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Soledad est une enfant arrachée à sa famille et enrôlée de force dans la guerre. Zarina Khan, l'autrice de L'enfant-soldat née Musique, milite pour le droit des enfants. Sa pièce repose sur une enquête et un vécu auprès de ces trop nombreux enfants soldats en Afrique. Le texte aborde un sujet âpre soutenu par de la musique en live sur scène et l'interprétation théâtrale remarquable de Nancy Nkusi. La pièce, en tournée, a été présentée aux Zébrures, le festival des francophonies qui se poursuit jusqu'au 3 octobre à Limoges.
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Ils s'emparent de la nouba traditionnelle de l'École d'Alger, et en proposent une relecture en musique : les artistes algériens Meryem Koufi et Mehdi Haddab dévoilent leur album Nuba Nova II, dans la foulée d'un premier Nuba Nova sorti en 2021, fruit d'une rencontre entre Mehdi Haddab et le violoniste Hamdi Benani. Cette nouvelle œuvre plonge dans la poésie de la nouba avec un son mystique mélange de oud électrique, de kouitra et de chant. Entre sacré et profane, spiritualité et sensualité.
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La pièce Le Silence des tabous, d'Ulrich N'Toyo, auteur et metteur en scène congolais, part de notre monde contemporain et remonte à l'histoire de l'esclavage pour interroger ce qu'elle a laissé comme trace dans les corps. Entre théâtre, chant, danse et magie, la scène devient le lieu du sacré pour exorciser les douleurs. La première a eu lieu à Limoges, dans le cadre du Festival des Zébrures.
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De la contre-culture aux idées qui dérangent, les Inrockuptibles n’ont jamais cessé de déplacer les lignes. Pour célébrer les 40 ans du mensuel, un livre d’archives revient sur quatre décennies de rencontres cultes, d’interviews inédites et de combats engagés. Sa directrice de la rédaction, Carole Boinet, replonge dans cette histoire, revendique un magazine « frondeur » et défend plus que jamais son rôle de vigie culturelle et politique.
RFI : Le livre des 40 ans des Inrockuptibles s’ouvre sur les Smiths. Pourquoi eux ?
Carole Boinet : Parce que les Smiths sont le groupe phare des années 80, mais aussi l'une des formations emblématiques des Inrocks, nés quasiment au même moment. En 1986 sort The Queen Is Dead, ils nous accordent une grande interview qui figure dans ce livre d’archives. Les Smiths incarnent une certaine idée du rock selon les Inrocks : mélodieux, romantique, vulnérable, loin des groupes virilistes et masculinistes.
Des Smiths à Spike Lee, de Björk à Jack Nicholson, les Inrocks ont depuis largement débordé la musique : cinéma, littérature, art, politique… Jusqu’où élargir le terrain de jeu sans perdre l’ADN ?
L’ADN est déjà dans le nom Inrockuptibles, avec cette idée d’incorruptibilité, de fronde, d’audace. On s’intéresse aux idées et à la culture capables de secouer, de faire bouger les lignes, parfois de bouleverser une vie ou une trajectoire. L’enjeu n’est pas de couvrir des secteurs culturels, mais de défendre un état d’esprit, c'est a dire, le monde Inrockuptible.
« Quarante ans d’une autre culture », proclame la couverture de ce livre de 496 pages. C’est quoi, cette autre culture ?
C'est une culture qui ne s’assagit pas, ne se contente pas de divertir. Une culture qui pose des questions, prend position, sait que l’art est politique. Plus que jamais, les Inrocks doivent jouer ce rôle de vigie et de passeur.
Photos inédites, interviews cultes, souvenirs parfois oubliés… Quelle archive vous touche le plus ?
Ouh là, difficile… Peut-être la rencontre entre JoeyStarr et Béatrice Dalle, avec cette fameuse image ou ils se roulent une pelle qu’on a réimprimée dans le livre. C’est très Inrocks cette démarche de faire se rencontrer des artistes, déplacer les regards, bousculer les mentalités et notre façon d’être au monde.
Ouvrir des portes, c’est aussi votre histoire. Vous êtes arrivée comme stagiaire ?
Exactement. En 2012. Ça ne me rajeunit pas : quatorze ans déjà. Et cela fait quatre ans que je dirige la rédaction.
Et aujourd’hui, qu’avez-vous encore envie de bousculer ?
