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Qu'est devenue la puissance des États-Unis ? Se réduit-elle à ses échecs récents ? Bousculée depuis le 11-Septembre, discréditée par l'aventure irakienne puis par l'isolationnisme des années Trump à la Maison-Blanche ou encore par le retrait désastreux d'Afghanistan ? Dans son ouvrage, Géopolitique de la puissance américaine, Laurence Nardon, spécialiste des États-Unis et chercheuse à l'Institut français des relations internationales (Ifri), passe en revue tous les attributs de cette puissance aujourd'hui alors qu'à deux mois de l'élection présidentielle, le monde se demande quelle direction prendra Washington.
Géopolitique de la puissance américaine, de Laurence Nardon, publié aux Presses Universitaires de France (PUF) en 28 août 2024.
À écouter aussiGéopolitique : les USA, puissance sur le déclin ?
En Haïti, cela fait deux mois que les policiers kényans ont été déployés - soit le premier contingent d'une force multinationale pour libérer le pays de l’emprise des gangs. Ce n’est pas la première fois que la communauté internationale intervient en Haïti, pour aider le pays, mais aussi avoir un poids sur place. L'Américain Jake Johnston est chercheur associé au Centre pour la recherche politique et économique de Washington. Dans son livre Aid State : Elite Panic, Disaster Capitalism and the Battle to Control Haiti, il s’est intéressé à tout le système d’aide mis en place après le tremblement de terre de 2010, par les États-Unis et la communauté internationale.
RFI : Au début de votre livre, vous racontez que, juste après le tremblement de terre, le président haïtien n’a même pas encore contacté tous ses ministres que les États-Unis ont déjà mis en place une cellule de crise. Selon vous, cela a beaucoup à voir avec la peur ?
Jake Johnston : Je pense que de bien des manières, la réponse internationale au tremblement de terre était motivée par une certaine peur qui existe depuis le début de l’histoire d’Haïti : la peur d’une République noire indépendante. Et même aujourd’hui, bien que le contexte soit différent, après le tremblement de terre, il y avait encore cette peur que dans l’effondrement de l’autorité, les pouvoirs en place — ces acteurs internationaux et cette élite locale qui contrôlent Haïti depuis si longtemps — soient en train de perdre le contrôle. C’est une peur qui a eu aussi des conséquences fatales. Parce que définir comme priorité la sécurité et les ressources militaires dans une situation qui exigeait une réponse humanitaire a ralenti la délivrance de cette aide.
Et quand l’aide alimentaire d’urgence est arrivée, ce fut un problème pour les agriculteurs haïtiens ?
Ce qui détermine le niveau d’aide alimentaire des États-Unis, ce ne sont pas les besoins sur le terrain, mais plutôt les cultures américaines dont les productions sont excédentaires : c’est un programme de subvention pour les fermiers américains. On prend ces excédents et on les lâche sur les pays en développement. Et après le tremblement de terre, quand il y a eu cette arrivée massive de nourriture importée et distribuée gratuitement, les fermiers haïtiens ne pouvaient tout simplement pas lutter.
À écouter dans GéopolitiqueAide internationale, vecteur d'émancipation ou de contrôle ?
Énormément d’argent a été récolté après le tremblement de terre, mais les Haïtiens n’ont pratiquement rien vu passer. Comment vous l’expliquez ?
Le système d’aide que nous avons créé, et que les pays riches soutiennent, est en grande partie fait pour bénéficier aux pays qui développent cette aide, et pas à ceux qui en ont besoin. Je ne veux pas dire que pas un dollar n’est arrivé en Haïti, mais il y a beaucoup de coûts additionnels : déjà, il y a 20 % de frais généraux pour tous les contrats signés avec les États-Unis, qui reviennent au siège des entreprises. Il faut aussi engager des étrangers, payer pour leur sécurité, leur voyage, et les installer en Haïti — au lieu d’employer des locaux.
