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En Côte d’Ivoire, un nouveau vaccin antipaludique vient d’être introduit dans le calendrier vaccinal des enfants de moins de cinq ans. Le R21 Matrix-M, sera progressivement déployé dès le 15 juillet 2024, dans l’ensemble du pays. Le ministère de la Santé ivoirien affirme qu’il dispose déjà de plus de 656 000 doses en stock. Ce nouveau vaccin est symbole d’espoir, mais son arrivée sur le sol ivoirien génère aussi beaucoup de désinformation sur les réseaux sociaux.
Après le Ghana, le Nigeria, le Burkina Faso et la République Centrafricaine, la Côte d'Ivoire devient le 5ᵉ pays à autoriser l’utilisation du R21 Matrix-M. Ce vaccin, développé par l'Université d'Oxford et le Serum Institute of India, est recommandé par l’Organisation mondiale de la Santé depuis octobre 2023. Le RTS,S ou Mosquirix et ce R21 Matrix-M sont aujourd’hui les seuls vaccins antipaludiques préqualifiés par l’OMS.
Les deux agissent contre la même cible, le plasmodium falciparum, le parasite du paludisme le plus meurtrier et prédominant sur le continent africain. Ils doivent être administrés « selon un schéma à quatre doses aux enfants à partir de l’âge de cinq mois. Les programmes de vaccination peuvent choisir d’administrer la première dose à un âge plus tardif ou légèrement plus précoce en fonction de considérations opérationnelles », précise l’OMS. Si le R21 Matrix-M pourrait présenter une meilleure efficacité, à ce stade, cela n’a pas encore été formellement démontré. Les deux vaccins sont donc aujourd’hui considérés comme équivalents.
« Une excellente tolérance »Sur les réseaux sociaux, certains internautes assurent, sans en apporter la preuve, que le R21 Matrix-M provoquerait de graves effets secondaires. « C’est totalement faux », répond Marc Thellier, responsable du Centre national de référence du paludisme, à l'Hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. « C'est un vaccin qui a été préqualifié par l'OMS. Les essais de la phase 2 et 3 montrent qu’il a une très bonne efficacité, mais également une excellente tolérance. La balance bénéfices/risques est largement positive et c’est pour ça qu’on autorise leur administration dans le cadre de procédures nationales de vaccination. Comme pour chaque vaccin, il y a un très petit nombre de sujets qui peuvent faire des réactions à la vaccination, mais ce n'est rien comparé au bénéfice de son administration à une large population ».
Autre argument phare du narratif anti-vaccin, ce R21 Matrix-M serait « inutile dans la lutte contre le paludisme en Afrique ». Là encore, il s’agit d’une fausse information selon Marc Thellier. « On a réussi entre 2000 et 2015 à faire baisser de manière importante le nombre de cas et le nombre de décès. Mais on est en ce moment, en échec, notamment en Afrique, continent qui souffre le plus du paludisme. On essaye donc de trouver des solutions et ce vaccin en est une parmi d’autres ».
Les experts insistent, ce vaccin ne vient pas remplacer, mais compléter les mesures déjà en place, comme les distributions de moustiquaires ou le traitement des sites où prolifèrent les moustiques.
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L’ombre des théories complotistesÀ l’origine de toutes ces infox, on retrouve des activistes anti-vaccin de longue date, mais aussi des influenceurs bien connus sur le continent. Leur désinformation vaccinale se mêle souvent avec des théories complotistes. Ils avancent par exemple que ce vaccin, financé en partie par la fondation du milliardaire américain Bill Gates, s’inscrirait dans un « plan d’asservissement des populations ».
Un récit déconnecté de la réalité. « Les vaccins ne sont pas développés par des individus ou des instituts isolés. C'est un travail collectif qui s'appuie toujours sur les travaux antérieurs. Ce sont des progressions qui se font pas à pas, dans des conditions qui sont très contrôlées, standardisées, et de façon très ouverte. C'est-à-dire qu'on peut librement consulter les données qui sont issues des études qui sont faites autour de ces vaccins. On est donc certain que ce vaccin est efficace, sûr et qu'on peut l'administrer dans un programme de vaccination », rappelle Marc Thellier. Ces études sont, pour la plupart, librement accessibles en ligne.
Une désinformation dangereuseCette désinformation vaccinale représente un véritable danger pour la santé publique, regrette Marc Thellier. « La vaccination est une arme très efficace de lutte contre les maladies. C'est démontré au plan scientifique, il n'y a aucun doute. Si on introduit un doute sur l'intérêt de la vaccination, si les pays, finalement, sont contraints à abandonner une solution comme celle-là, ça peut devenir dramatique puisqu'on peut revenir à des épidémies qui étaient contrôlées et qui ne le seraient plus ».
