Questions d'environnement

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By RFI
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Questions d'environnement episodes

  • Emmanuel Macron préfère-t-il l'économie à l'environnement ?

    Le vote en France de la loi d'urgence agricole repose la question des priorités et des arbitrages dans la lutte contre la crise climatique et la crise de la biodiversité. Les ONG dénoncent un gouvernement favorable aux lobbies agricoles et industriels.

    C'est un point final législatif, mais le débat n’est pas clos en France. La loi d’urgence agricole arrive à son terme, après un vote définitif cette nuit à l’Assemblée nationale, et avant un dernier vote du Sénat aujourd’hui. Mais ce texte porté par le gouvernement face à la crise agricole fait toujours l’objet de fortes critiques à propos de la gestion de l’eau et de la réintroduction de deux pesticides jusqu’ici interdits. Comme si la protection de l’environnement n’était pas ou n’était plus un sujet.

    Ce reproche, devenu récurrent depuis des années, n'était pourtant pas d'actualité au début du quinquennat d'Emmanuel Macron, autoproclamé chevalier vert face à l’inconséquence de Donald Trump. Le 1er juin 2017, moins d'un mois après son élection, le tout jeune président français détournait le slogan de Donald Trump, « Make America great again », pour dénoncer le retrait des États-Unis de l'accord de Paris sur le climat. « Make our planet great again, lançait Emmanuel Macron sur les réseaux sociaux. Sur le climat, il n'y a pas de plan B, car il n'y a pas de planète B. Alors oui, nous continuerons. »

    En marche arrière

    Mais Emmanuel Macron a-t-il vraiment continué de défendre le climat, l'environnement et la biodiversité ? Oui dans les mots, moins dans les actes. Il y a eu plus de déclarations d'amour que de preuves d'amour. Davantage de postures, avec des sommets internationaux, ambitieux mais contredits par de multiples décisions des gouvernements pour assouplir les normes environnementales, au nom de l'agriculture, de l'industrie, de l'emploi… Un exemple marquant : la promesse d'interdire le glyphosate, ce puissant herbicide. Les agriculteurs, finalement, peuvent continuer de s'en servir.

    L’an dernier, un collectif d'ONG avait ainsi compté 43 reculs environnementaux en seulement 6 mois. Le porte-parole de Générations Futures, François Veillerette, évoque ainsi « une espèce de lente descente. Je ne sais pas si c'est vers les enfers, mais en tout cas c'est pour toujours moins d'écologie. On le voit, c'est En marche, mais en marche arrière toute sur ces sujets ! »

    Plus d'économie, moins d'environnement

    Ces reculs sont souvent justifiés, au nom du pragmatisme, de la compétitivité, des intérêts économiques ou de la crise agricole. Et en cela, les Français sont sur la même ligne, selon un sondage réalisé il y a quelques mois : 61% pensent qu'en période de crise, les responsables politiques doivent avant tout s'occuper d’économie et d’emploi, et moins d'environnement.

    Mais est-ce que c'est vraiment l'économie qui est défendue ? « C'est plutôt le fait de céder facilement à des intérêts de groupes et pas des intérêts économiques réellement généraux, estime le porte-parole de Générations futures. Ce sont des réponses vraiment ringardes, des réponses du passé à des problématiques réelles, qu'elles soient écologiques, économiques ou agricoles. En tout cas, ce ne sont pas des réponses d'avenir. »

    Court-termisme

    Économie et écologie ne devraient pas être opposées. La transition énergétique, par exemple, c'est la mise en place d'une nouvelle économie de l'énergie. L'agroécologie est une autre agriculture fondée sur la santé des terres, des paysans et des consommateurs. Cela prend du temps et demande des moyens, quand la politique semble naviguer à court terme. « Normalement, la politique, ce n’est pas ça. Gouverner, c'est prévoir. Donc prévoir, c'est regarder loin, mettre en place des mesures qui permettront de façonner l'agriculture de demain, l'industrie de demain, le logement de demain, les transports de demain… Alors que là, on ne fait pas de la vraie politique puisqu'on ne prévoit pas, on répond à court terme », dénonce François Veillerette.

    Gouverner, c'est prévoir, et c'est aussi arbitrer entre des intérêts contradictoires : faut-il développer l'industrie, quoi qu'il en coûte en termes de pollution ? Faut-il réintroduire des pesticides dans l'agriculture, quoi qu'il en coûte en termes de santé publique ? La politique environnementale d'Emmanuel Macron et de ses gouvernements peut être finalement vue comme une succession d'arbitrages de plus en plus défavorables à l'environnement. On l'a bien vu pendant le mondial de foot : l'arbitre n'est pas au-dessus de tout soupçon.

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  • Pourquoi le Sahara aggrave-t-il les canicules, mais fertilise aussi la terre et la mer?

    Les poussières venues du Sahara ont rendu plus chaudes les nuits caniculaires en France. La plus grande source de particules minérales au monde transportées par les vents est aussi un puissant engrais naturel jusqu'en Amazonie.

    C’est le plus grand désert au monde (exceptés les déserts polaires, Arctique et Antarctique), aux influences parfois insoupçonnées. Le rôle du Sahara dans l’aggravation de la canicule vient ainsi d’être mis en avant par une étude publiée en France qui s’est penchée sur la deuxième canicule française de l’année, fin juin, et sur l’impact des poussières sahariennes. Celles dont on voit régulièrement la trace ocre sur les voitures quand il a plu, ou qui donnent une couleur particulièrement photogénique aux couchers de soleil.

    Le Sahara est la plus grande source de poussières minérales au monde et la région où l'érosion provoquée par le vent est la plus importante. Ce sont quelque 100 millions de tonnes, au moins, chaque année, qui sont soulevées et qui voyagent en Europe et en Amérique. On parle bien de poussières d'argile et non du sable. 

