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Il n’y aura pas de nouveau débat entre Kamala Harris et Donald Trump. Le candidat républicain a finalement décliné l’invitation trois jours après son duel face à la vice-présidente. Si les observateurs s’accordent à dire que la candidate démocrate a dominé les échanges, Donald Trump parle lui, d’une « affaire truquée ». Une accusation reprise par ses partisans qui affirment, à tort, que Kamala Harris aurait triché, à l’aide d’écouteurs connectés camouflés en boucles d’oreilles.
Les soutiens de Donald Trump en sont persuadés, Kamala Harris aurait été assistée en direct durant son débat face à son rival républicain. « Regardez bien ses boucles d’oreilles. Ce ne sont pas des bijoux, mais des oreillettes connectées », s’insurge un internaute américain. « Voilà donc le vrai secret de sa performance », croit savoir un compte francophone qui rappelle que le port d’oreillettes est interdit durant le débat. Cette rumeur mensongère cumule aujourd’hui plus de 40 millions de vues sur X, Facebook et TikTok.
Cette fausse information s’appuie sur un comparatif visuel entre les boucles d’oreilles portées par la candidate démocrate, et un bijou développé par une start-up allemande. Les écouteurs audio Nova H1, c’est leur nom, ressemblent à des boucles d’oreilles classiques avec une perle de nacre sur une monture dorée. Sauf qu’un haut-parleur situé à l’intérieur permet d'écouter de la musique ou de communiquer en toute discrétion. Ce modèle, financé par une cagnotte participative, était vendu en 2021 aux alentours de 300 euros.
En réalité, Kamala Harris ne portait pas ces écouteurs discrets lors de son débat face à Donald Trump. En visionnant l’ensemble du débat, on remarque clairement que les boucles d’oreilles portées par Kamala Harris ne correspondent pas au modèle Nova H1. Si on retrouve bien la même perle nacrée, la monture, elle, est différente. L’une se tient en un seul bloc, l’autre a la forme d’un anneau recourbé avec deux branches.
La vice-présidente a d’ailleurs déjà porté ces boucles d’oreilles, notamment lors d’un rassemblement en Pennsylvanie et lors d’un concert organisé à la Maison-Blanche. Un site internet de fan de mode, intitulé, What Kamala Wore (ce que portait Kamala en français), a publié un article sur le sujet. Plusieurs photos montrent que ce sont des boucles de la marque Tiffany, et non pas des écouteurs sans fil.
Une vieille théorie complotisteÀ l’origine de cette fausse information, on retrouve plusieurs influenceurs d’extrême-droite américains, ouvertement pro-Trump. Ces comptes diffusent régulièrement de la désinformation et des théories complotistes pour dénigrer le camp démocrate. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que cette théorie complotiste circule. En 2020, une campagne de publicité financée par le clan Trump sur les réseaux sociaux, affirmait que Joe Biden avait triché lors de son débat face à Donald Trump grâce à une oreillette sans fil. En 2016, cette théorie ciblait Hillary Clinton lors de son débat face à Donald Trump. En 2012, c’est Barack Obama qui était la cible de ces attaques.
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Si on remonte encore plus loin, en 2004, George Bush avait, lui aussi, été accusé d’avoir un récepteur audio dissimulé, cette fois, au niveau de l’épaule. Les États-Unis n’ont pas le monopole de cette infox. En 2017, Emmanuel Macron en avait fait les frais après son débat face à Marine Le Pen. Mais à chaque fois, ces affirmations ont été démenties par les faits.
Aux États-Unis, la campagne électorale s’accélère à moins de deux mois du vote. Au coude à coude dans plusieurs états-clés, Donald Trump et Kamala Harris multiplient les meetings. Les deux candidats le savent, l’élection se joue sur le terrain, mais aussi en ligne, sur les réseaux sociaux. Au cœur de cette bataille d’opinion, les contenus fabriqués par l’intelligence artificielle générative se multiplient. Un phénomène qui brouille encore davantage la frontière entre le vrai et le faux.
Si vous passez du temps sur les réseaux sociaux, vous avez surement déjà dû voir passer l’une de ces images générées par l’intelligence artificielle. On peut par exemple y voir Donald Trump derrière les barreaux ou Kamala Harris serrant la main de Joseph Staline. On retrouve aussi des vidéos fabriquées via l’IA montrant les deux candidats s’embrasser, ou Donald Trump cambrioler une supérette.
La plupart de ces contenus sont facilement identifiables, pour d’autres, c'est parfois plus difficile. Quoi qu’il en soit, ces productions sont devenues de véritables outils de propagande politique. Un temps partagées presque exclusivement par des internautes lambdas, ces fausses informations sont aujourd’hui également diffusées par des candidats et des personnalités de premier plan. Le dernier exemple en date n’est autre qu’Elon Musk.