La rumeur a inondé la Toile cette semaine. La France aurait « imprimé des faux billets de francs CFA pour déstabiliser le Mali ». Ces mots, attribués à Assimi Goïta, sont apparus en ligne au lendemain de l’intervention du président de la transition à Sikasso, dans le sud du Mali, samedi dernier. Rapidement, des milliers d’internautes, et des dizaines de médias africains s’en font fait l’écho. En réalité pourtant, il s’agit d’une fausse information.
Assimi Goïta a-t-il récemment accusé Paris d'avoir imprimé des faux billets de francs CFA pour nuire à l'économie du Mali ? C’est ce qu’affirment, à tort, des dizaines d’articles de presse et des centaines d’internautes sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Ces allégations se basent sur le discours tenu par le président de la transition dans le sud du pays, à Sikasso, le samedi 22 juin 2024. Dans son allocution d’une vingtaine de minutes, en bambara, devant plus de 10 000 personnes, on l’entend évoquer les menaces qui, selon lui, cibleraient directement le Mali. Le terrorisme armé, médiatique et économique sont notamment pointés du doigt.
Sur ce dernier point, il déclare « beaucoup de gens ne le savent pas. Cela fait quatre ans que le Mali affronte ce type de terrorisme. Le premier exemple, c’est quand nous avons voulu que nos marchandises passent par le port de la Guinée au moment où nous n’étions pas en phase avec la Cédéao. Quand les autres payaient par exemple 5 000 francs CFA en Guinée, on nous obligeait à payer 15 000 francs CFA. L’objectif était que nos chargeurs se fâchent et refusent que leurs marchandises passent par le port de la Guinée. Ils voulaient nous empêcher d’acheminer nos produits à partir d’un autre pays. Deuxièmement, ils ont fabriqué beaucoup de faux billets. Ils les ont acheminés par voie terrestre deux fois. Mais, grâce à la vigilance de la douane, ces faux billets ont été saisis, ils n’ont pas pu arriver à destination. Ils ont abandonné la voie terrestre pour passer par la voie aérienne à fin d’acheminer toujours ces faux billets en CFA. Encore une fois, la vigilance de la douane a permis leur saisie. Tout cela montre que l’objectif, était d’étouffer l’État, et aussi pousser nos concitoyens dans l’extrême pauvreté. Heureusement que la douane a été vigilante pour y mettre un terme. (...) Mais, je vous le dis, ces manœuvres ne vont pas s’arrêter ».
À aucun moment Assimi Goïta ne cite nommément la France dans ces accusations. Ce « ils », utilisé au pluriel, fait référence aux « terroristes économiques » cités plus tôt par le président de la transition. Concrètement, on ne sait pas avec certitude qui il désigne. Ce que l’on sait par contre, c'est que le président de la transition n’évoque pas directement la France, contrairement à ce qu’affirment certains médias et des internautes.
Le rôle de SputniknewsCette accusation envers la France provient d’un article de presse publié au lendemain de l’allocution d’Assimi Goïta, par Sputniknews Afrique, l’agence de presse liée au gouvernement russe et interdit dans l’Union européenne depuis février 2022. Le titre est clair, « Goïta accuse Paris d'avoir imprimé de faux billets de francs CFA pour nuire à l'économie du Mali ». Dans la foulée, de nombreux médias africains ont repris tel quel l’article de Sputnik Afrique.
Le papier établi aussi un lien avec l’opération « Persil » menée par la France contre la Guinée en 1960. Cette campagne de déstabilisation du régime de Sékou Touré reposait, entre autres, sur la fabrication de faux francs guinéens. Cette comparaison entre la Guinée de 1960 et sa monnaie nationale et le Mali d’aujourd’hui avec sa monnaie partagée par une dizaine d’autres pays ne tient pas. Cette interdépendance monétaire protège le Mali d’une telle opération.
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« C'est complètement impossible de cibler uniquement le Mali dans le cadre actuel. Pourquoi ? Parce que le Mali partage la même monnaie avec un certain nombre de pays en Afrique. Le Mali a des liens commerciaux et financiers assez forts avec ces pays-là. Ce sont des pays intégrés et donc ce sont des vases communicants. Une telle opération provoqueraient obligatoirement des dommages collatéraux dans les autres pays », explique Carles Grekou, économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii).