Face à l’élection présidentielle et à l’année particulièrement tendue qui s’annonce, il faut plus que jamais assumer une forme d’engagement politique. La bataille culturelle a été largement déclenchée par Vincent Bolloré. Sans lieux de résistance et de liberté comme le notre, elle peut être perdue. C’est aussi, depuis toujours, le rôle des Inrockuptibles.
Donc ça fait quarante ans ?
Oui.
Vous aviez quel âge au début des Inrocks ?
J'avais un an. J’en ai 39 ans aujourd'hui…
Les Inrockuptibles : 40 ans d’une autre culture (1986-2026) publié par GM Éditions
Garance, c'est le titre du nouveau long métrage de Jeanne Herry, qui a connu le succès comme réalisatrice avec deux films de groupe (Pupille puis Je verrai toujours vos visages). Garance, incarnée par Adèle Exarchopoulos, est le prénom du personnage principal, une jeune actrice talentueuse et alcoolique que l'on suit sur huit années. Après avoir été projeté en compétition au festival de Cannes, Garance sort mercredi 23 septembre 2026 sur les écrans français.
Dans le cadre de la Saison Méditerranée en France, la Maison de la culture à Bobigny MC93 accueille plusieurs spectacles en langue arabe qui témoignent de la richesse théâtrale au Moyen-Orient et au Maghreb. Les artistes viennent d'Égypte, de Palestine, de Syrie, d'Algérie et du Liban qui ouvre le cycle. Les aventures d'un soi hypothétique, la pièce de Yara Bou Nassar, nous emmène sur les traces d'un couple, les parents de l'autrice. Et à travers lui, c'est l'histoire d'un pays qui nous est contée : le Liban et ses aléas, d'une guerre à l'autre, d'un exil à l'autre et comment une population survit.
Nanbanjin (littéralement « Le barbare du sud ») était le sobriquet péjoratif donné par les Japonais aux premiers arrivants occidentaux au XVIème siècle. C'est aussi le titre donné à un album dessiné, singulier, conçu sous la forme d'un ouvrage « tête-bêche » de près de 500 pages et qui vient de paraître aux éditions Dupuis. D'un côté, une lecture à l'occidentale de Cyril Pedrosa, et de l'autre côté une lecture manga par le grand mangaka japonais Taiyō Matsumoto.
Raconter la folle épopée de l’université de Vincennes, dans le Paris bouillonnant post-1968, c’est le pari tenu par Benjamin Charbit et Dominique Baumard dans Camarades ! Dans la série, Françoise, étudiante et apprentie révolutionnaire, crée un groupuscule maoïste – sans savoir qu'une prostituée du bois, Claudine, s'apprête à infiltrer son cercle pour le compte des renseignements généraux. Retour sur une série qui renoue avec panache avec l’esprit de mai 68, avec ses deux créateurs, Benjamin Charbit et Dominique Baumard.
Camarades !, une série en 8 épisodes, est disponible depuis le 16 septembre sur la plateforme arte.tv.
C'est l'un des livres phares de cette rentrée littéraire. JE, publié aux éditions Gallimard, quatrième roman de l'autrice Lilia Hassaine, figure sur la première sélection en vue du prix Goncourt. Dans cette fiction, la romancière reprend l'histoire du Jane Eyre de Charlotte Brontë, mais du point de vue de Bertha Antoinette Rochester, la première épouse de Mr Rochester, enfermée durant dix ans dans un grenier en raison de sa folie supposée. Sous la plume de Lilia Hassaine, Bertha Antoinette Rochester n'est plus le bourreau mais la victime d'un homme violent et manipulateur ; ce n'est plus une femme aliénée et dangereuse mais une victime sous emprise et abandonnée par ses pairs. Un roman d'époque tout ce qu'il y a de plus contemporain.
RFI : Dans JE, vous reprenez l'histoire du Jane Eyre de Charlotte Brontë, mais à travers les yeux de Bertha Antoinette Rochester, la première épouse de Mr Rochester, enfermée pendant 10 ans dans un grenier en raison de sa folie supposée. D'où vous est venue l'envie de raconter l'histoire, du point de vue de ce personnage omniprésent dans Jane Eyre et qu'on ne rencontre pourtant jamais vraiment ?