    « Des petits grains de sable vont être soulevés. Ils sont assez lourds donc ils ne peuvent pas être transportés. En retombant, par gravité, ils vont impacter la surface du désert, la croûte de surface qui est composée d'argile, ce qui va faire exploser cette argile et va remettre en suspension des particules beaucoup plus petites qu'on appelle du lœss. Ce sont ces particules d'argile qui vont être transportées au-dessus de l'Atlantique comme au-dessus de l'Europe », précise Patrick Chazette, chercheur CNRS au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement de Paris-Saclay.

    Nuits tropicales

    En juin, les vents ont transporté de l’air chaud du Sahara au-dessus de la France, mais aussi ces poussières qui ont eu un effet « couvercle ». « Les nuits sont principalement plus chaudes parce que les surfaces sont chauffées durant plusieurs jours cumulés. Les surfaces vont ensuite réémettre la chaleur vers l'atmosphère. Et dans l'atmosphère, s'il y a des particules en suspension qui sont susceptibles de capter une partie de ce rayonnement infrarouge, elles-mêmes vont ensuite renvoyer ce rayonnement infrarouge vers la surface. C'est vraiment un principe d'effet de serre », explique Patrick Chazette, l’un des auteurs de cette étude sur ces fameuses nuits tropicales.

    Les poussières du Sahara ne sont pas l’unique cause de la canicule, loin de là, mais elles ont rendu les nuits encore plus chaudes, d'un degré environ. Les poussières « ne sont pas les seules responsables des températures élevées, mais elles vont amener à ce que la température diminue moins. En gros, si vous avez 38°C la nuit, vous auriez eu 37°C sans les particules », poursuit le chercheur.

    Engrais jaune

    Les poussières du Sahara peuvent aussi avoir des effets l'hiver. Il y a quelques années dans les Alpes, la neige avait pris une couleur orangée, la couleur du Sahara. Et elle a fondu plus vite au printemps car une couleur sombre absorbe davantage les rayons du soleil.

    Mais les poussières du Sahara n'ont pas que des aspects négatifs. Le Sahara est ainsi une immense usine à engrais naturel, paradoxe d'un désert où rien ne pousse, ou presque, par manque d'eau, mais où le sol est riche ; les poussières du Sahara sont de puissants fertilisants. « Le Sahara va effectivement transporter une grande quantité de minéraux qui contiennent des nutriments qui vont aider au développement des plantes d'une manière générale, détaille Patrick Chazette. Le Sahara, dans le temps, c'était une mer. Il y avait beaucoup d'eau au-dessus du Sahara. Les minéraux sont restés, donc il y a beaucoup de calcaire, de phosphore, de fer, de calcium… Il y a plein de choses dedans en fait, il y a tout ce qu'il faut dans le sol du Sahara ! »

    Il y a tout ce qu'il faut pour faire pousser les plantes, en mer et sur terre, dans l'Atlantique, en Méditerranée, en Europe et en Amérique. En mer, c’est le phytoplancton, les microalgues, qui nourrissent les poissons et qui stockent aussi du CO2. Sur terre, ce sont par exemple 27 millions de tonnes de poussières sahariennes qui finissent chaque année en Amazonie, après quelque 5 000 kilomètres d'un voyage turbulent, où tout finit en poussière, comme il est écrit dans la Bible.

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  • Des millions de victimes: pourquoi les animaux paient-ils un lourd tribut lors des incendies?

    La faune sauvage est généralement la grande oubliée des feux de forêts, alors que chaque incendie provoque une hécatombe, avec des répercussions pendant des années.

    La saison des feux de forêt bat son plein dans l'hémisphère Nord. L’été et la sécheresse rendent les arbres hautement inflammables, et de l’Amérique du Nord à l’Europe, en passant par l’Afrique du Nord, c’est partout la même litanie de centaines ou de milliers d’hectares brûlés, parfois de victimes humaines. Mais on oublie les habitants de ces forêts : les animaux, brûlés vifs ou le plus souvent tués par les fumées.

    « Il y a les animaux qui sont impactés directement par l'incendie et qui vont se faire prendre par les fumées, faire des malaises et du coup être brûlés, raconte Marine Laullon, la présidente de l'association Wany the Pooh (un jeu de mots avec le prénom de sa fille et Winny the Pooh, Winny l’ourson), qui intervient pour sauver les animaux après, voire pendant les incendies – les animaux sauvages et domestiques. Mais il y a aussi des morts entre 48 heures et 72 heures. On fait très attention à revérifier l'état des survivants qu'on a déjà découverts, on va dire "en bonne santé". On va les surveiller pendant trois jours parce qu'en fait ils peuvent faire des arrêts cardio-respiratoires ».

    Le sacrifice maternel

    Les incendies ont généralement lieu au plus mauvais moment, en été, après le printemps et la période de reproduction. Beaucoup d'animaux retrouvés morts sont des femelles ; quand l'instinct maternel est plus fort que tout, mais pas plus fort que les flammes. « On retrouve beaucoup d'orphelins mis en sécurité en dehors du feu et on retrouve la mère complètement brûlée à côté d'un autre petit vers le terrier, ou alors morte à côté d'eux, épuisée, un petit peu brûlée. Donc on voit qu'elle a fait des allers-retours et finalement, elle, elle est morte d'épuisement, de déshydratation et puis d’inhalation de fumée », poursuit Marine Laullon.

    L’association Wany the Pooh sauve des animaux et parvient aussi à estimer le nombre d'animaux tués dans un incendie, grâce à ses centaines de bénévoles qui mènent un véritable travail de police scientifique, en ratissant le terrain, centimètre carré par centimètre carré. Cela à la recherche du moindre indice, comme « des petits éclats d'os parce qu'il y a des corps qui explosent et on se retrouve à devoir faire un puzzle pour savoir quel animal était présent et a été impacté par l'incendie », explique Marine Laullon : « Après, on retrouve aussi beaucoup de nids. Les oiseaux protègent leurs œufs et on retrouve des couples restés sur les œufs. Ils sont morts brûlés vifs et les œufs en dessous sont intacts ». Intacts, mais non viables évidemment.