« La France n'aurait absolument aucun intérêt à déstabiliser économiquement le Mali »
L’hypothèse d’une opération menée par la France, n’est d’ailleurs pas plus crédible, selon l’expert. « C'est assez difficile de commenter parce que personne n'est cité nommément. Cette rumeur vient se greffer à la propagande faite par les autorités maliennes. Mais pour aller dans cette interprétation-là, la France n'aurait absolument aucun intérêt à déstabiliser économiquement le Mali dans la mesure où il y aurait des répercussions sur les autres pays. Cela mettrait en danger ses intérêts potentiels au Mali, mais aussi ses intérêts dans les autres pays utilisant le franc CFA. Une telle opération n'aurait pas de sens. »
« La France tient à préserver le franc CFA et a donc intérêt à crédibiliser cette monnaie », rappelle l'économiste et chercheur sénégalais Demba Moussa Dembelé à nos confrères des Observateurs de France 24. Certains évoquent aussi l’hypothèse de l’implication de la Cédéao. Une piste également rejetée, pour les mêmes raisons, par les experts que nous avons contactés.
Une semaine après le début de l’Euro 2024 de football, la menace informationnelle pointée il y a des mois par les organisateurs de la compétition se confirme. Ces derniers jours, plusieurs fausses informations ciblant le tournoi sont devenues virales sur les réseaux sociaux. Si ces infox proviennent de différents comptes, des acteurs pro-russes ciblent délibérément cette compétition à des fins de propagande.
La fausse information la plus marquante depuis le début de l’Euro 2024 a ciblé les supporters de la Roumanie. Après la victoire de leur équipe 3-0 contre l’Ukraine ce lundi 17 juin 2024, les fans ont été accusés, à tort, d’avoir chanté à la gloire de Vladimir Poutine et d’avoir agité des drapeaux pro-russes dans le but de provoquer les Ukrainiens. La photo, prise durant le match, censée montrer le drapeau de la République autoproclamée de Donetsk brandie dans le stade, est, en réalité, un montage. Grâce à la rediffusion de la rencontre, nous avons retrouvé le moment exact où cette image a été capturée. On joue alors la 31ᵉ minute et aucun drapeau noir, bleu, rouge n’est visible derrière l'arbitre. Quelqu’un l’a donc ajouté à l’aide d’un logiciel de retouche photo.
Quant à la vidéo dans laquelle on croit entendre des supporters roumains chanter le nom du président russe, Vladimir Poutine, là aussi, il y a manipulation. Quelqu'un a volontairement changé la bande son de la vidéo originale. Les témoignages des supporters et des officiels présents dans le stade sont unanimes, personne n’a entendu de slogan pro-Poutine résonner dans l’Allianz Arena de Munich. Ce chant, « Poutine, Poutine », a donc été superposé sur les images de fans en train de célébrer un but. Toutes les vidéos amateurs disponibles en ligne et consultées par RFI le confirment. Contacté par la rédaction des Observateurs de France 24, l'UEFA estime également que la vidéo serait un « faux » et un montage sonore.
Cette bande son superposée sur les images de supporters roumains, a, de plus, été trafiquée. Elle provient à l’origine d’un célèbre chant ukrainien insultant Vladimir Poutine et baptisée « Putin Khuylo », Poutine est un con en français.
L’insulte a été habilement coupée au montage, changeant totalement le sens du chant.
En réponse à cette polémique, la Fédération roumaine de football a contesté, auprès de nos confrères de TF1, l’authenticité de la vidéo.
Des acteurs pro-russes à la manœuvreCette vidéo manipulée apparaît pour la première fois en ligne, dans l’après-midi du 17 juin 2024, sur des comptes Telegram russophones déjà identifiés comme des maillons importants de la propagande russe. Ces chaînes ont notamment été épinglées plusieurs fois pour leur rôle dans des campagnes de désinformation massive.
La vidéo se répand ensuite sur X (ex-Twitter), cumule des millions de vues et se retrouve diffusée dans des médias réputés, généralistes et spécialisés. Si certains d’entre eux ont corrigé leur erreur, d’autres se sont contentés de supprimer leur article.
Cette fausse information n’est pas la seule à viser l’Euro 2024. Plus d’une dizaine ont déjà atteint une certaine audience sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Notre travail de veille montre que des acteurs pro-russes ciblent délibérément la compétition à des fins de propagande. Un faux reportage usurpant l’identité de la BBC, et un faux graffiti du président ukrainien assis sur la coupe du tournoi circulent actuellement à bas bruits sur Telegram. Des modes opératoires caractéristiques de la propagande russe qui profite de cet événement d'envergure internationale pour rendre viral sa désinformation.
En France, les réactions ont été très nombreuses dès l’annonce des résultats Dimanche dernier et une série de posts est apparue laissant penser que la dissolution de l’assemblée nationale annoncée par le président, allait conduire à une démission du chef de l’Etat. Selon ces contributeurs, il s’agirait d’une manipulation permettant à Emmanuel Macron de briguer un troisième mandat. Le président le dément et les constitutionalistes écartent cette possibilité.