Kamala Harris cible prioritaireLe patron du réseau social X, a publié ce lundi 2 septembre 2024, une image de Kamala Harris portant un uniforme soviétique, faucille et marteau, sur le front. « Kamala promet d’être une dictatrice communiste dès le premier jour. Pouvez-vous croire qu’elle porte cette tenue !? », commente le milliardaire, sans préciser qu’il a utilisé l’intelligence artificielle. C’est un moyen pour lui de faire passer Kamala Harris pour une dangereuse communiste, tout en faisant la promotion indirecte de l’IA générative intégrée à son réseau social et baptisée Grok.
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Ce narratif mensonger d'une candidate communiste a déjà été véhiculé par Donald Trump. Juste avant l’ouverture de la convention démocrate, le candidat républicain avait partagé une image synthétique montrant Kamala Harris tenir un discours sur fond de drapeau communiste. Ces deux infox ont été vues plus de 163 millions de fois, rien que sur X.
Climat de défianceL’omniprésence de ces images et de ces vidéos manipulées conduit à une méfiance généralisée. Tout le monde doute de tout, mettant au même niveau le vrai et le faux. Pour s’en rendre compte, il suffit de regarder les commentaires sous chacune des publications des candidats. Quotidiennement, certains dénoncent l’utilisation de l’intelligence artificielle, parfois à raison, mais aussi souvent à tort.
Cette défiance a récemment été exploitée par Donald Trump. En effet, l’ex-président a accusé Kamala Harris d’avoir utilisé l'intelligence artificielle pour fabriquer une photo de foule lors de son meeting dans le Michigan. Nous avons vérifié et la photo est bel et bien authentique. Malgré ça, son mensonge circule encore et réapparaît désormais à chaque meeting de la candidate démocrate.
« C’est une forme de révisionnisme visuel », analyse le journaliste indépendant et expert de l'IA générative et des manipulations de l'information, Gérald Holubowicz . « Il tente de modifier la perception de la réalité en invoquant le doute, la suspicion et la méfiance, usant des mêmes armes rhétoriques de réalité alternative que sa porte-parole Kellyanne Conway en 2017, au lendemain de son inauguration à Washington. Ce qui est inquiétant, ce n’est pas tant l’exercice, la tentative de corruption des esprits et du récit de campagne, mais bien sur le long terme, la destruction petits bouts par petits bouts d’une réalité commune sur laquelle nous pouvons nous accorder », note-t-il dans sa newsletter Synth.
Quelles conséquences sur le vote ?Si la multiplication des contenus générés par l’intelligence artificielle altère le débat public, il ne faut pas pour autant surestimer son impact sur les résultats de l'élection, assurent les experts. Ces contenus sont d’abord noyés dans un immense flot d’informations. À cela s’ajoute la difficulté de cibler un public précis sur réseaux sociaux. Cela rend donc les tentatives de manipulation de masse compliquées.
Le comportement électoral est en réalité un phénomène très complexe, dépendant de nombreux facteurs, rappelle un rapport de la MIT Technology Review. Raison pour laquelle, le détournement de l’IA générative ne doit pas faire perdre de vue les autres menaces qui pèsent sur les démocraties.
En Côte d’Ivoire, une rumeur revient avec insistance ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Certains affirment, à tort, qu’une attaque terroriste aurait eu lieu ce mercredi 28 août, dans le département de Bouna, dans le nord du pays, à la frontière avec le Burkina Faso. En réalité, aucune attaque de ce genre n’a été recensée dans le pays. Il s’agit là d’une fausse information destinée à dénigrer la Côte d'Ivoire et sa politique dans la région.
Tout commence ce mercredi 28 août, aux alentours de 16 h 10, lorsqu’un internaute burkinabè signale sur Facebook « une attaque terroriste à 5 h du matin dans le village de Binguélena, à la frontière avec le Burkina Faso ». Il évoque, sans aucune preuve, une situation difficile avec « plusieurs morts et 31 blessés graves ».
Quelques minutes plus tard, le même récit mensonger est partagé par des dizaines de comptes sur Facebook et sur X (ex-Twitter). Certains parlent alors d'une attaque sans précédent ayant causé une « centaine de morts ».
Cette fausse information est ensuite repris mot pour mot par d’obscures médias en ligne africain.
En réalité pourtant, cette histoire a été inventée de toutes pièces. Les sources gouvernementales, sécuritaires et locales que nous avons contactées sont unanimes, aucune attaque de ce type n’a été recensée en Côte d’Ivoire. C’est d’ailleurs ce que font remarquer plusieurs internautes ivoiriens, dans l’espace commentaire de certaines publications trompeuses, en vain.
Photos sorties de leur contexteFace à cette contradiction, certains comptes diffusent une photo censée servir de preuve. On y voit plusieurs combattants armés, à moto, chèche sur la tête, en train d’attaquer un village. Au second plan, une épaisse fumée noire s’échappe dans le ciel, montrant la dureté des combats.
