, langue des poètes, elle sera représentée par des artistes originaires de la Tunisie, du Maroc, d'Irak, de la Palestine, de la Syrie, de l'Égypte ou encore du Liban.
Dès que je suis au Liban, au bout de trois jours, je rêve de nouveau en arabe. Quand je suis en France, je ris en français.
Rima Abdul Malak
Invitées :
Elle a contribué à la soirée Nour, une célébration poétique de la langue arabe qui réunit musiciens, comédiens, poètes, danseurs et artistes pour célébrer la langue arabe.
La langue arabe, c'est la langue des poètes depuis la période pré-islamique, c'est une langue qui s'est construite, ouverte et diversifiée grâce à la poésie.
Rima Abdul Malak
La soirée Nour, mardi 15 juillet 2025, à partir de 22 heures dans la cour du lycée Saint-Joseph.
Pour cette soirée, sept artistes, des grandes voix d'aujourd'hui : Abdullah Miniawy, Camelia Jordana, Danyl, Maryam Saleh, Natacha Atlas, Rouhnaa, Souad Massi – aux influences éclectiques rendront hommage à la légendaire chanteuse égyptienne Oum Kalthoum, sous la direction musicale de Zeid Hamdan dans la Cour d'honneur du palais des Papes.
Je pense qu'elle est célèbre à cause de sa voix très particulière. C'était une femme très libre qui a inspiré beaucoup de jeunes filles. Une figure du féminisme. Elle avait des chansons aussi très osées, ce qui n'était pas évident à l'époque.
Souad Massi
Quelques mots sur Oum Kalthoum :Née en 1898 à Ṭamāy al-Zahāyira en Égypte, Fatima Ibrahim as-Sayyid al-Beltagi dite Oum Kalthoum est considérée comme l'une des plus grandes chanteuses d'Orient. Initiée dès son plus jeune âge au chant par son père, elle a su allier tradition et modernité. Sa carrière de chanteuse, mais aussi d'actrice, s'étend sur près de cinq décennies. Oum Kaltoum disparait en 1975.
La soirée La voix des femmes sera diffusée en direct sur RFI et Monte Carlo Doualiya à 20H10 TU.
À lire aussiConcert «La Voix des femmes»: Un hommage moderne à Oum Kalthoum, 50 ans après sa mort
À écouter :
Le reportage de Fanny Imbert à la bibliothèque Cecano avec Marianne Weiss, conteuse et bibliothécaire à l’Institut du monde arabe, pour écouter Le livre de Kalila et Dimna, des contes d’origine indienne, traduits en arabe au 8è siècle et qui ont inspiré les fables de La Fontaine.
Programmation musicale :
- L'artiste Oum Kalthoum avec le titre Alf Leila wa Leila
- L'artiste Souad Massi qui reprend le titre Hob Eih de Oum Kalthoum
- Rodolphe Burger qui chante la poésie de Mahmoud Darwish.
En 1911, le linguiste Ferdinand Brunot a créé, avec le soutien de la firme Pathé, les Archives de la parole qui viennent de rentrer dans le Régistre «Mémoires du Monde» de l'UNESCO.
Le 3 juin 1911, le linguiste Ferdinand Brunot inaugurait ce que nous appelons aujourd’hui les Archives de la Parole. Des centaines d’enregistrements qui témoignent du parler de ce début du XXè siècle. L’idée étant de conserver les cultures orales grâce à l'enregistrement phonographique. Ce fonds, qui a permis de créer l’une des premières patrimonialisations du son en France, vient d’être inscrit au registre international Mémoire du monde de l'UNESCO. Comment ces sons ont-ils été enregistrés et recensés ? À qui sert-il ? De quoi est-il composé ?
Quelque 3 000 enregistrements sont numérisés et archivés. Rien n'aurait pu se faire sans le partenariat entre la Sorbonne et la firme Pathé. À l'origine, les enregistrements étaient réalisés sur des cylindres de cire qui servaient de matrice et qui étaient envoyés dans les usines Pathé, à Chatou, pour être pressés et gravés sur des 78 tours. C'était une véritable innovation technique pour l'époque dont s'était emparé le linguiste qui y a vu une véritable opportunité pour légitimer l'oralité et la langue parlée. Il s'est inspiré de l'expérience du Phonogrammarchiv de Vienne (1899). Les contraintes techniques sur ces supports imposaient 2 à 3 minutes d'enregistrement, ce qui correspondait à chaque face d'un 78 tours.
Les sons récoltés allaient du français parlé aux dialectes, patois et langues régionales. L'objectif était d'avoir une amplitude suffisamment large pour rendre compte des évolutions de la langue et des façons de parler. On y trouve des dialogues, mais aussi des fables, des chants ou des contes. Les enregistrements se faisaient à la Sorbonne ou sur le terrain et à l'époque, les gens n'étaient pas habitués à entendre leur propre voix ! On y trouve aussi des voix célèbres enregistrées (Guillaume Apollinaire, Alfred Dreyfus) et des langues étrangères avec des locuteurs de passage à Paris. C'est le début d'une prise de conscience de ce qu'est un patrimoine immatériel et qui reste encore aujourd'hui un objet de recherche vivant.