Lilia Hassaine : Le point de départ de cette histoire, c'est vraiment une histoire plutôt personnelle qui m'a conduite à m'interroger sur cette femme, ce personnage féminin dans lequel je me suis reconnue en relisant Jane Eyre à l'âge adulte. Et surtout, je me suis posé la question suivante : que fait-on d'une histoire personnelle ? Faut-il aller vers le témoignage, ou faut-il que je raconte cette histoire au présent ? Je trouvais plus intéressant de montrer ce qu'il y avait d'invariant, d'intemporel dans cette question des violences, et comment, aujourd'hui, je peux me reconnaître dans un personnage du XIXe siècle, dans cette femme enfermée. À partir de mon imagination, des trous laissés par le roman de Charlotte Brontë, il y a un autre récit possible qui est effectivement plus contemporain.
En donnant une histoire et une parole à Antoinette, vous donnez aussi plus de profondeur au personnage de Rochester. Vous le décrivez avec tous les atours de ce qu'on appellerait aujourd'hui un « pervers narcissique » : froid, calculateur, manipulateur. D'où vous est venue cette intuition-là, vis-à-vis de ce personnage ?
Finalement, tout est déjà dans le roman de Charlotte Brontë. Ce n'est pas un personnage sympathique, c'est un personnage qui est assez menteur. C'est un homme qui séquestre son épouse à domicile. Et je trouvais intéressant de voir ce qui, dans ce personnage, avait pu tant me plaire à l'adolescence, et à quel point ces comportements ont participé à la construction d'un imaginaire romantique chez les jeunes femmes que nous avons été. Ceci dit, sans le travail de Charlotte Brontë, je ne me serais jamais autorisée à détruire un personnage, ou à me dire que j'allais sauver Antoinette. Simplement, il y avait déjà tout en germe, et assez d'espace pour un imaginaire plus contemporain.
Une autre thématique qui est très présente dans votre réinterprétation, c'est la dimension de l'esclavage, des rapports de domination coloniaux, du racisme en fait. Pourquoi est-ce que vous avez souhaité intégrer cet aspect-là à votre relecture ?
Parce que c'est déjà présent dans le roman de Charlotte Brontë. Rochester a un regard de propriétaire ; et ce qui rend possible la violence de cet homme à l'égard de sa femme, ce qui l'amplifie, c'est le contexte raciste. Lorsqu'Antoinette arrive en Angleterre [de Jamaïque, NDLR], elle a beau être blanche, elle subit une forme de racisme car elle est créole. Elle est née sur une terre noire, on la soupçonne donc de l'être un peu ; elle vient d'une île où il fait chaud, or on imagine à l'époque que la chaleur peut rendre fou. Ces imaginaires se rencontrent, viennent légitimer les violences, et les rendent plus facilement acceptables.
Existe-t-il, selon vous, d'autres personnages féminins de la littérature à qui il faudrait redonner une histoire ou une voix ?
Parfois, c'est vraiment le contexte culturel qui a provoqué des lectures qui n'étaient pas forcément liées aux intentions de l'auteur. Je n'ai pas l'impression qu'il faille apporter un regard moderne. Mais notre société évolue, ce qui nous amène à revisiter des œuvres du passé et à nous rendre compte que l'intention première de l'auteur était parfois très en avance. En tant que lecteur, on comprend ce que l'on a envie de comprendre, ce que l'époque nous pousse à comprendre. Je trouve qu'il est plus intéressant d'aborder les œuvres littéraires sous cet angle-là ; de voir ce qu'elles ont déjà en elles, de réflexions, de troubles, de jeux avec les préjugés, etc., plutôt que d'essayer de déconstruire a posteriori.
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Quand une fête d'anniversaire vire au cauchemar, c'est le sujet d'Histoires de la nuit, un roman de Laurent Mauvignier adapté au cinéma par Léa Mysius. Pour son troisième long métrage, la réalisatrice dirige Hafsia Herzi, Monica Bellucci, Benoît Magimel et Bastien Bouillon dans un film noir : l'histoire de trois hommes qui débarquent un soir dans une ferme isolée où une famille célèbre un anniversaire, et où un lourd secret sera révélé.
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Du lundi au vendredi, un journaliste du Service Culture reçoit un acteur de la vie culturelle, pour aborder son actualité et réagir aux initiatives artistiques en France et dans le monde.

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