Il y a aussi des « dysfonctionnements », le plus évident étant la construction promise par les États-Unis de 10 000 maisons destinées aux rescapés du tremblement de terre dans la région de Port-au-Prince.
D’abord, l’entreprise qui a eu le financement pour établir les plans et faire les études était dirigée par un ami d’enfance du président haïtien de l’époque. Ensuite, les contrats ne sont pas allés à des locaux, mais à de grandes entreprises internationales — qui ont importé une grande partie des matériaux. Les coûts ont explosé, les retards se sont accumulés. Et le département d’État américain a déplacé le projet à des heures de trajet vers le Nord, pour construire des maisons pour les employés d’un parc industriel que le gouvernement des États-Unis soutenait — au lieu d’en faire bénéficier les déplacés. Pire, il s’est avéré que les entrepreneurs ont utilisé un ciment de qualité inférieure. Le mécanisme bureaucratique qui a occulté tout cela a permis d’assurer une impunité qui dure encore. Cette histoire montre vraiment comment tout cela fonctionne et pourquoi cela continue.
Vous écrivez aussi que certaines compagnies ont vu le tremblement de terre comme une opportunité pour relancer les entreprises textiles à bas salaires, qui avaient été très nombreuses dans les années 1970 et 1980 en Haïti.
C’est un modèle de développement en place depuis très longtemps en Haïti. On peut remonter à l’esclavage et à la colonisation — la population utilisée comme main-d’œuvre pour exporter des biens pour les riches habitants de capitales étrangères. Pendant la dictature de François Duvalier [1957-1971], Haïti était présenté avec le modèle des entreprises textiles à bas salaires, comme le Taïwan des Caraïbes. C’est vrai que cela créait des emplois, mais pas de développement économique, car c’était tourné vers l’étranger. Et même si, clairement, cela n’avait pas fonctionné, le tremblement de terre a été vu comme l’occasion d’essayer d’aller, une fois de plus, vers ces politiques économiques.
Le plus choquant, ce n’est pas que des entreprises veuillent le faire. C’est que les États-Unis et d’autres agences d’aides multilatérales aient utilisé des milliards de dollars de fonds levés après le tremblement de terre pour financer les efforts de ces entreprises.
À écouterGarry Conille : « Avec cet accompagnement de la communauté internationale, nous allons réussir »
Vous écrivez que la politique haïtienne, y compris le choix du président, est très influencée depuis le tremblement de terre par les États-Unis et la communauté internationale.
C’est le cas depuis longtemps. Mais ce qu’on a vu après le tremblement de terre était particulièrement osé. Il y a eu une élection. La communauté internationale avait en quelque sorte décidé de mettre sur le dos du gouvernement l’échec de l’effort de reconstruction — un échec pourtant en grande partie causé par leur propre système d’aide et leurs politiques. Il leur était donc essentiel de trouver un nouveau partenaire.
Il y a eu un conflit autour de cette élection, la communauté internationale a envoyé une équipe de l’Organisation des États américains. Ce qu’ils ont fait était vraiment inédit dans l’histoire des observations d’élections : sans recompter aucun vote, ils ont recommandé de remplacer le candidat arrivé second — et soutenu par le gouvernement — par celui qui était arrivé troisième, le populiste et ancien musicien Michel Martelly. Ce qui a facilité son arrivée au pouvoir. Michel Martelly qui, pour en revenir à la violence et l’instabilité que nous voyons aujourd’hui en Haïti, a été accusé par les Nations unies d’avoir financé, armé et dirigé ces groupes armés.
Et vous dites que ce que la communauté internationale recherche avant tout, c’est la stabilité.
Quand la communauté internationale parle de stabilité en Haïti, habituellement, elle veut dire « stabilité pour les investissements étrangers et pour les élites locales ». La réalité, c’est que cette stabilité, c’est très exactement ce qui génère l’instabilité dans le pays. Car ce n’est pas soutenable pour la majorité de la population. Et une très grande partie des tensions aujourd’hui en Haïti viennent de là : cette question de « la stabilité pour qui, et qui au final bénéficie de ces politiques ».