Sauf que cette photo est sortie de son contexte. Une recherche d’image inversée nous a permis de retrouver la trace de ce cliché dans un rapport publié par l’ONG Human Rights Watch le 10 février 2020. La légende parle d’un groupe d’islamistes armés au cours d’une attaque contre une base militaire dans le nord du Mali en 2019.
Même constat pour une autre photo mise en avant par certains comptes. Cette fois, on y voit trois véhicules blindés de transport de troupes, deux Bastions et un Mamba Mk7.
En réalité, cette image est utilisée depuis plus de six ans par la presse nigérienne pour illustrer l’action de ses forces armées.
Détourner l’attentionSi on ne peut pas identifier nommément un acteur derrière cette opération de désinformation, on sait que l’infox a été diffusée puis poussée par des comptes maliens et burkinabè. Ces profils, pour la plupart, ont été crées récemment entre 2022 et 2024. Certains cochent toutes les cases d’un faux compte. Quand on s’intéresse à ce qu’ils diffusent, on retrouve presque exclusivement des contenus à la gloire des dirigeants de l’Alliance des États du Sahel. Cette propagande s’accompagne parfois de fausses informations.
Au vu de la teneur des messages, l’objectif semble être de dénigrer la politique sécuritaire de la Côte d’Ivoire, en faisant passer le pays pour une zone dangereuse. « Abidjan s'apprête à entrer dans une période trouble qui pourrait encore occasionner des milliers de morts. L'enjeu des élections 2025 est crucial », commente ainsi un internaute. D’autres s’imaginent même « un complot organisé par Alassane Ouattara pour envoyer des soldats français à la frontière ». Cette infox pourrait aussi viser à détourner l’attention face à la dégradation actuelle de la situation sécuritaire au Sahel.
Sur fond de guerre en Ukraine, certains internautes affirment, à tort, qu’un défilé nazi se serait déroulé récemment en Estonie, dans les rues de Valga, à la frontière avec la Lettonie. En réalité, la vidéo publiée sur les réseaux sociaux est sortie de son contexte et montre une reconstitution militaire. Cette fausse information, diffusée par des comptes pro-russes, vise à discréditer l’Estonie et les pays Baltes.
Cette vidéo, d’une minute et trois secondes, montre une trentaine de personnes, défilant au pas, sur une route de campagne, au rythme des tambours. Ces hommes et ces femmes, fusil sur l’épaule, portent les uniformes utilisés par l’armée allemande lors de la Seconde Guerre mondiale. Ils sont suivis par plusieurs motos et un semi-chenillé blindé léger, type Sd.Kfz 250, caractéristiques de l’arsenal de Wehrmacht entre 1939 et 1945. Sur le bord de la route, une dizaine de spectateurs prennent des photos et filment le défilé.
Les commentaires qui accompagnent cette vidéo parlent, à tort, d’un « défilé nazi, en l’honneur d’une division SS estonienne ». Un autre internaute ajoute : « l’Estonie rend hommage aux SS avec l'uniforme et tout, voilà l'Europe nazie qui ne se dit pas nazie ».
Pour savoir ce que montrent réellement ces images, nous avons effectué plusieurs recherches par image inversée. Cela nous a permis de retrouver des photos et des vidéos prises au même endroit au même moment, parfois dans des angles différents, par des spectateurs. Ces témoignages évoquent tous un festival militaire à Valga.
Grâce à une requête par mots clés, on retrouve bien la trace de cet événement organisé par le musée de la guerre de Valga les 16 et 17 août dernier. L’établissement, que nous avons contacté, nous a confirmé par mail que cette vidéo a bien été filmée durant le 16ème Festival international d'histoire militaire de la ville.
Le plus grand festival militaire de la baltiqueChaque année, des centaines de passionnés se réunissent à Valga durant deux jours pour participer à des conférences, des concerts et des reconstitutions de batailles. Cet été, le thème du festival, était « août 1944 » pour marquer le 80ème anniversaire des batailles sur le sol estonien, entre les Soviétiques et les Allemands. Au total, 220 reconstituteurs de sept pays différents se sont mobilisés.
Le moment fort du festival, c’est ce fameux défilé militaire, où étaient notamment représentées l’armée allemande, soviétique et finlandaise. Quelqu’un a donc isolé le passage des uniformes allemands pour faire croire à un défilé nazi. « La vidéo montre les reconstituteurs défiler à travers la ville et, comme l'alignement était composé de l'armée allemande, puis de l'armée rouge, il est facile de l'adapter à son propre récit », explique la directrice adjointe du musée, Anni Marie Adson.
Désinformation et propagandeCette infox a d’abord été publiée sur le compte Telegram d’un influenceur ukrainien connu pour ses positions pro-russes, avant d’être poussée sur les réseaux sociaux de premier plan par des comptes en faveur de Moscou. Un schéma de propagation caractéristique de la propagande russe, qui a permis à cette vidéo d’atteindre rapidement le million de vues, rien que sur X.
