Présent pour la première fois au Forum économique mondial de Davos, Benjamin Netter, le fondateur de la start-up française de cybersécurité Riot décrit une ambiance électrique, marquée par l’attente fébrile des annonces de Donald Trump et les craintes d’une nouvelle guerre commerciale aux conséquences économiques très concrètes pour les entreprises.
Pour Benjamin Netter, Davos n’a rien d’un rendez-vous feutré cette année. "La ville est complètement bouclée, on nous a prévenus que les réseaux de télécommunication pourraient être coupés à partir de 13 h", raconte-t-il, décrivant une atmosphère lourde, dominée par l’incertitude, avant l'arrivée du président américain.
Le fondateur de Riot, créée en 2020, assiste au Forum économique mondial au sein de la délégation française emmenée par Business France. Comme beaucoup de participants, il attend avec appréhension les prises de parole de Donald Trump, auxquelles il est impossible de s’inscrire.
Budgets sous pression, stratégies à revoir
Au-delà du climat sécuritaire, c’est surtout l’impact économique potentiel qui inquiète. "Il y a une double inquiétude", explique-t-il. D’un côté, la capacité des entreprises à s’adapter à une nouvelle guerre commerciale. De l’autre, la crainte d’une crise économique qui pèserait directement sur les marchés et sur les budgets des clients. "Moins de visibilité, cela veut dire potentiellement moins d’acheteurs."
Riot a levé 30 millions d’euros en 2025 et vient d’ouvrir un bureau à New York. Mais la stratégie internationale pourrait être remise en question. "Le message de la délégation française, c’est de regarder aussi vers l’Inde, le Canada ou le Japon", souligne Benjamin Netter, convaincu que tout dépendra désormais de ce qui sera dit aujourd’hui à Davos, dans un bras de fer où "personne ne semble prêt à lâcher".