Vous pensez que les États-Unis et la communauté internationale ont une responsabilité dans la situation actuelle ?
Sans aucun doute ! Ce qui ne veut pas dire qu’ils soient les seuls responsables. On parle là de la manière dont Haïti interagit avec la communauté internationale – les États-Unis surtout, probablement, mais aussi la France, le Canada et d’autres. Ces politiques n’ont pu être mises en place en Haïti qu’avec l’accord ou l’implication d’acteurs politiques et économiques locaux, qui depuis de très nombreuses années sont l’allié durable de la communauté internationale. Et c’est ce nexus, cette connexion qui a vraiment dominé les politiques en Haïti, et qui finalement porte la responsabilité de la situation actuelle.
C’est pour cela que je pense que parler d’Haïti comme d’un État défaillant, c’est absolument faux : ce ne sont pas les Haïtiens qui ont été en charge de leur pays ou capables d’en choisir la trajectoire. Elle l’a été par une petite élite locale, en concertation directe avec des acteurs internationaux. C’est pour cela qu'à l'expression « Failed State », État défaillant, je préfère l’expression « Aid State », l’État de l’aide.
Deena Mohamed fait partie de la nouvelle garde de la bande dessinée égyptienne. Installée au Caire, elle dessine depuis son enfance. En 2013, à 18 ans, elle publie son premier ouvrage, Qahera, dans le sillage de la révolution égyptienne. Elle y mettait en scène une super-héroïne musulmane qui combat les codes, les traditions, les propos intégristes et misogynes. Cette année, la dessinatrice égyptienne revient avec une nouvelle bande dessinée, Shubeik Lubeik, littéralement « Vos désirs sont des ordres », qui vient d’être traduite en français. L’autrice est au micro de RFI.
► Les trois tomes de Shubeik Lubeik, compilés en un exemplaire et traduit en langue française, sont à retrouver en libraire aux éditions Steinkis, 2024.
Il y a 50 ans, le 9 août 1974, le président Nixon démissionnait en plein scandale du Watergate. Dans la biographie Richard Nixon, Antoine Coppolani décrit un prince des ténèbres qui se voulait homme de paix et qui a passé 50 ans au cœur de la scène politique américaine. Antoine Coppolani est vice-président délégué aux relations internationales et à la francophonie à l’Université Paul Valéry-Montpellier III.
À lire aussiLe scandale du Watergate: l’enquête qui fit tomber le président Richard Nixon
Rares sont les livres critiques en provenance du Tibet. La Chine gouverne les hauts plateaux himalayens d’une main de fer depuis 1959, et rien n’échappe à la censure. Rien ou presque. Dans son livre Amnyé Machen, Amnyé Machen, la poétesse tibétaine Tsering Woeser raconte son pèlerinage autour de cette montagne sacrée du nord-est du Tibet. Témoignage émouvant, mais aussi révoltant, car il nous donne à voir la fin d’un monde. Heike Schmidt a rencontré la tibétologue Katia Buffetrille, sa compagne de pèlerinage.
Amnyé Machen, Amnyé Machen de Tsering Woeser, publié aux éditions Jentayu, 2024.
À écouter aussiLittérature sans frontière: Tsering Yangzom Lama, son chant d'amour pour le Tibet
Après les années Covid et malgré un ralentissement du financement des infrastructures en Afrique, la Chine recommence à investir sur le Continent et à signer des contrats de construction et d'extraction de minerais critiques. Plus que jamais, Pékin poursuit sa stratégie de puissance de Dakar à Johannesburg. C'est tout l'intérêt du livre Chine, puissance africaine, de Xavier Aurégan, chercheur à l'Université catholique de Lille, qui propose une géopolitique des relations sino-africaines. En quoi l'Afrique est-elle un laboratoire pour la Chine ? Comment décrire les présences chinoises dans les pays africains ? Décryptage.