Cette opération de désinformation vise à dénigrer l’Estonie et plus globalement les pays Baltes en présentant leurs citoyens comme des nazis. Ce récit s’inscrit parfaitement dans le narratif officiel du Kremlin. « Le nazisme est devenu la norme non seulement en Ukraine, mais aussi dans les pays Baltes », avait déclaré Vladimir Poutine, le 5 septembre 2023. Une réécriture de l’histoire qui lui a déjà servi de justification pour envahir l’Ukraine.
Dix jours après le début de son incursion dans la région de Koursk, l’armée ukrainienne continue de progresser en territoire russe. Kiev affirme contrôler 1 150 kilomètres carrés de territoire et plus de 82 localités. Si ces chiffres ne sont pas vérifiables de manière indépendante, la Russie est bien confrontée à la plus grande incursion d'une armée étrangère sur son sol depuis la Deuxième Guerre mondiale. Pour sauver la face, la propagande russe multiplie les infox, assurant notamment que des soldats de l’Otan participeraient à cette opération.
À en croire plusieurs publications virales sur les réseaux sociaux ces derniers jours, des militaires américains, britanniques, polonais ou encore allemands auraient été vus sur le sol russe, en pleine offensive ukrainienne dans la région de Koursk. Ce narratif s’appuie notamment sur une vidéo dans laquelle on voit des soldats, brassard bleus sur l’épaule, progresser sous le feu ennemi. On les entend alors échanger dans un anglais parfait, autour de la stratégie à adopter. Le compte qui diffuse ces images commente « les médias ne vous montreront jamais ça. Voici la preuve que des terroristes de l’Otan traversent la frontière pour envahir Koursk ».
Vérification faîte, ces images ont été détournées. Grâce à une recherche d’image inversée, on sait qu’elles proviennent d’une vidéo publiée sur YouTube le 17 janvier 2023, soit bien avant l’offensive ukrainienne dans la région de Koursk. Cette vidéo, d’une dizaine de minutes, montre en réalité des soldats de la Légion internationale ukrainienne, combattre l’armée russe dans la ville de Petropavlivka, à l’est de Kharkiv, en pleine contre-offensive ukrainienne. De plus, ce ne sont pas des soldats de l’Otan ou des mercenaires, mais des volontaires étrangers intégrés dans la Légion internationale ukrainienne, fondée au début de l’invasion russe. Légalement, rien ne les distingue des militaires ukrainiens.
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Instrumentalisation des patchsÀ l’origine de cette fausse information, on retrouve un certain Aussie Cossack. Cet australien, naturalisé russe, est actuellement réfugié au consulat russe de Sydney. Sous le joug d’un mandat d’arrêt pour l’agression d’un homme de 76 ans lors d'un rassemblement de soutien à l'Ukraine, c’est aujourd’hui l’un des principaux relais de la propagande du Kremlin sur les réseaux sociaux.
En plus de cette vidéo détournée, il a également publié une photo sur laquelle on voit deux soldats prendre un selfie devant un cadavre. Ces militaires portent un drapeau américain en guise de patch. Ce qui permet à Aussie Cossack d’affirmer, à tort, que « des mercenaires américains auraient été démasqués dans la région russe de Koursk ».
Une nouvelle fois, cette image, vue plus d’un million de fois, est sortie de son contexte. On la retrouve dans plusieurs articles de presse ukrainiens en septembre 2022, pour illustrer les combats dans la région de Kharkiv.
Un logiciel de reconnaissance faciale nous a permis d’identifier l’un de ces soldats. Il s’appelle Serhii Filimonov. C’est un influenceur d’extrême droite, né en Ukraine, à Kiev en 1994. Il a notamment pris les armes en 2014 au sein du bataillon Azov, avant de commencer une brève carrière d’acteur. Il combat aujourd’hui l’armée russe dans les rangs du célèbre 1ᵉʳ bataillon mécanisé, baptisé « Da Vinci Wolves », au sein de la 59ᵉ brigade d'infanterie motorisée ukrainienne.
Sur différentes photos, on le voit aussi régulièrement porter le drapeau indépendantiste tchétchène sur l’épaule droite. Ce qui ne l’empêche pas de rester un soldat ukrainien.
Avec plusieurs milliards de personnes qui suivent la compétition, les Jeux olympiques figurent en tête des événements les plus regardés et les plus médiatisés au monde. Au total, il y a deux fois plus de journalistes accrédités que d’athlètes aux Jeux de Paris. Un coup de projecteur exceptionnel qui n’échappe pas à la désinformation. Pour dénigrer l’image des JO, certains n’hésitent pas à surfer sur cette médiatisation, en usurpant l’identité de médias reconnus.