Dès dimanche, l’effet de surprise généré par l’annonce de la dissolution de l’assemblée nationale a provoqué des réactions d’incompréhensions. Pour certains, derrière cette décision se cache une manœuvre politique : en cas de victoire de l’extrême droite en Juillet, Emmanuel Macron quitterait ses fonctions, pour mieux revenir en 2027. Un scénario relayé par la sphère dite antisystème voire complotiste…
ConstitutionnalitéCe scénario ne tient pas, selon,Jean Phillipe Derosier, Professeur agrégé des facultés de Droit de l’Université de Lille . Selon lui : « C'est totalement farfelu. La Constitution est extrêmement claire. Elle n'interdit pas à Emmanuel Macron de faire un troisième mandat, mais pas à la suite des deux premiers. Si l'interruption prématurée du mandat pouvait permettre d'en briguer un nouveau, il suffirait à Emmanuel Macron, autour du mois de février mars 2027, de démissionner et dire voilà, je me représente, ça n'a aucun sens.L'article 6 de notre Constitution dispose en effet que nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. Et donc Emmanuel Macron est actuellement en train d'exercer son deuxième mandat. Il a été réélu en avril 2022. Le mandat lui a été confié. C'est bien le deuxième. Peu importe à quel moment est ce qu'il s'interrompt une fois qu'il a terminé son deuxième mandat, il ne peut pas en briguer immédiatement un troisième. Il faut qu'un autre président de la République soit d'abord élu et ensuite, s'il le souhaite, il pourra à nouveau être candidat » . Emmanuel Macron pourrait donc être candidat en 2032 mais pas en 2027.
Pas de troisième mandat
Toutefois dès qu’on parle de troisième mandat cela alimente une vague de commentaires sur les réseaux de la part d'internautes qui soupçonnent Emmanuel Macron de vouloir se maintenir au pouvoir à l’instar de ce qui se fait en Afrique en Russie ou en Chine.
Il convient cependant de souligner qu’en France il n’a jamais été question de troisième mandat dans toute l’histoire de la cinquième république comme le souligne Jean Phillippe Derosier: « En réalité, en France, les présidents de la République qui ont réussi à être réélus une première fois sont peu nombreux au regard de tous ceux qui ont essayé. Et nul n'a pu être élu une troisième fois avant même que cette interdiction n'existe. Là où dans d'autres régimes, c'est quelque chose de beaucoup plus courant et on peut anticiper cette volonté de certains autocrates de vouloir la contourner coûte que coûte. Ce n'est pas le cas de la France. Je ne le pense pas. Sans doute peut on lui reprocher beaucoup de choses, à Emmanuel Macron, y compris de tordre les règles constitutionnelles, mais la Constitution reste plus forte que lui. Briguer un troisième mandat, est contraire à la Constitution ». Évidemment il y a toujours la possibilité de réviser la Constitution, pour supprimer la limitation des mandats, mais il faudrait obtenir l’accord des deux Assemblées avant une ratification par le Congrès, des conditions difficiles à réunir compte tenu des forces politiques en présence…
Alors que les 80 ans du débarquement allié en Normandie ont été célébrés ce jeudi 6 juin 2024 en France, en présence du président américain Joe Biden, sur les réseaux, la toute puissance américaine est la cible d’une série de vidéos censées montrer la destruction du porte-avions géant USS Eisenhower. Des posts trompeurs ont été partagés, laissant penser à tort, que ce fleuron de la Navy aurait été frappé par des missiles houthis lors de son passage en mer Rouge. Il s'agit en fait d'un trucage.
La vidéo a été vue près d’un million de fois sur les réseaux sociaux. On y trouve des commentaires comme : « La chine vient de publier des images satellites du porte-avions américain USS Eisenhower ». À l’écran, l'image montre une prise de vue à la verticale du pont du navire et tout à l’avant du bâtiment une trace d’impact de grande taille entre les deux catapultes.
Il n’en fallait pas plus pour que de nombreux comptes, particulièrement sur X , affirment que les rebelles Houthis du Yémen (soutenus par l'Iran) sont derrière l’attaque qui aurait causé ces prétendus dégâts.
Après vérification, aucune trace de tels dommages sur le porte-avions n'a pu être retrouvée en dehors de cette vidéo. D'ailleurs, aucune communication officielle du Pentagone n'est venue confirmer la nouvelle, ni aucune vidéo provenant de sources indépendantes. La seule attaque houthis visant l'US Navy dont on a eu connaissance, remonte au samedi 1er juin, contre le destroyer USS Gravely. Un drone et deux missiles houthis avaient été interceptés, a fait savoir le commandement américain pour le Moyen-Orient.
Photo montagePlusieurs points permettent d’affirmer que les images par satellites de l’USS Eisenhower prétendument touché, sont truquées. D’abord on retrouve des vues par satellites de ce porte-avions dans le port de Norfolk, aux États-Unis, en avril 2023. Tout est identique, excepté la trace de l’explosion. Elle a donc été ajoutée, il s'agit d'un montage.