    Des millions de victimes

    Lors d'un incendie l'an dernier à Narbonne, dans le sud de la France, avec 2 000 hectares brûlés, l'association a estimé à 10 millions le nombre d'animaux morts, en comptant les insectes. Mais le plus gros carnage animal, ce fut en Australie lors du mégafeu de 2019-2020, avec 3 milliards de victimes - cette fois sans compter les invertébrés.

    Mais certains animaux arrivent à se protéger des flammes, à condition de ne pas faire comme le hérisson qui se met en boule face à une menace et se croit ainsi protégé. Des oiseaux, des grands mammifères, parviennent à fuir avant l'arrivée des flammes. D'autres espèces peuvent aussi s'enterrer. Les reptiles qui se déplacent lentement sont généralement très vulnérables face à l’arrivée des flammes.

    Générations perdues

    Mais on a parfois des bonnes surprises, comme lors du terrible incendie du massif des Maures, sur la Côte d'Azur, en 2021. Il y avait de grosses inquiétudes pour la tortue d’Hermann, une espèce endémique et menacée. Mais une fois l’incendie éteint, les sauveteurs ont compté 60 % de survivantes. « Les tortues ont pour habitude l'été de restreindre leur activité et de se cacher, de ne plus trop manger, ne plus trop boire parce qu'il y a plus de ressources à cette époque-là. Et elles ont pu se protéger du feu grâce à ça. Et c'est donc là-dedans qu'on les retrouve en majorité », nous expliquait pour la chronique « C’est dans ta nature » Sébastien Caron, le responsable scientifique du Soptom, un centre dédié à la protection des tortues. 

    Mais un incendie a des conséquences sur le long terme. Quand votre maison brûle, vous vous retrouvez à la rue. La forêt est la maison des animaux, et certaines espèces mettent des années à s'en remettre. Les survivants n'ont plus rien à manger. Un feu est comme une guerre mondiale : une génération perdue et des conséquences démographiques sur plusieurs générations. On peut éteindre un incendie en quelques jours, mais il faut souvent des années, parfois des décennies, pour qu'un écosystème se reconstruise. 

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  • Les canicules à répétition ont-elles fait sauter le tabou de la climatisation?

    Après trois canicules en deux mois en France, le débat sur l'utilité de la clim a évolué, y compris chez les écologistes, historiquement opposés à ce qu'ils considèrent comme de la mal-adaptation au réchauffement climatique. La climatisation permet en effet de sauver des vies.

    Un père de famille se promène en slip dans un appartement surchauffé, sous le regard consterné de ses enfants. Il s’agit d’une publicité pour le fabricant de climatiseurs BGH, accompagnée de ce surtitre : « Avec l’été arrive le pire cauchemar de toutes les familles : les pères en slip ». Une publicité devenue virale. Mais en réalité, la meilleure pub pour la climatisation, c’est la crise climatique.

    En France, alors que la troisième canicule en deux mois bat son plein, le tabou de la climatisation semble avoir sauté, même s’il s’agit d’un tabou tout relatif, puisque 25% des particuliers sont déjà équipés de climatiseurs, fixes ou mobiles. Il se vend déjà en France chaque année 1 million de climatiseurs, alors qu’on en compte dans le monde entier 1,5 milliard, et qu’on devrait atteindre les 5,5 milliards dans 25 ans.

    « La clim fait partie des solutions »

    L’enchaînement des canicules a fait évoluer le débat, à l’image d’une déclaration de la cheffe du parti Les écologistes, historiquement très critique sur le sujet. « L'urgence dans les années 70, c'était de se battre pour qu'il n'y ait pas de changement climatique ou le moins possible. Là où nous en sommes aujourd'hui, la clim fait partie des solutions, expliquait fin juin, en pleine canicule, Marine Tondelier sur le plateau climatisé de BFMTV. Mais ce n'est pas une solution miracle. »

    La climatisation, dénoncée comme un luxe égoïste, a longtemps été honnie par les écologistes et les climatologues qui la considèrent comme de la mal-adaptation. Mais malgré tous ses défauts (consommation électrique, rejet de chaleur dans la rue, prix, gaz à effet de serre qui peuvent d’échapper), la clim devient aujourd’hui acceptable.

    Il s’agit là d’une prise de conscience face à la brutalité de la réalité, quand on se retrouve à passer la nuit (en slip) dans un appartement où il fait plus de 30°C. « Ces épisodes caniculaires qui se multiplient nous obligent à considérer le fait que même des bâtiments bien conçus, bien isolés, bien ventilés, vont avoir du mal à assurer la fraîcheur nécessaire en été si ces épisodes se multiplient. Donc il y a un vrai sujet de nécessité de la climatisation dans une majorité probablement de bâtiments », considère Yves Marignac, expert énergie et porte-parole de l’association négaWatt qui se bat pour la sobriété énergétique.

    À écouter aussiPeut-on se passer de la climatisation?

    Une question de vie et de mort

    Faut-il pour autant mettre de la climatisation partout ? Non, ce serait impossible et contre-productif. La climatisation n'est qu'une des solutions pour s'adapter à un monde qui brûle. Mais il existe au moins un consensus aujourd’hui : il faut de la climatisation pour les plus fragiles, dans les maisons de retraite, les écoles et les hôpitaux. C'est une question de santé publique. « J'ai entendu dans des tables rondes des représentants du monde de la santé dire à quel point ils étaient choqués qu'aujourd'hui nos centres commerciaux soient climatisés alors que nos hôpitaux ne le sont pas, raconte Yves Marignac. Effectivement, il y a eu un déni, probablement dans les politiques publiques, de la nécessité de traiter le confort d'été, donc le besoin de fraîcheur dans les bâtiments. Et donc, ce dont on se rend compte aujourd'hui, c'est qu'on a été collectivement aveugle. »

    La deuxième canicule de cette année en France, fin juin, a fait au moins 2 000 morts, un chiffre encore provisoire parce qu’on peut mourir à petit feu. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la climatisation a permis de sauver près de 200 000 vies dans le monde en trois ans. Mais le tout-clim ne peut pas être l'alpha et l'oméga des politiques climatiques ; on n'a pas encore réussi à climatiser les champs, les prairies et les forêts…

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  • Canicules, incendies: les feux d’artifice du 14-Juillet vont-ils disparaître?