Durant les Jeux olympiques, les médias français, Libération, Le Parisien et Marianne, ont-ils publié un journal avec, en couverture, la photo d’un triathlète en train de vomir ? C’est ce que prétendent, à tort, plusieurs captures d’écran diffusées sur les réseaux sociaux ces dernières semaines Les titres affirment que 24 athlètes auraient « eu besoin de soins médicaux après avoir nagé dans la Seine ». Le logo, la charte graphique, la date, ou encore le code barre laissent penser que ce sont de véritables Unes de journaux. En réalité pourtant, ce sont des contrefaçons.
Libération, Marianne et Le Parisien n’ont effectivement jamais publié ces couvertures. Ce sont de simples montages photos, diffusés sous forme de capture d’écran sur les réseaux sociaux. Pour se rendre compte de la supercherie, il suffit de consulter les sites officiels de ces médias.
Ce mode opératoire fonctionne. Pour preuve, cette fausse couverture de Libération a été rapidement partagée par des comptes populaires sur des réseaux sociaux de premier plan. Une députée de la France Insoumise, Ersilia Soudais, a même partagé cette fausse information sur X, avant de retirer son post et de s’excuser.
Sur le fond aussi, il s’agit d’une infox. Vingt-quatre athlètes n’ont pas eu besoin de soins médicaux après avoir nagé dans la Seine. L’athlète que l’on voit vomir en photo s’appelle Tyler Mislawchuk. Le Canadien a vomi à cause de l’effort qu’il a fourni durant son triathlon et non de la qualité de l’eau de la Seine.
Qu’importe, cette image a été activement relayée par certains internautes pour dénigrer l’organisation des JO. S’il y a bien eu des critiques sur la qualité de l’eau, il n’y a, au moment de l'écriture de cet article, aucun cas avéré d’athlètes tombé malade à cause de la pollution et des bactéries présentes dans la Seine.
La main russeLes médias français ne sont pas les seules victimes de ces infox usurpant leur identité. Toute la presse internationale est concernée. L’une des dernières contrefaçons en date cible l’agence de presse américaine, Associated Press. Cette fois, c’est un article web qui a été manipulé. Le titre affirme que Thomas Jolly, le directeur artistique de la cérémonie d’ouverture des Jeux, aurait été frappé par la foudre et hospitalisé. Une infox qui peut prêter à sourire, mais qui a été vue plus d’un million de fois ces derniers jours.
L’analyse de la propagation en ligne de ces contrefaçons montre qu’elles apparaissent en premier sur des chaînes Telegram russophones. Cet écosystème de comptes diffuse quotidiennement de faux reportages et de faux articles de presse, dans le but de dénigrer l’Ukraine, l’Occident et les Jeux olympiques notamment. Certaines infox deviennent virales tandis que d’autres restent sous les radars. Ce procédé de fabrication est aujourd’hui caractéristique de la propagande russe.
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Cette usurpation d’identité leur permet de rendre leurs fausses informations plus crédibles, de saturer les services de fact-checking et aussi de semer le doute entre ce qui est vrai et ce qui est faux sur les réseaux sociaux. Raison pour laquelle il faut faire attention à qui partage une information, en privilégiant des sources de confiance.
Les Jeux olympiques n’échappent pas au contexte géopolitique international. Depuis l'automne, le CIO s'efforce de rester à l'écart de la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza. Mais sur les réseaux sociaux, des contenus trompeurs et des infox ont fait leur apparition à l’occasion de ces Jeux. Des images sorties de leur contexte pour faire croire à des coups d’éclats médiatiques durant les épreuves afin de soutenir le peuple palestinien ou d’obtenir la libération des otages israéliens.
L’image qui a fait le plus parler sur les réseaux est censée montrer des athlètes israéliens en train de lancer un appel depuis le bassin olympique. Soixante-dix millions de vues, rien que sur X. Une photo à la verticale des nageuses israéliennes qui se sont mise dans différentes positions aquatiques pour former le message « bring them home now » : « ramenez-les à la maison maintenant » en référence aux otages encore aux mains du Hamas.
Une image de 2023L’image est l’œuvre du photographe Adam Spiegel. Elle est très esthétique, mais ce cliché a été pris bien avant les Jeux comme l’ont fait remarquer les équipes de fact checkers de la chaîne française TF1. Une simple recherche par image inversée permet d’en retrouver la trace sur Instagram dès le 19 novembre 2023. D’ailleurs, les épreuves de natation artistique par équipe ne commenceront que lundi prochain, le 5 août.
Une photo détournéeUne autre photo qui circule actuellement sur les réseaux sociaux montre des sportifs égyptiens en kimono, aux deux premières marches d’un podium d’une compétition de karaté. Un athlète israélien, juste à côté, occupe la 3ᵉ place. Les Égyptiens ont déployé un drapeau palestinien en signe de solidarité.