Aujourd'hui, la DGLFLF documente les langues parlées en France de nos jours avec l'initiative «Écouter parler».
Ferdinand Brunot (1860-1936) était un linguiste, grammairien et historien de la langue française. Il a été professeur au Collège de France. Il est connu pour avoir dirigé la monumentale Histoire de la langue française en neuf tomes. Spécialiste de la phonétique et des évolutions linguistiques en France, il a contribué à institutionnaliser les études de linguistiques en France. Il a fondé les Archives de la Parole en 1911. Il fut un pionnier dans la collecte d'enregistrements sonores à des fins scientifiques. Il était aussi un homme très engagé politiquement, en ce qui concernait les droits de l'homme, républicain, héritier des Lumières, défenseur de Dreyfus.
Invité : Fabrice Menneteau, responsable du service son, vidéo et multimédia au sein de la BNF (Bibliothèque nationale de France).
Programmation musicale :
L'artiste Claire Diterzi avec le titre Fille de.
Des centaines de profs de français vont se retrouver à la fin de la semaine pour le 16è Congrès mondial de la FIPF, la Fédération internationale des profs de français.
La francophonie est-elle une utopie ?
Du 10 au 17 juillet 2025, la ville de Besançon en France accueillera cette seizième édition du Congrès Mondial des professeurs de français. Cette année, le thème retenu est : «les utopies francophones en tout genre». Un thème dont s'est saisi le linguiste Jean-Louis Chiss, linguiste qui prononcera la conférence inaugurale !
Besançon n'a pas été choisie au hasard. En effet, cette située dans l'est de la France est la ville natale de Victor Hugo, de Louis Pasteur, mais aussi de Charles Fourier, qui fut un philosophe utopiste.
La discipline du FLE (Française Langue Étrangère) en tant que telle, n'est pas si ancienne puisqu'elle est créée en 1969, mais c'est dans les années 1980 qu'apparaît «la maîtrise de FLE». Mais en réalité, c'est une création de la fin du XIXè siècle avec l'Alliance française, dont l'un des objectifs était de développer l'enseignement du français dans le monde !
Le terme «francophonie» apparait dans les années 1860 sous la plume de Onésime Reclus, anarchiste libertaire, mais aussi défenseur de la colonisation, ce qui a rendu ce mot éminemment politique...
On a toujours des discussions sur l'avenir de la francophonie. Mais ma réticence vient de la définition même du mot «francophonie».
Jean-Louis Chiss
Avec l'évolution de la technologie, l'IA a pris une place prépondérante dans les apprentissages, à tel point qu'on ne peut plus s'en passer. 80% des élèves auraient déjà utilisé l'IA générative pour faire leurs devoirs. Mais comment utiliser l'Intelligence Artificielle pour développer la réflexivité des élèves et les inciter à se poser des questions ?
Thomas Ricart a créé le site Ecrivor pour «donner le temps de travailler» et l'envie d'écrire aux élèves et faire gagner du temps aux enseignants.
L'IA ne peut pas tout, notamment sur des problématiques de langue. Il faut l'orienter dans son travail pour mieux aider ses élèves !
Thomas Ricart, développeur du site Ecrivor
Invités :
- Jean-Louis CHISS, linguiste, professeur émérite en sciences du langage à l’Université Sorbonne Nouvelle. Il prononcera la conférence inaugurale
- Thomas Ricart, développeur du site Internet baptisé Ecrivor, utilisé par 500 professeurs de toutes les matières qui nécessitent de la production d'écrits. Le site, qui existe depuis quelques mois, est soutenu par l'Éducation nationale.
Programmation musicale :
Le groupe 1515 avec le titre Afa.
From the publisher's feed
Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine…

211 Listeners

80 Listeners

225 Listeners

113 Listeners

199 Listeners

33 Listeners

54 Listeners

1,764 Listeners

45 Listeners

32 Listeners

4 Listeners

20 Listeners

0 Listeners

13 Listeners

0 Listeners

179 Listeners

24 Listeners

3 Listeners

2 Listeners

0 Listeners

28 Listeners

21 Listeners

0 Listeners

2 Listeners

4 Listeners

1 Listeners

4 Listeners

0 Listeners

1 Listeners

0 Listeners

2 Listeners

0 Listeners

0 Listeners

0 Listeners

0 Listeners