    Des centaines de feux d’artifice prévus en France pour la Fête nationale ont été annulés en raison de la sécheresse et des risques d’incendies. Les spectacles pyrotechniques sont par ailleurs très polluants et peuvent même tuer des animaux.

    En ce 14 juillet, jour de fête nationale (et avant la demi-finale du Mondial de foot face à l’Espagne), la France est bleu-blanc-rouge, mais surtout rouge comme les alertes canicules et les alertes incendies. Des centaines de feux d’artifice sont ainsi annulés, ou reportés : pas question de rajouter du feu aux feux. Ainsi en ont décidé les préfets dans une quinzaine de départements. Des entreprises pyrotechniques ont aussi pris les devants et ont tout simplement décidé de remettre la fête à plus tard, vu l’état de la sécheresse, des sols et de la nature, hautement inflammable.

    « En tant que professionnels, il était hors de question qu'on prenne le risque d'aller déclencher un incendie. On ne pouvait pas se permettre de faire n'importe quoi, témoigne Emilie Chenu, qui dirige Arti-Show, une société pyrotechnique basée dans le département du Doubs, dans l’est de la France. Il y a certaines communes où on savait pertinemment qu'il était hors de question qu'on tire un feu sur ces terrains-là, parce que derrière, il pouvait y avoir une petite forêt, parce qu’ils ne sont pas forcément équipés pour prévenir des incendies. Donc on préfère limiter et reporter. » Légalement, rien n’oblige la présence de pompiers lors de tirs de feux d’artifice.

    Les pompiers sont déjà bien occupés

    À propos, la sécheresse et la canicule ne provoquent pas seulement cette année en France l’annulation des feux d’artifice ; le bal des pompiers, cette autre institution du 14-Juillet, subit lui aussi le contre-coup de cet été torride. Tant pis pour celles et ceux qui rêvaient de danser dans les bras d’un pompier (et plus si affinités). Avec la multiplication des incendies, très tôt dans la saison, et le secours porté aux victimes de la canicule aussi, les pompiers sont déjà bien occupés et ont un peu la tête ailleurs.

    Outre le risque d’incendie, les feux d’artifice posent d’autres problèmes à l’environnement : ils polluent, même si les émissions de CO2, le principal gaz à effet de serre, restent très marginales. « Ça peut paraître un peu fou, mais pourtant une étude l’a montré : ce qui pollue le plus lors d'un feu d'artifice, ce n'est pas l'artifice, mais c'est le déplacement du public, tout simplement », relève Emilie Chenu. Le transport, c’est en effet toujours ce qui pèse le plus dans toutes les manifestations sportives ou culturelles.

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      Record de pollution aux États-Unis

    Mais la pollution de l’air peut avoir de lourds impacts lors d’un feu d’artifice, et à cet égard les États-Unis viennent de faire très fort (la pollution étant d’ailleurs un de leurs points forts…). Le 4 juillet dernier, pour le 250e anniversaire de l’indépendance du pays, Donald Trump lançait le concours du plus gros feu d’artifice : 850 000 pétards tirés en 40 minutes dans le ciel de Washington. Un record en la matière, et surtout un record de pollution. Parce qu’un feu d’artifice, ce ne sont pas seulement de belles couleurs et une bonne odeur de poudre, ce sont aussi des millions de particules fines, avec toute une série de substances chimiques envoyées dans l’atmosphère.

    « Oh la belle bleue ! », s’extasie le public. Oui, mais le bleu, c’est du cuivre dans l’air et peut-être dans les poumons. Pour faire du rouge, on utilise du lithium. Et pour les étincelles, c’est de l’aluminium… Tout cela n’est pas neutre pour la santé humaine, alors qu'un feu d‘artifice, selon une étude américaine, augmente de 3 000% la quantité de particules fines dans l’air – il faut attendre le lendemain pour un retour à la normale.

    Crises cardiaques chez les oiseaux

    Mais les sociétés pyrotechniques se veulent de plus en plus éco-responsables, notamment pour l’emballage des pétards. L’aluminium est progressivement abandonné. « On utilise des produits qui sont biodégradables, en carton recyclé. Avant, on avait aussi beaucoup d'emballages plastique. Maintenant, il n'y en a quasiment plus. Donc niveau pollution, on a fait un grand pas par rapport à ça », assure Émilie Chenu, d’Arti Show.

    Les feux d’artifice, et leurs explosions, ont aussi une conséquence plus inattendue sur l’environnement, en particulier sur les populations d’oiseaux. Il y a quelques années, à Toulouse, dans le sud-ouest de la France, des dizaines d’oiseaux avaient été retrouvés morts, victimes de crise cardiaque… Certains font ainsi la promotion des spectacles de drones, pour remplacer les feux d’artifice, et pour qu’on puisse continuer de faire la fête et danser sur le brasier.

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  • Comment peut-on décarboner les engrais utilisés en agriculture?

    Le gouvernement français de Sébastien Lecornu veut promouvoir la production d'engrais bas carbone. Pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, il est possible d'agir dans les usines et dans les champs. 

