Alors que deux sommets consacrés à l'intelligence artificielle se tiennent cette semaine à Genève et à Paris, la rivalité entre Washington et Pékin s’intensifie. Les modèles chinois séduisent par leurs coûts plus faibles, mais posent aussi de nouvelles questions de souveraineté.
(Attention, un petit lapsus s'est glissé dans la chronique : Mistral et H Company sont bien des entreprises françaises)
L'intelligence artificielle est au cœur d'une nouvelle bataille mondiale. À Genève, le sommet AI for Good de l'ONU met l'accent sur la gouvernance, la sécurité et l'éthique. À Paris, le sommet RAISE parle davantage d'investissement, d'entreprises et de puissance industrielle. Deux rendez-vous, deux ambiances, mais un même constat : l'IA est devenue un enjeu de souveraineté. Longtemps dominé par les États-Unis, avec OpenAI, Anthropic, Google ou Meta, le secteur voit la Chine revenir très vite. DeepSeek avait déjà surpris la Silicon Valley l'an dernier. Aujourd'hui, Z.ai impressionne avec un modèle performant et beaucoup moins coûteux.
Des modèles chinois qui séduisent
Leurs atouts : ils sont souvent plus ouverts, parfois open source, et donc plus faciles à intégrer pour les développeurs. Airbnb, Pinterest, Shopify ou Uber Eats ont ainsi reconnu tester ou utiliser certains modèles chinois. En France aussi, des administrations auraient expérimenté Qwen, développé par Alibaba. Mais ces usages posent une question sensible : peut-on confier des données stratégiques à des modèles dépendant de Washington ou de Pékin ?
Les États-Unis comme la Chine traitent désormais l'IA comme une technologie de puissance. Pour l'Europe, l'enjeu est donc clair : ne pas rester seulement cliente des modèles américains ou chinois, mais faire émerger ses propres acteurs, comme les Français Mistral AI ou H Company.