Vérification faite, nous avons retrouvé cette image. Elle remonte à 2022, avant la guerre à Gaza, et a été prise lors d'une compétition qui s’est déroulée en Slovénie et pas durant les JO. Pourtant, elle refait surface à partir du 29 juillet 2024, précisément au moment où commençaient les compétions. Ce cliché détourné a cumulé plus de 10 millions de vues sur un seul compte-X pro palestinien. De plus, comme le rappellent nos confrères de France 24, cette photo ne peut pas avoir été prise durant les JO puisque le karaté n’est pas une discipline olympique cette année.
L'esprit des JeuxLa charte olympique est très claire. Elle stipule : « qu'aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique ». Toutefois, on se souvient par exemple du poing levé des athlètes noirs américains sur le podium du 200 m des JO de Mexico en 1968, en pleine lutte contre la discrimination raciale aux États-Unis. Cette image est même considérée comme l'une des manifestations politiques les plus importantes de l'histoire des JO.
À y regarder attentivement, durant la cérémonie officielle, on a vu une partie de la délégation palestinienne défiler avec un keffieh sur les épaules. Un symbole national palestinien, mais aussi un symbole de résistance mondialement connu. Cela n’a pas posé de problème, et a été accepté tout comme la chemise du porte-drapeau de la délégation palestinienne, Wassim Abu Sal, sur laquelle étaient brodées des silhouettes d’avions de guerre bombardant des civils.
Ceux qui l’ont vu sur les réseaux ont compris le message, mais le boxeur palestinien s'est bien gardé, à cette occasion, de prendre position ouvertement contre la délégation portant les couleurs de l’ennemi et adversaire israélien, ce qui aurait été sanctionné.
À quelques heures de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, un important périmètre de sécurité est en place autour de la Seine. Au total, plus de 45 000 policiers et gendarmes, et 18 000 soldats sont déployés dans la capitale pour sécuriser l’événement. L’espace aérien sera complètement fermé dans un rayon de 150 km autour de Paris. Un dispositif inédit, qui donne lieu à plusieurs fausses informations sur les réseaux sociaux.
Des chars de combat ont-ils été déployés dans les rues parisiennes pour sécuriser les Jeux olympiques ? C’est ce qu’affirment, à tort, plusieurs internautes sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Leur fausse information s’appuie sur une vidéo vue plus d’un million de fois, rien que sur X (ex-Twitter). On y voit plusieurs véhicules militaires blindés, défilant les uns derrière les autres, en pleine ville, sur une route pavée.
Les comptes qui partagent ces images assurent que la scène se déroule à Paris et qu’elle montrerait le dispositif de sécurité mis en place pour sécuriser les Jeux. « Paris est en guerre », « On se croirait au Chili en 1973 à la suite du coup d’État ! », ou encore « Il y a une guerre ou les #JO2024 ? », commentent des internautes.
Un défilé militaire à MarseilleEn réalité, cette vidéo n’a pas été filmée à Paris. L’accent de l’homme qui filme et l’architecture des bâtiments visibles en arrière-plan montrent que la scène se déroule à Marseille. En utilisant des services de cartographie en ligne, comme Google Maps, on sait que la scène se déroule sur le Vieux-Port, au niveau du quai des Belges.
De plus, ces images n’ont rien à voir avec le dispositif de sécurité des JO puisqu'elles ont été filmées lors du défilé de la fête nationale, le 14 juillet dernier, à Marseille. Parmi les engins militaires visibles figurent : deux engins de reconnaissance de type Jaguar, deux VAB, des véhicules de l’avant blindés et un bulldozer Caterpillar D6K.
En consultant les images de l’événement publiées par les différentes unités de l’armée de terre, on sait même que ces véhicules appartiennent au 1ᵉʳ régiment étranger de cavalerie, basé à Carpiagne dans le sud de la France.
Ces véhicules militaires ne vont pas être déployés pour sécuriser les Jeux. Ils sont destinés à des missions de combat en terrain de guerre et non à des missions de maintien de l’ordre. Les Jaguars et les véhicules de l’avant blindés, visibles dans la vidéo, n’ont d’ailleurs jamais été déployés dans le cadre de Sentinelle, l’opération antiterroriste menée sur le sol français depuis 2015.
Les JO ciblés par la désinformationDerrière cette infox, on retrouve tout un écosystème de comptes X et Telegram déjà largement identifiés comme des vecteurs de désinformation. Après la pandémie de covid-19, l’invasion de l’Ukraine, et la guerre entre Israël et le Hamas, leur fonds de commerce, consiste désormais à critiquer l’organisation des JO.
Certains de ces comptes ont relayé la vidéo du cambriolage de la voiture de l’athlète australien, Logan Martin, pour dénoncer l’insécurité dans Paris. En réalité pourtant, l’incident a eu lieu à Bruxelles, en Belgique. Une infox vue plus de 8 millions de fois, reprise quelques heures plus tard par des comptes d’extrême droite et par des chaînes Telegram russophones, toujours dans le but de s’attaquer à l’image de la France et des Jeux de Paris.