    Un engrais vert est-il possible ? Le gouvernement français, jeudi dernier, s’est engagé à encourager la production locale d’engrais bas carbone, un sujet majeur pour l'agriculture qui représente environ 20% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Les chiffres varient beaucoup d'un pays à l'autre, et d'une région à l'autre, mais pour la France, les engrais émettent plus de gaz à effet de serre que l'élevage (les fameux rototos des vaches qui produisent du méthane). S'il est difficile d'empêcher un ruminant de ruminer, on peut en revanche agir sur les engrais pour les rendre plus propres.

    C’est d’abord au niveau de la production, dans les usines, qu’on peut fabriquer des engrais bas carbone. « L'engrais azoté résulte d'une réaction chimique entre l'azote de l'air et de l'hydrogène. Et pour cela, il faut d'abord fabriquer l'hydrogène. Et donc c'est l'énergie utilisée pour la fabrication de l'hydrogène qui est à l'origine des émissions de CO² liées à la fabrication de l'engrais azoté », explique Guy Richard, directeur de recherche à l'INRAE, l'institut français pour la recherche agronomique et l'environnement. Pour fabriquer cet hydrogène, on peut utiliser une électricité décarbonée, produite non pas avec des énergies fossiles (du pétrole ou du gaz) mais avec des énergies renouvelables, les barrages hydroélectriques, les éoliennes ou encore le biométhane qu'on fabrique justement avec les déchets de la ferme.

    Gaz hilarant pas si drôle

    Mais il n'y a pas que la production d'engrais, un processus chimique, qui émet des gaz à effet de serre. Il y a aussi leur utilisation où se joue cette fois un processus microbien, plus insidieux, qui se passe sous nos pieds ou plutôt sous les pieds des paysans. « Ce sont des bactéries qui fonctionnent quasiment en l'absence d'oxygène. Elles ne vont plus utiliser l'oxygène pour leur mécanisme énergétique mais des molécules azotées. Et c'est cela qui va produire le N2O, un puissant gaz à effet de serre », décrit Guy Richard. Le N2O, le protoxyde d'azote, est le fameux gaz hilarant, mais dans les champs l'histoire est moins drôle ; le protoxyde d'azote est presque 300 fois plus polluant que le CO² et il reste un siècle dans l'atmosphère.

    C’est là aussi qu’on peut agir, en favorisant l'oxygénation des sols agricoles pour empêcher les bactéries de produire du N2O. « Cela veut dire jouer sur les conditions physiques, poursuit Guy Richard. C'est toute la gestion du travail du sol et des engins agricoles qui vont tasser le sol. La gestion de l'infiltration de l'eau permet d'éviter les conditions dans lesquelles ces émissions de N2O apparaissent. »

    Urine et légumineuses

    Pour limiter des émissions de gaz à effet de serre, on peut aussi utiliser moins d'engrais de synthèse. La terre et la planète Terre s'en porteront mieux. « Des projets aujourd'hui en France cherchent à utiliser l'azote des urines humaines. On pense que 10 ou 20% de nos besoins en azote pourraient être couverts par la valorisation des urines humaines. Le deuxième axe, c'est le développement des légumineuses qui n'ont pas besoin d'engrais azoté de synthèse pour leur croissance et pour leur développement », détaille Guy Richard, de l'INRAE.

    Les légumineuses, pois chiche ou niébé par exemple, sont les seules plantes capables d'absorber l'azote de l'air ; on n’a pas besoin d'engrais pour les faire pousser. Elles sont aussi très riches en protéines, ce qui permet aussi de manger moins de viande et donc de pouvoir agir aussi sur les émissions de méthane. Les légumineuses sont le « deux en un » de l'agriculture décarbonée.

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  • En France, le méga-chantier du canal Seine-Nord-Europe est-il vraiment indispensable?

    Les travaux ont commencé pour construire le canal d'une centaine de kilomètres et relier la région parisienne à la Belgique et aux Pays-Bas. Du transport fluvial décarboné, assurent ses promoteurs, pour répondre à la crise climatique. De la destruction de biodiversité, répondent les opposants qui manifestent ce week-end.

    Un canal ? Non, un méga-canal, répondent les opposants au canal Seine-Nord-Europe, un vaste projet fluvial pour relier la région parisienne à la Belgique et aux Pays-Bas. Le collectif Méga-Canal Non Merci organise de jeudi à dimanche des journées de mobilisation et de manifestation dans le département du Pas-de-Calais (dans le nord de la France), là où ont commencé les travaux d'une des nombreuses écluses prévues sur le futur canal long de 107 kilomètres et large d'une cinquantaine de mètres. 

    C'est le genre de projets pharaoniques par lesquels l'homme entend marquer sa trace, modifier la nature et les paysages au nom du développement économique. Un projet controversé, critiqué, et pas seulement par les mouvements écologistes. La Cour des comptes, par exemple, toujours très vigilante sur la dépense publique, s'inquiète d'une facture qui pourrait atteindre les 10 milliards d'euros. De fait, le projet est essentiellement soutenu par les élus locaux, et en premier lieu le président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qui assure engager « la transformation de la région (...) en tenant compte de ce qu'est ce nouveau défi climatique. C'est donc la décarbonation. Décarbonation et logistique, c'est le canal Seine-Nord Europe ! »

    Du fuel pour remplacer du fuel

    S'agit-il vraiment d'un projet écologique qui permettrait de décarboner le transport ? C'est en tout cas l'argument principal de ses partisans : utiliser les voies fluviales plutôt que la route et les camions pour transporter les marchandises entre la région parisienne et les ports d'Anvers en Belgique et de Rotterdam aux Pays-Bas. Il existe pourtant déjà un moyen de relier par voie fluviale la région parisienne à un grand port : la Seine, tout simplement, entre Paris et le Havre, et elle a le mérite d'exister... 

    Les adversaires du canal dénoncent un projet d'un autre siècle, « dans une logique d'exportation et de mondialisation qui n'est plus pertinente au moment du dérèglement climatique, puisqu'on est quand même dans l'idée de relocaliser, d'éviter qu'il y ait plus de CO2, etc. Le transport maritime n'est pas propre, il se base sur du fuel, des choses qui sont problématiques écologiquement parlant », souligne Valentin (qui ne souhaite donner que son prénom), porte-parole des Soulèvements de la Terre et du collectif qui organise la mobilisation de ce week-end contre le canal Seine-Nord-Europe.