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C’est dans les crises que l’Europe se révèle. On l’a vu ces dernières années avec la guerre en Ukraine et la pandémie de Covid-19, deux moments clés qui ont poussé l’Union à penser stratégie de défense et emprunt général. Ce tournant idéologique et historique annonce-t-il l’avènement d’une Union européenne devenue une véritable puissance publique et non le simple régulateur du grand marché économique et monétaire ? C’est la question que posent Antoine Vauchez et Eric Monnet dans L’Europe : du marché à la puissance publique ?
Explications avec Antoine Vauchez, directeur de recherche au CNRS et directeur du centre européen de sociologie et science politique (EHESS - Université Paris 1).
Elles sont les grandes oubliées dans l’analyse des relations internationales : les petites puissances. Qu’elles rayonnent économiquement comme Singapour ou qu’elles jouent un rôle stratégique militaire comme l’Ukraine, l’histoire récente des « petites puissances » nous prouve que celles-ci, pourtant au cœur des crises actuelles et en devenir, ont été bien trop sous-estimées. Au point de biaiser l’analyse des enjeux du monde ? C’est la thèse défendue par Thibaut Fouillet, directeur scientifique de l’Institut d'études de stratégie et de défense (IESD) de l’Université Jean Moulin Lyon 3, dans son dernier ouvrage Géopolitique des petites puissances.
Géopolitiques des petites puissances de Thibaut Fouillet, aux éditions La Découverte, 2024.
À écouter aussi«Les voies de la puissance»: un essai sur l’évolution de l’état du monde
Le chercheur Stéphane Lacroix publie aux éditions du CNRS Le crépuscule des Saints, consacré au salafisme en Égypte, ce « mouvement puritain ultraconservateur de l'islam sunnite ». Il décrypte entre autres, dans ce livre, les liens du salafisme avec les Frères musulmans ainsi qu'avec le pouvoir politique égyptien.
Neuf mois de guerre à Gaza, 7-Octobre en Israël, autant de nouveaux chapitres dans l’interminable conflit israélo-palestinien. Sous la plume de trois anciens correspondants du journal Le Monde dans la région, Benjamin Barthe, Gilles Paris et Piotr Smolar, le livre La guerre sans fin, publié aux éditions de l'Aube, revient sur les origines du conflit : « De la naissance du sionisme, sur fond de persécutions antijuives, à la fin du XIXe siècle, au raidissement identitaire d’Israël et à l’impasse politique palestinienne qui menacent, d’enterrer la solution à deux États ». Entretien avec l'un des auteurs, Benjamin Barthe.
RFI : Vous avez choisi d'éclairer le conflit actuel à Gaza en mettant en exergue cinq chapitres de l'histoire de la Palestine et d'Israël. Parmi ces chapitres, la création de l'État israélien en 1948, au lendemain de la Shoah. La naissance de cet État s'est faite dans la douleur pour la population arabe, majoritaire dans la Palestine mandataire. C'est la fameuse Nakba, qui fait écho à ce qui se passe aujourd'hui à Gaza.
Benjamin Barthe : Oui, effectivement, c'est un peu le traumatisme fondateur qui, aujourd'hui, est peut-être dépassé en matière de tragique par ce qui se passe à Gaza. Il faut bien comprendre que Gaza, en termes de tueries, en termes de déplacements de population, c'est beaucoup plus massif que ce à quoi on a assisté en 1948 lors de la Nakba. Donc, il y a un deuxième traumatisme qui est en train de se surajouter à celui de 1948, qui est celui de Gaza, qui est vécu de manière extrêmement violente par toute la population palestinienne, en Cisjordanie, à Gaza évidemment, et puis également en Israël, au sein de la population palestinienne d'Israël.