De plus, si on se documente, on s'aperçoit que cette trace ne correspond pas du tout aux dommages que pourrait subir un navire : les structures d’un bateau, se déchirent, brûlent et se déforment après une frappe de missile anti-navire. Sur la photo, rien de tel, on distingue simplement un cratère « collé » sur le pont. Pas besoin d’aller chercher très loin pour le retrouver. Il suffit de taper un mot clef comme « impact » sur un site de banque d’images pour tomber dessus. Enfin en réalité, les auteurs du trucage ont pris soin d’inverser l’image et de la flouter légèrement pour brouiller les pistes.
Des publications abusives en cascadeEn effectuant une recherche sur les réseaux, on s'aperçoit qu'une série de posts est venue répondre à la publication de la première vidéo. On peut lire par exemple ce commentaire « C’est confirmé, l’Enseihower a subi des dommages et est allé se mettre à l'abri sur la base de Souda Bay en Crète », mais la photo publiée est celle d’un porte-avions russe et non américain.
On retrouve aussi des extraits de jeux vidéo évoquant une bataille navale impliquant l’Eisenhower ainsi que des images générées par IA. En l'espèce, rien n’est vrai mais cela contribue à imprimer l’image mentale d’un porte-avions américain en feu, et donc véhicule l'idée d'une certaine vulnérabilité de l'Amérique, alors que le porte-avions est le symbole de sa puissance militaire.
Une manifestation raciste s’est-elle déroulée récemment à Paris ? C’est ce que prétend montrer, à tort, une vidéo activement diffusée sur les réseaux sociaux et repérée par la rédaction de RFI à Nairobi. Les internautes qui la partagent dénoncent « une marche anti-noirs dans les rues de la capitale pendant que Macron colonise la Nouvelle-Calédonie ». En réalité, cette vidéo est un montage destiné à alimenter les tensions.
À l’image, des dizaines de manifestants défilent dans la rue. Certains arborent des drapeaux palestiniens et des drapeaux rouges, marqués du logo du NPA, le Nouveau parti anticapitaliste. Première incohérence, ce mouvement politique et les militants pro-palestiniens ne sont pas connus pour défendre des idées xénophobes.
La scène, que nous avons géolocalisée, se déroule devant l'Opéra Bastille, dans le 12ᵉ arrondissement de Paris. Pour la dater, nous avons comparé des dizaines de photos de manifestations et identifié le défilé du 1ᵉʳ mai 2024 organisé lors de la traditionnelle fête du travail. Le service de presse du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) nous l’a confirmé.
Côté son, on entend d’abord des témoignages racistes de militants qu’on ne voit pas à l’image. Certains reprennent le slogan « Calais aux Calaisiens ».
Deuxième incohérence, on sait que les images montrent une manifestation à Paris et non à Calais, ville du nord de la France. On entend ensuite un journaliste s'exprimer. Lui aussi évoque une manifestation devant la mairie de Calais.
Élément important, son ton ressemble beaucoup à l’intonation employée dans les documentaires télévisés. Nous avons donc fait une recherche par mots clés sur des plateformes de vidéos en ligne pour savoir d’où provient cette bande son. Résultat, l’extrait provient en réalité d’un documentaire télévisé réalisé en 2016 par les journalistes du magazine Enquête exclusive au moment d’une action du collectif d’extrême-droite « Sauvons Calais ». Un reportage diffusé sur la chaîne de télévision française M6, en mars 2016.
Des images sans rapport avec bande sonCe que l’on voit n’a donc aucun rapport avec ce que l’on entend. Quelqu'un a volontairement mélangé les images d'une manifestation pro-palestinienne en mai 2024 à Paris, avec la bande son d'un reportage tourné à Calais huit ans plus tôt, dans le but de tromper les internautes et d’alimenter les tensions. Comparée au deepfake ou autre montage sophistiqué, cette technique de manipulation ne coûte rien à produire, demande très peu de connaissances techniques, mais peut suffire à désinformer.
L’analyse des comptes qui partagent cette vidéo montre que plusieurs internautes poussent cette vidéo sur TikTok, YouTube, Instagram et LinkedIn. Notre rédaction à Nairobi nous a aussi informés que l’infox se répand actuellement en français, mais aussi en swahili, dans différents groupes WhatsApp.
Alors que les Russes avancent sur le front ukrainien, la question du soutien américain à l’Ukraine est au cœur de l’actualité. Dans ce contexte, une vidéo circule activement sur les réseaux sociaux. On croit y entendre la porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, affirmer que la Seconde Guerre mondiale a été gagnée par les Américains et par les Ukrainiens. Une prétendue déclaration moquée par les internautes mais qui, en réalité, a été entièrement manipulée.