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Retour vendredi 19 juillet sur la tragédie du vol Malaysia Airlines MH17 en Ukraine il y a 10 ans, quand 298 personnes avaient perdu la vie au-dessus de l'Ukraine. Les familles se sont réunies mercredi 17 juillet sur la stèle à la mémoire des victimes à l’aéroport d’Amsterdam. L’avion avait été abattu par un missile russe, mais durant une décennie, Moscou a alimenté les chaînes de TV et les réseaux de fausses informations afin de proposer une « vérité alternative » permettant de disculper la Russie.
Les images sont encore dans toutes les mémoires. Les débris blancs rouges et bleus de l’avion de Malaysia dispersés dans un champ de tournesols dans l’est d’Ukraine. L’avion était tombé dans la région du Dombass frappé en plein vol par un missile sol-air « BUK », tiré depuis les zones séparatistes comme allait le prouver par la suite la commission d’enquête.
Des images amateurs, postées quelques heures après la catastrophe. En novembre 2022, après un longue enquête, des juges néerlandais ont déclaré les Russes Igor Guirkine, Sergueï Doubinski et l'Ukrainien Leonid Khartchenko coupables de meurtres pour leur implication dans la destruction de l'avion civil. « Nous n'avons pas été impliqués dans l'enquête et notre attitude à l'égard de ces conclusions est donc bien connue » a répété mercredi Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin.
En 2014, il faut se souvenir que cette partie de l’Ukraine en guerre, était déjà très difficilement accessible aux médias occidentaux et aux enquêteurs à cause des combats. Cette tragédie, lointaine, au cœur de l’été 2014 a donc été principalement documentée sur les réseaux sociaux, mais avec une vision bien souvent biaisée et des commentaires venant alimenter une véritable usine à infox mise en place par la Russie.
Un cas d'école de la désinformation russeLa stratégie de Moscou est désormais bien connue : tout d’abord nier l’évènement : en l’occurrence nier la destruction en plein vol de l’avion de ligne. À l'image de cette stratégie, les autorités russes avaient eu la même attitude lors du massacre de Boutcha en Ukraine en 2022. Ensuite, elles se sont employées à démentir toute implication dans la catastrophe, et enfin, elles ont cherché à accuser l'Ukraine et l'Occident en poussant des théories complotistes.
Les spécialistes de la désinformation ont par exemple affirmé que tout avait été mis en scène par l'Ukraine. Ou encore que l'avion de la Malaysia Airlines avait été détruit par un chasseur ukrainien et pas par un missile russe, ou que l'appareil présidentiel de Vladimir Poutine avait été visé alors qu'il passait à proximité. Et que le drame s'expliquait par une méprise des forces armées ukrainiennes, donc que toute cette affaire n'était qu'une manipulation des ukrainiens ou de la CIA. Quelques exemples parmi tant d'autres.
Dix ans après, ces théories ressortent sur les réseaux sociauxCes théories mensongères ont été battues en brèches, par des experts aéronautiques, des « fact-checker », par la commission d'enquête, ceci étant, elles sont tenaces. Ainsi, on a vu réapparaître ces derniers jours une photo satellite truquée, censée montrer un chasseur ukrainien Sukhoi-27 tirant sur le Boeing.
Ce montage avait été diffusé en 2014 par la télévision d’État Russe. Après vérifications, le Boeing n'appartient pas à la Malaysia, le type d’avion n’est pas le bon, le missile n’arrive pas du bon côté, le fond de scène a été trouvé sur la plateforme Google Earth. Il n’a pas fallu plus de 48 heures pour s’en rendre compte, mais dix ans après, cela circule toujours. Le service européen d’action extérieure, c'est-à-dire la diplomatie européenne, dans son programme de lutte contre la désinformation, a listé 481 cas d’infox relayés par la Russie sur l’affaire du MH17 depuis 2014.
La naissance d'une communauté d’enquêteurs numériquesParallèlement à cette diffusion de fausses informations à grande échelle, on a assisté à l'émergence d'une communauté d'observateurs. Ces derniers ont donné de leur temps pour passer en revue des milliers de documents sonores, vidéos, photographies sur l'affaire du MH17 afin de contribuer à la manifestation de la vérité.
L'enquête la plus fréquemment citée en exemple, est celle de Bellingcat un groupe de contributeurs spécialisé dans la recherche en sources ouvertes (open source intelligence en anglais ou OSINT). Dès la fin de l'année 2014, les enquêteurs avaient réussi à identifier les soldats en charge de la mise en œuvre de la batterie anti-aérienne, à localiser le site de tir et à récupérer une vidéo du véhicule lanceur avec un missile.