    Méga-canal et méga-bassine

    Au-delà du transport maritime, la seule construction du canal pose des questions environnementales. Quand on touche à la nature, il y a forcément des dégâts. « Cela va être dix fois le Tunnel sous la Manche en termes de déblais, poursuit Valentin. Le canal va prendre plus de 3 300 hectares de terres agricoles et de terres humides, menacer 300 espèces protégées. Il va aussi y avoir la création d'une méga-bassine parce que les promoteurs pensent que le canal ne va pas rester en eau au vu de la sécheresse. Il y aura donc une méga bassine qui va faire plus de 22 fois celle de Sainte-Soline. » Sainte-Soline, une méga-bassine controversée, dans l'ouest de la France, mais au moins destinée à l'irrigation de l'agriculture. Ici, ce serait juste pour faire circuler d'énormes porte-conteneurs.

    Ce n'est pas la première fois qu'un projet de canal suscite la controverse en France. Le canal Rhin-Rhône fut un long serpent de mer avant d'être finalement enterré en 1997, au nom de la gauche plurielle (c'était une des conditions des écologistes pour participer au gouvernement Jospin), abandonné faute de financement et pour sauver la biodiversité. Mais aujourd'hui ce serait pour sauver le climat qu'on construirait le canal Seine-Nord-Europe. Une argumentation qui ressemble beaucoup à du greenwashing. 

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  • L'aquaculture est-elle une solution durable?

    En France, l’arrivée potentielle de la plus grande ferme de saumons au monde fait polémique et relance le débat sur l’intérêt de l’aquaculture. Pour les partisans de ces élevages de poissons, l’objectif est d’assurer l’approvisionnement en protéines d’une population mondiale en constante augmentation, alors que la surpêche épuise la ressource à une vitesse vertigineuse. Mais pour ses détracteurs, l’aquaculture est une activité polluante qui ne permet pas de lutter contre la surpêche.

    Parler d'aquaculture aujourd'hui, c’est se poser une question simple : comment sont nourris les poissons d’élevage ? Une question qui fâche car leur nutrition est le talon d’Achille de cette filière aquacole. Aujourd’hui encore, la plupart d'entre eux sont nourris avec des poissons sauvages qui finissent broyés pour faire de la farine ou de l’huile. Les grandes fermes d’Europe et d’Asie nourrissent donc leur production avec du poisson pêché bien souvent au large des côtes ouest africaines. Mansour Boidaha est le président de Zakaria, une ONG mauritanienne qui se bat pour la défense de l’environnement et le développement durable.

    « Quand ils viennent pêcher en Mauritanie, ils pêchent du poisson pélagique alors que ce n’est pas autorisé, et du poisson frais. On parle de quantités énormes. Un bateau peut en pêcher jusqu’à 900 tonnes par jour. Or, il faut 5 tonnes de poissons frais pour faire une tonne de farine de poisson. Cela signifie que l’on perd 5 tonnes de poissons frais à la consommation. Et, pendant ce temps, les Mauritaniens crèvent de faim et de soif. C’est inacceptable », explique-t-il.

    Greenpeace a calculé que, chaque année, un demi-million de tonnes de poissons frais est pêché au large des côtes africaines. Mais ce qui aurait dû permettre de nourrir 33 millions de personnes sur le continent se retrouve dans des fermes d’élevages.

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    L'aquaculture, une pratique polluante

    Les fermes d’élevages intensifs sont très polluantes. Une forte densité de poissons signifie une grande quantité de déjections, ce qui provoque des destructions et des perturbations des écosystèmes marins. Mais les usines de transformations de poissons en farine sont également problématiques. Dans le viseur de Mansour Boidaha, celle implantée près de la réserve naturelle de la Baie de l’étoile à Nouadhibou, en Mauritanie.

    « Ces usines suscitent de vives préoccupations pour l’environnement. Elles versent tous les déchets qui sortent de l’usine directement dans la baie. C’est très grave. Parfois la couleur de l’eau devient rouge. Et ces déchets ont provoqué l’arrivée d’une bactérie toxique qui tue le poisson. C’est dangereux ! », reprend celui-ci.

    Malgré ce constat cependant, de nombreuses institutions préconisent de développer massivement l’aquaculture. C’est le cas de l’Ifremer par exemple, pour qui la production annuelle de poissons d’élevage doit passer de plus de 30 millions de tonnes aujourd’hui à plus de 70 millions de tonnes en 2050 pour assurer la sécurité alimentaire mondiale. Mais, précise l’Ifremer, cela doit être fait de façon durable et sans affecter les stocks de poissons sauvages. Un défi majeur qui permettrait de lever les doutes entourant cette activité controversée.

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  • Intelligence artificielle: Google révèle une consommation d'électricité en forte hausse

    Le développement de l'intelligence artificielle s'accélère à un rythme sans précédent. En revanche, on parle beaucoup moins de son coût environnemental. Les derniers chiffres publiés par Google donnent un aperçu de l'ampleur du phénomène.

    Dans son dernier rapport environnemental, le géant du numérique révèle avoir consommé 43 térawattheures d'électricité en 2025, soit près de 40% de plus qu'un an auparavant. Présenté ainsi, ce chiffre ne dit pas grand-chose, mais il permet de prendre la mesure du phénomène lorsqu'on le compare à la consommation de certains pays : Google a consommé davantage d'électricité que le Maroc, le Nigeria ou encore le Danemark. Cette hausse de près de 40% en un an est directement liée au développement et à l'utilisation de l'intelligence artificielle.