La vidéo montre un échange entre un journaliste et la porte-parole de Joe Biden lors d’une conférence de presse. « Pourquoi ne condamnons-nous pas les manifestations ukrainiennes du nazisme et continuons à les soutenir ? », interroge le journaliste. Ce à quoi Karine Jean-Pierre répond : « Il y a soixante-dix-neuf ans, les États-Unis et leurs alliés ukrainiens ont uni leurs forces pour combattre les régimes d'Hitler et de Staline. Si Berlin est aujourd'hui un allié, la menace de l'Est persiste. C'est pourquoi nous sommes déterminés à rester aux côtés de l'Ukraine et à lui offrir notre soutien total par tous les moyens possibles. » En tout cas, c’est que laisse entendre, à tort, la piste audio de la vidéo, traduite en russe en bas de l’image.
Vérification faîte, la question du journaliste et la réponse de la porte-parole ont été manipulées. On le sait grâce à une recherche d’image inversée qui nous a permis de retrouver la vidéo originale. C’est-à-dire qu’on a pris une capture d’écran de cette vidéo manipulée, on l’a entrée dans un moteur de recherche pour retrouver d’où elle provenait. Grâce à ça, on sait que c’est le point presse de la Maison Blanche du 7 mai 2024, librement accessible en ligne sur YouTube, qui a été détourné.
L’utilisation de l’intelligence artificielleEn comparant la vidéo originale et la vidéo détournée, on comprend que Karine Jean-Pierre n’a jamais évoqué la Seconde Guerre mondiale lors de ce point presse. Concernant le journaliste, identifié comme le correspondant pour le quotidien londonien Independent, Andrew Feinberg, sa question portait non pas sur le soutien à l’Ukraine mais sur l’aide humanitaire à Gaza. On est donc face à un hyper trucage sonore, ou deep voice. Autrement dit, leur voix a été générée par une intelligence artificielle, ce qui permet de leur faire dire n’importe quoi.
Si certains hypertrucages sonores sont faciles à détecter à l’écoute, celui-ci est plutôt qualitatif. La différence entre la voix originale et la voix générée par l’intelligence artificielle est vraiment mince.
La seule façon de détecter la supercherie c’est de bien faire attention aux mouvements des lèvres qui ne collent pas avec le son. C’est particulièrement le cas au moment de la question du journaliste.
Propagande pro-russeD’après nos recherches, cette infox apparaît pour la première fois sur une chaîne Telegram russophone, déjà bien identifiée comme un vecteur de propagande du Kremlin. On y trouve régulièrement des fausses couvertures de journaux ou des faux reportages. Cette vidéo manipulée est ensuite apparue sur X, où elle cumule aujourd’hui plus d’un million de vues.
L’objectif de cette infox consiste à propager le récit déjà maintes fois démentie d’une Ukraine néo-nazie, et faire croire que les États-Unis les soutiennent, et qu’ils n’hésitent pas à réécrire l’histoire pour justifier ce soutien. Un narratif poussé par Vladimir Poutine depuis le début de la guerre en Ukraine.
En Inde, 970 millions d'électeurs sont appelés, jusqu’au 1er juin, à élire les 543 députés de la Lok Sabha, la chambre basse du Parlement. Le Premier ministre, Narendra Modi, est candidat à sa réélection et son parti, le BJP, est favori face au Congrès, le premier parti d’opposition. Cette semaine, les autorités électorales ont mis en garde les partis politiques contre la fabrication de fausses vidéos et l’utilisation abusive de l’intelligence artificielle qui perturbe le scrutin.
Depuis l’ouverture du scrutin le 19 avril 2024, l’apparition de vidéos manipulées, avec ou sans l’aide de l’intelligence artificielle, se multiplie sur les réseaux sociaux en Inde.
Un des cas marquants, qui a fait du bruit dans le pays, a ciblé l’actuel ministre de l’Intérieur et figure du BJP, Amit Shah. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on croit l’entendre promettre la fin des politiques de discrimination positive en faveur des Indiens pauvres et de basse caste. Sauf qu’il n’a jamais tenu ces propos qui lui sont attribués. Dans son véritable discours, sa promesse concernait la fin de ces mesures en faveur des musulmans de l'État de Telangana, dans le sud du pays. Conséquence, la police indienne a annoncé avoir arrêté plusieurs membres de l’équipe en charge des réseaux sociaux du parti d’opposition, soupçonnés d'être à l’origine de ce montage trompeur. Des arrestations jugées abusives par le parti du Congrès.