Les enquêteurs internationaux ont conclu qu'il existait de « fortes indications » selon lesquelles le président russe Vladimir Poutine avait approuvé la fourniture du missile qui a abattu l'avion. Moscou a catégoriquement rejeté le verdict du tribunal de 2022, le qualifiant de « politique » et « scandaleux ». La Russie n'a jamais accepté d'extrader les responsables directs de l'attaque et la justice internationale. L'an dernier, les enquêteurs internationaux ont suspendu leurs investigations, estimant qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves pour poursuivre davantage de suspects.
Avec Louis Champier.
Une énorme pénurie d’essence va-t-elle paralyser la France à partir du 15 juillet ? C’est ce qu’affirment, à tort, plusieurs vidéos publiées sur TikTok ces derniers jours. Pour tromper les internautes, les comptes à l’origine de cette fausse information essayent de se faire passer pour des médias crédibles. Le narratif, les ressemblances visuelles et les dates de publication laissent penser à une action coordonnée avec pour but de faire du clic, mais aussi de créer la panique.
« Près de 40 % des stations services fermées », « une hausse de 80 % du prix des carburants », si l’on en croit ces publications TikTok, une pénurie sans précédent va toucher la France. Ces vidéos, au ton volontairement alarmiste, respectent le même procédé de fabrication : un visuel accrocheur avec des images d’illustrations, accompagné d’une voix artificielle et d’une musique dramatique.
Ces vidéos se comptent actuellement par dizaine sur les réseaux sociaux. Elles partagent toutes, à quelques mots près, le même narratif : « Alerte France ! Une énorme pénurie de carburant est à venir et les conséquences s'annoncent particulièrement graves. Premier point, les prix vont augmenter En raison de la rareté imminente, les prix du carburant devraient augmenter considérablement. Des sources fiables telles que BFM Business prévoient une hausse d'au moins 80 % des prix. (...) Près de 40 % des stations service en France devront fermer temporairement. En réponse, le gouvernement envisage d'instaurer une loi d'ouverture intermittente pour mieux gérer la crise. Concrètement, les stations service n'ouvriront que certains jours de la semaine, ces jours étant définis à l'avance pour éviter une surcharge des infrastructures disponibles. Cette pénurie de carburant est une crise sans précédent qui exige une planification minutieuse de la part de tous les automobilistes ». Sauf que tout est faux.
Pas de risque de pénurie« Cette histoire d’une pénurie imminente est totalement fausse », explique Geoffrey Caillon, coordinateur de la CFDT chez Total Énergies. « Aujourd’hui, on est très serein sur la question de l'approvisionnement de carburant en France. La logistique carburant est calibrée et elle est constituée par un système qui permet d'approvisionner les stations service de manière continue. Des pénuries, on en a connu, mais même celles qu’on a connues, elles n'ont pas eu les conséquences qui sont annoncées dans ce type de fake news. »
Les experts du secteur que nous avons contactés affirment également qu’il n’y a pas de risque de pénurie prévu à court terme. Le dernier tableau de bord publié par l'Institut français du pétrole indique, de plus, qu’il n’y a pas de tensions en Europe sur le marché du pétrole.
Concernant la hausse annoncée, « de 80 % du prix des carburants », là aussi, il s’agit d’une fausse information. Si le prix du baril de Brent devrait légèrement augmenter dans les prochaines semaines, une augmentation de 80 % des prix du jour au lendemain, sans tension sur le marché pétrolier et sans hausse de taxe, n’est pas imaginable en France. « Le prix d'un litre de carburant est lié à un marché du pétrole. Il est lié à des taxes, notamment en France, où le poids des taxes sur le coût d’un litre de carburant peut représenter jusqu’à 60 % du prix final. Sachant que l'État n'a pas annoncé une hausse des taxes sur les carburants, je ne vois pas comment on pourrait avoir une telle hausse en quelques jours », précise Geoffrey Caillon.
Cette infox, montée de toutes pièces, vise donc à pousser, à tort, les automobilistes à aller faire leur plein pour stocker du carburant. Un comportement qui, en cas de demande massive, pourrait provoquer de véritables situations de tension.
Un écosystème de comptes à la manœuvreDerrière cette manipulation, on retrouve toute une myriade de comptes TikTok créées très récemment. Pour tromper la vigilance de leur public, ils se font passer pour des médias de confiance. Leur nom, actu_france24, Info Actu TV7 ou Abstract Média, et leur logo sont volontairement trompeurs.
Leur production se résume à de courtes vidéos sensationnalistes qui sont souvent des fausses informations. On les reconnait par l’utilisation systématique d’une voix générée par l’intelligence artificielle. Signe que leurs mensonges circulent, l’un de nos auditeurs nous a signalé l’une de ces vidéos cette semaine sur notre groupe WhatsApp, Les Dessous de l’Infox, que vous pouvez rejoindre en envoyant un message au +33 6 08 94 93 05.
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Info ou intox ? Chaque semaine, RFI épingle une de ces tentatives de manipulation de l’information, pour en expliquer les ressorts. Vous souhaitez que «Les dessous de l'infox» vérifie la véracité…

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