Donc la Nakba, qu'est-ce que c'est ? C'est le naufrage, c'est l'engloutissement de la Palestine. Il y avait un pays et en l'espace de quelques semaines, l'essentiel de la population est expulsée de ses foyers. Et à la place de cette population s'installe une population juive qui va très très vite croître parce que, à partir de la création de l'État d'Israël en mai 1948, le nouvel État va faire venir d'autres populations, notamment du monde arabe, qui vont s'installer dans les maisons, dans les domiciles désormais vacants des Palestiniens qui ont été obligés de faire place nette et qui sont partis s'installer dans des camps de réfugiés en Cisjordanie, à Gaza, au Liban, en Jordanie et en Syrie.
À lire aussi75 ans de la Nakba: «Cette histoire est aussi notre histoire à nous, Israéliens»
Ce conflit israélo-palestinien est marqué par une « malédiction », dites-vous dans la préface de votre livre. C'est une succession d'occasions manquées de créer un État palestinien, de faire la paix. Les Israéliens et les Palestiniens se renvoient les responsabilités depuis des dizaines d'années. À qui la faute, finalement ?
Je me garderai de conclure afin de répondre de manière tranchée et catégorique à cette question. Ce qui est évident, c'est qu'il y a eu à un moment — au début du processus de paix, alors que tous les paramètres incitaient au pessimisme — une espèce d'alchimie qui s'est mise en place entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin, mais qui très vite va avorter avec l'assassinat de Yitzhak Rabin en 1995. Donc, on ne sait pas, en définitive, si ces deux hommes auraient eu la possibilité de faire le chemin jusqu'au bout. Il y a eu des négociations, il y a eu des ébauches d'accords de paix qui ont été rédigées des deux côtés. Mais il n'y a jamais eu ce frémissement qu'on a senti à l'époque d'Oslo et qui aurait pu, dans un autre contexte, sans l'assassinat de Yitzhak Rabin, sans également les attentats suicides qui ont également contribué à crisper les positions, sans la poursuite de la colonisation — le troisième facteur extrêmement déstabilisateur. Sans tous ces paramètres-là, on aurait pu déboucher à autre chose. L'histoire aurait pu être différente.
Il y a eu les attaques atroces du 7-Octobre commises par le Hamas et la réplique disproportionnée d'Israël contre les Gazaouis. Vous écrivez à la fin de votre livre : « Pour Israël comme pour le Hamas, l'heure du bilan devra venir. » Mais la solution, semblez-vous dire, ne peut venir que de pressions extérieures ?
Les gouvernements israéliens successifs n'ont jamais été obligés de payer le prix du statu quo. Le maintien du statu quo a toujours été moins coûteux et moins dommageable politiquement que le risque de la paix. Autrement dit, tant qu'il n'y aura pas de pression véritable sur le gouvernement israélien, tant qu'il n'y aura pas, peut-être, des formes de sanctions, un rappel très net au droit international et à l'obligation du respect du droit international, il est assez vain d'imaginer que le gouvernement israélien se conforme à ce droit international et aux obligations qui en incombent. Donc, il y a véritablement, de ce point de vue là, une responsabilité de la communauté internationale très, très forte qui, plutôt que de répéter de manière un peu incantatoire, un peu lancinante et somme toute assez vaine, les éléments de langage du processus de paix, comme on l'a vu dans les années 1990, la condamnation de la colonisation, etc. Désormais, il faut que l'appel à la création d'un État palestinien s'accompagne de véritables leviers de pression, de quelque chose de beaucoup plus concret et de moins rhétorique que pendant les années d'Oslo.
À écouter aussiGaza, un désastre humanitaire
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Tous les samedis, un journaliste de la rédaction rencontre un auteur de livre consacré à l’actualité internationale. L’occasion d’approfondir un sujet précis qui fait -ou non- la Une de l’actualité…

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