Désinformation tous azimutsL’opposition est, elle aussi, ciblée par des vidéos manipulées, à commencer par son leader, le député Rahul Gandhi. Dans un clip partagé sur X et Facebook, on croit l'entendre annoncer, en hindi, sa démission du parti du Congrès devant plusieurs journalistes. En réalité, l’audio a été manipulé. Dans la vidéo originale, Rahul Gandhi s’exprime en anglais. Il n’annonce pas sa démission mais prête serment au moment du dépôt de sa candidature pour les élections législatives.
Les responsables politiques sont loin d’être les seuls victimes. La désinformation touche aussi des célébrités indiennes. Ces dernières semaines, plusieurs vedettes du Bollywood ont vu leur image détournée avec des deep voices ou hypertrucages sonores : des vidéos modifiées avec un audio généré par l’intelligence artificielle. C’est notamment le cas des acteurs Ranveer Singh et Aamir Khan. Dans plusieurs clips vidéos, on peut les entendre critiquer Narendra Modi, l’accusant de ne pas tenir ses promesses et appelant à voter pour l’opposition. Des propos générés par l’intelligence artificielle que les deux stars ont formellement démentis.
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Brouiller la frontière entre le vrai et le fauxCes fausses informations sont relativement populaires sur les réseaux sociaux puisque la plupart d’entre elles cumulent plusieurs centaines de milliers, voire des millions de vues. Si les responsables politiques sont tenus de retirer tout contenu frauduleux dans les trois heures suivant une notification de la commission électorale, les infox publiées par d’autres comptes restent, quant à elles, toujours accessibles en ligne.
Si on ne peut pas connaître les conséquences directes de cette désinformation sur le vote des électeurs, le principal effet secondaire de cette épidémie de vidéos manipulées est la mise en doute permanente des contenus authentiques. Sous certaines vraies déclarations, des internautes crient à la manipulation, parlant à tort et à travers de l’utilisation de l’intelligence artificielle. Une remise en question systématique qui participe encore davantage à brouiller la frontière entre le vrai et le faux.
À un mois des élections européennes, plusieurs pays de l’Union sont victimes d’une vaste attaque informationnelle sur les réseaux sociaux. Cette campagne de manipulation, baptisée «Doppelgänger», clone en français, repose sur de faux sites et de faux articles de presse attribués à des médias réputés. La France, l’Allemagne et la Pologne figurent parmi les cibles prioritaires. Cette opération a pour but d’influencer les électeurs européens pour affaiblir le soutien à l’Ukraine.
Le Parisien et Le Point en France, Der Spiegel et Die Welt en Allemagne, ces derniers jours l’identité de plusieurs médias réputés est usurpée via ce que l’on appelle le typosquatting. Cette technique consiste à enregistrer volontairement des noms de domaines, des adresses internet, presque identiques à celles de grands médias, pour créer des sites miroirs. Leparisien.top au lieu de leparisien.fr ou lemonde.ltd au lieu de lemonde.fr par exemple.
Ces sites trompeurs imitent l’adresse, mais aussi le logo et la charte graphique des médias ciblés pour faire croire aux internautes qu’ils sont sur le site officiel, alors qu’en réalité, ils sont en train de lire un article qui n’a jamais été produit par la rédaction en question.
Ingérence numériqueLe but de ces articles fabriqués de toutes pièces est d’interférer dans les élections européennes en critiquant certains dirigeants et en présentant le soutien à l’Ukraine comme la raison de tous les problèmes sociaux et économiques de l’Europe. Les titres des faux articles sont évocateurs : « Macron oblige les Français à souffrir de faim mais à acheter des armes », « La droite va redonner des ailes à la France » ou encore « L’Ukraine a préparé une bombe à retardement pour l’Europe ».
En France, Emmanuel Macron est la cible privilégiée de ces faux articles qui appellent, pour certains, à voter pour le Rassemblement National. Chez nos voisins allemands, ils s’attaquent notamment au ministre de l’Économie et au parti des Verts.
DopplegängerPour mettre en avant ces faux sites, accessibles via un lien souvent douteux, un réseau de milliers de bots a été mis en place sur les réseaux sociaux. Ces faux comptes disposent de missions différentes. Certains sont chargés de publier le lien dans une publication, un tweet par exemple, souvent avec une phrase incitant au clic.
D’autres s’occupent de repartager massivement ce post, souvent dans l’espace commentaires de publications populaires, sans lien avec la politique ou l’Ukraine. L’objectif étant que des internautes tombent dessus par hasard, cliquent sur ce lien et pensent lire un véritable article.
Ce mode opératoire a déjà été largement documenté. Cette campagne de sites miroirs, baptisée Doppelganger, est en cours depuis plus de deux ans. De nouvelles vagues de faux sites émergent régulièrement et l’opération semble s'intensifier à l’approche des élections européennes. Les investigations de Facebook et Viginum, l’organisme français de lutte contre les ingérences numériques étrangères, ont déjà démontré l'implication directe d’acteurs russes dans cette campagne de désinformation.