    Une consommation qui dépasse les capacités de décarbonation

    Une telle consommation électrique n'est évidemment pas neutre. Google ne donne pas de chiffre précis sur les émissions directement liées à cette hausse, mais l'entreprise reconnaît que le déploiement massif de ses infrastructures d'intelligence artificielle progresse plus vite que la décarbonation des réseaux électriques. Autrement dit, les centres de données se multiplient à un rythme que les énergies renouvelables sont loin de pouvoir compenser. Ils consomment également une quantité considérable d'électricité qui pourrait être utilisée pour décarboner d'autres usages.

    Google investit pourtant dans les énergies renouvelables et améliore l'efficacité énergétique de ses centres de données. Mais la demande augmente encore plus vite. Résultat : les émissions de gaz à effet de serre de Google sont aujourd'hui supérieures de plus de 50% à celles de 2019, année retenue par l'entreprise comme référence pour ses objectifs climatiques. La raison est simple : pour alimenter les centres de données, toutes les sources d'électricité sont mobilisées. Cela conduit à maintenir, relancer ou développer des centrales à gaz et à charbon.

    Google est loin d'être un cas isolé

    Cette tendance concerne l'ensemble des grands acteurs du numérique. Microsoft annonce ainsi des émissions de gaz à effet de serre en hausse de 23% depuis 2020, en expliquant que l'expansion de l'intelligence artificielle et du cloud en est la principale raison. Amazon, de son côté, vient de publier un rapport faisant état d'une augmentation de 16% de son empreinte carbone en un an, essentiellement à cause de la construction de nouveaux centres de données. L'empreinte carbone du groupe dépasse désormais les émissions annuelles d'un pays comme la Nouvelle-Zélande.

    L'effet rebond

    Les entreprises soulignent néanmoins que leurs technologies deviennent de plus en plus efficaces et moins énergivores. C'est vrai : une requête envoyée à une intelligence artificielle consomme aujourd'hui beaucoup moins d'énergie qu'il y a quelques années. Mais ce n'est pas la bonne façon de mesurer le phénomène. Si chaque requête coûte moins d'énergie, leur nombre explose : davantage d'utilisateurs, davantage de modèles, davantage de services intégrant l'intelligence artificielle.

    C'est ce que les économistes appellent l'effet rebond : la technologie devient plus efficace, mais son usage augmente tellement que la consommation totale continue de progresser. La véritable question n'est donc plus de savoir si l'intelligence artificielle consomme beaucoup d'énergie ou si elle contribue au réchauffement climatique : c'est désormais un fait. La question est plutôt de savoir jusqu'où cette consommation continuera à croître, quels usages justifient une telle mobilisation de ressources, et comment alimenter les centres de données nécessaires aux applications que les sociétés jugeront réellement utiles.

    Rapport environnemental 2026 de Google

    À lire aussiIA et électricité: comment OpenAI veut éviter que la facture énergétique ne pèse sur les consommateurs

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  • Pourquoi la Wild League traque les animaux-emblèmes des clubs de sports du monde?

    La moitié des équipes engagées dans le Mondial 2026 ont une référence à la biodiversité, animale ou végétale, dans leur emblème ou dans leur surnom. C’est également le cas de centaines d'autres clubs de sports dans le monde. Mais le logo sur le maillot cache parfois une sombre réalité : ce sont souvent des espèces menacées. Une équipe de chercheurs a lancé un projet original : la Wild League. Objectif : tenter de rapprocher clubs et supporters des bêtes qu’ils portent sur leur cœur.

    Ce matin du 6 juillet, il est encore possible d’imaginer 22 lions face à face en finale de la Coupe du monde. Les Lions de l’Atlas marocains contre les Three Lions d’Angleterre ou contre les lions norvégiens, vainqueurs du Brésil hier soir… Ce sont les derniers félidés, lions, encore debout dans la compétition puisque toutes les autres meutes sont déjà rentrées dans leurs tanières : celles de la Teranga au Sénégal, celles de Mésopotamie en Irak, quand les Lions indomptables du Cameroun n'étaient pas qualifiés tout comme les Lions des Caraïbes cubains… Liste non exhaustive : les Espagnols, les Tchèques ont aussi un lion sur l'écusson.

    Au royaume des emblèmes de clubs, le lion règne en maître absolu : au moins 146 organisations sportives dans le monde l’ont adopté. Loin devant le tigre, le loup et l’ours, les trois autres mammifères les plus appréciés.

    Pourtant, la réalité, dans la savane, est plus tragique pour le grand fauve, explique Ugo Arbieu qui, en plus d’être fan de foot, est chercheur en écologie et société à la prestigieuse université Paris-Saclay.

    « Depuis que Sadio Mané [captaine de l'équipe de la Teranga, NDLR] est né, il a une trentaine d’années, on a perdu 50% des populations de lions. Les lions, à l’heure actuelle, si leur aire de répartition possible était un terrain de foot, ils ne vivent plus que dans le rond central. » Autrefois présent sur de vastes territoires de l’Europe à l’Asie, omniprésent en Afrique, il ne subsiste guère plus qu’en Afrique centrale et méridionale. Il est classé comme vulnérable et à risque d'extinction sur la liste rouge de l'UICN.

    Au-delà du lion, 161 espèces emblèmes

    L’écologue a rassemblé passion et profession dans un même but : faire du sport le gardien de notre biodiversité marine et terrestre. Une initiative aussi originale qu’ambitieuse.

    Pour ce faire, il a commencé par faire des statistiques. Avec douze autres chercheurs français et étrangers, il a pu établir, à travers une très sérieuse étude parue dans la revue BioScience, qu’au moins 727 équipes dans 43 pays et de 10 sports collectifs ont choisi nos amis les bêtes comme totems, dont 25% d’équipes professionnelles. On peut aussi retenir ce chiffre : 161 espèces différentes s’affrontent sur des terrains de foot, de basket, de volley, de hockey sur glace, de handball, de cricket, etc.