Concernant ce nouvel épisode, on ne sait pas qui est derrière cette tentative d’ingérence. Jusqu’ici, les recherches en sources ouvertes ne permettent pas d’identifier un acteur ou une entité précise. Ce que l’on sait, c’est que les différents liens d’accès à ces sites miroirs renvoient vers une même adresse IP, le même numéro d'authentification. Cela indique qu’une seule et unique structure héberge cette opération de manipulation.
Le meilleur moyen de se prémunir de ces sites miroirs c’est d’être vigilant à l’URL de la page consultée, l’adresse inscrite dans la barre en haut du navigateur. En cas de doute, il faut vérifier qu’elle correspond bien à celle du site authentique. Pour RFI, l’URL doit commencer par rfi.fr. Si elle commence par rfi.ltd ou autre chose, il s’agit d’un site manipulé.
La fabrication de faux reportages est une technique de désinformation de plus en plus utilisée par la propagande russe ces dernières semaines. Ces vidéos, maquillées en productions journalistiques, se multiplient sur Telegram et les réseaux sociaux. Plusieurs médias occidentaux sont touchés : la BBC, Euronews, Die Welt, TF1, etc. Parmi les cibles récurrentes figurent également Radio France Internationale et France 24.
Que ce soit le logo en haut à droite de l’image, le style d’écriture, le format ou encore les crédits, à première vue, tout porte à croire que ces vidéos ont bien été produites par les rédactions ciblées. Mais en réalité, ces contenus usurpent l’identité de médias réputés, qu’ils soient allemands, français, polonais ou même indiens et israéliens. Ces vidéos respectent toutes scrupuleusement le même processus de fabrication. Chacune d'entre elles dure en moyenne une minute. Un texte imitant parfois fidèlement la charte graphique du média ciblé est apposé sur des images d’illustrations, sans faute d’orthographe, avec une musique neutre ou angoissante en fond. Le tout, dans le but de tromper la vigilance des internautes.
Ces productions mensongères, de bonne qualité, sont similaires aussi bien sur la forme que sur le fond. Sur la trentaine de faux reportages que nous avons identifiée, deux narratifs reviennent constamment. L’un dénonce la présence de réfugiés ukrainiens dans les pays occidentaux, les faisant passer pour des criminels, des drogués, ou encore des vecteurs de contaminations. L’autre s’attaque aux Jeux olympiques de Paris, et avance, à coup de fausses informations, que l’événement va être une catastrophe pour la France. Ces deux narratifs sont poussés par la propagande russe depuis plusieurs mois déjà.
L’autre élément commun à ces faux reportages, c’est l’utilisation systématique de citations créées de toutes pièces et attribuées à des politiques, des chefs d’entreprise, ou même des médecins.
Telegram, l’antichambre de la propagande russeSi ces faux reportages ne sont pas directement signés, l’analyse de leur circulation laisse peu de doute sur l’implication directe de la propagande russe. En retraçant l’apparition de ces faux reportages, nous avons pu identifier une petite dizaine de chaînes Telegram russophones, à l’origine de 90% de ces productions. Certaines sont populaires et comptabilisent des milliers d’abonnés, d’autres une petite centaine seulement.
L’infox est ensuite reprise sur Vkontakte, l’équivalent de Facebook en Russie, et par des sites internet russes avant, parfois, d’être relayés sur les réseaux sociaux de premier plan comme X et Facebook. Certains faux reportages cumulent ainsi plusieurs centaines de milliers de vues. Ce schéma de diffusion est typique des campagnes de désinformation russe.
Désinformer et discréditerCes faux reportages servent non seulement à tromper les internautes et à fracturer les sociétés occidentales, mais aussi à attaquer la crédibilité des médias réputés en jetant le doute sur l’authenticité de chacun de leur contenu. Après les fausses couvertures de journaux, les faux articles de presse, la propagande russe mise désormais sur ce nouvel outil de désinformation, peu coûteux à produire, et qui peut faire beaucoup de dégâts.
Pour s’en prémunir, le meilleur réflexe à adopter en cas de doute, c’est de remonter à la source. Si la vidéo est authentique, elle a été publiée par le média en question sur son site internet, ou sur ses réseaux sociaux officiels. Si vous ne la retrouvez pas, attention, il peut s’agir d’un faux reportage. Si vous avez un doute sur un contenu estampillé avec le logo de RFI, vous pouvez contacter notre cellule Info Vérif sur WhatsApp au +33 6 08 94 93 05.
From the publisher's feed
Info ou intox ? Chaque semaine, RFI épingle une de ces tentatives de manipulation de l’information, pour en expliquer les ressorts. Vous souhaitez que «Les dessous de l'infox» vérifie la véracité…

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