    Après les mammifères précités, on trouve des volatiles – des aigles (du Mexique, de Carthage en Tunisie en football…), des faucons comme le caracara huppé (équipe de foot de Fortaleza en Italie), le toucan (de l’équipe nationale colombienne de foot). La vie maritime est bien présente aussi : des Dauphins de Miami en foot américain aux Pingouins de Pittsburgh en hockey sur glace, mais aussi crabes, calamars, et le croco du Lesotho ! Il y a enfin des créatures plus rares voire endémiques : citons le tuatara, le symbole reptilien de l’équipe de basket d’Auckland qui n’existe qu’en Nouvelle-Zélande. Arachnides, reptiles, requins et raies, poissons, insectes…

    Si on s’en tient au seul football, la Coupe du monde est à la fois le carnaval des animaux et un herbier luxuriant. La moitié des 48 équipes qualifiées comptait une plante ou un animal dans leur logo ou dans leur surnom. La biodiversité du groupe A, par exemple, faisait plaisir à voir : trois félins, le jaguar du Mexique, le lion de la Tchéquie et le tigre de la Corée du Sud, ont tour à tour batifolé autour de la fleur sud-africaine, la très admirée protée, menacée par le réchauffement. Pour l’anecdote, le protée est aussi le nom d’un drôle d’animal amphibien qui vit dans les grottes européennes (Slovénie en particulier) et est capable de vivre dix ans sans rien manger.

    À lire aussiClimat : la protéa, fleur nationale de l'Afrique du Sud, menacée d'extinction

    Un bestiaire en danger

    « La faune sauvage est vraiment au cœur des identités de ces communautés sportives : elles sont dans les mascottes, dans la communication sur les sites internet, les gens achètent tout un tas de goodies qui ont trait à ces espèces », observe Ugo Arbieu. Alors pour lui, « il y a un paradoxe à voir toutes ces équipes mondialement connues, ces hordes de supporters qui ont sur leur maillot et parfois en tatouage même ces espèces animales quand on sait qu’elles sont en train de décliner dans la nature », s’agaçait le jeune chercheur dans l’émission C’est pas du vent.

    Les chercheurs ont ainsi calculé que 27% des 161 espèces recensées dans les 230 ligues inventoriées sont menacées ou en déclin. Le taux monte à 59% pour les équipes professionnelles. Six espèces sont classées en danger critique d'extinction, selon la liste rouge de l’UICN à laquelle se réfère l’étude : le rhinocéros noir (club de foot au Zimbabwe), l'éléphant d'Asie et celui d’Afrique, la baleine bleue (hockey sur glace, Connecticut, aux États-Unis), le tigre et… le carouge de Porto Rico, un oiseau au plumage noir tâché de jaune, endémique de cette île caribéenne et emblème de l’équipe de volley.

    L’écologue y voit « une occasion de communiquer sur les dangers auxquels font face ces différentes espèces ». Objectif : « prendre conscience que cette biodiversité n’est pas seulement dans les logos, elle est aussi dans nos écosystèmes » et « qu’il y a donc une sorte de responsabilité à protéger les emblèmes qui font partie de notre propre identité ».

    La Wild League passe à l’action

    C’est là qu’entre en jeu la Wild League, en français la Ligue sauvage, créée par cette équipe d’Ugo Arbieu. 

    La Wild League, c’est d’abord une carte interactive, consultable en ligne, des clubs qui ont une imagerie animale. Le projet s’est lancé l’an dernier et le planisphère ne demande qu’à être complété avec les divisions inférieures. Pour chaque club, sont précisées les aires de distribution des espèces concernées et leurs statuts officiels de conservation… La Wild League essaie de mettre en place des regroupements de clubs par espèces pour les pousser à agir en faveur de leur préservation.

    Avec des centaines de millions de sportifs et de supporters dans toutes ces disciplines, le potentiel d’action et d’impact est phénoménal. Chaque jour, des dizaines de millions de supporters voient passer, sur les fils de leurs réseaux sociaux, ces animaux en danger.

    Le deuxième levier envisagé par la Wild League est bien sûr économique. Il consiste à utiliser la manne que représente le sport, en particulier le football et son écosystème hyper lucratif.

    En prélevant ne serait-ce que 0,1% sur le prix du billet des matches des 200 ligues professionnelles ayant un emblème animalier, cela représenterait plus de 3,5 millions de dollars par an, a calculé l’équipe. Une somme colossale pour financer la recherche scientifique et des projets de conservation.

    Le requin est l’emblème de l’équipe cap-verdienne mais aussi de nombreux clubs en Australie. Or, sur les 120 espèces de requins qui frayent autour de l’île-continent, une quarantaine sont menacées et seize sont même quasi-inconnues des scientifiques : « Il faut arriver à convaincre ces organisations, à leur dire qu’il y a des travaux de recherche à faire pour avoir un petit peu plus de données sur ces espèces. »

    Rencontrée récemment, la grande océanographe américaine Sylvia Earle, 90 ans et toujours plongeuse, évoquait le défi de la connaissance de l’océan – « un mystère » : « Le plus grand problème auquel nous faisons face, c’est que les gens ne savent pas pourquoi ils doivent prendre soin de l’océan. On peut savoir et décider de ne pas s’en soucier, mais on ne peut pas s’en soucier si on ne sait pas. »

    Reste que la biodiversité, ce n’est pas seulement des animaux et des plantes, mais l’ensemble des interactions du monde vivant. Ce sont notamment les innombrables services que la nature nous fournit, gratuitement, et qui sous-tendent nos économies et notre alimentation. Le plus connu de ces services écosystémiques, c’est la pollinisation par les insectes des trois-quarts de nos plantes de cultures qui terminent dans l’assiette des athlètes. Sport et biodiversité courent bien ensemble.

    À lire aussiEnvironnement: «La survie des Européens dépend de celle des pollinisateurs sauvages»

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La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin…

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