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Clair-obscur, c'est le titre de la nouvelle exposition de la Bourse de Commerce jusqu'au 24 août. Elle fait référence au clair-obscur du 16e siècle et à Caravage. Mais, cette fois, il s'agit d'art contemporain et moderne, issu de la collection Pinault. Ou comment les artistes recherchent la lumière dans le noir, un espoir en ces temps obscurs.
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C'est la première fois que le peintre égyptien Hamed Abdalla, disparu en 1985, bénéficie d'une rétrospective en France. En ce moment, et jusqu'au 12 juillet 2026, l'Institut du monde arabe-Tourcoing rend hommage au peintre prolifique, inventeur du « mot forme », et dont le parcours nous informe autant sur sa propre trajectoire que sur celle de son pays.
C'est la couleur, d'abord, qui saute aux yeux. L'exposition Hamed Abdalla : Signes d'Égypte a recouvert les murs de l'IMA-Tourcoing des teintes chères au peintre : l'ocre, le brun, mais aussi des rouges vifs, des verts profonds et des bleus électriques. Dès les premiers pas, plongée garantie donc dans l'univers du peintre, encore aujourd'hui relativement confidentiel en France. « C'est assez paradoxal, pointe la directrice du musée, Katia Boudoyan. Hamed Abdalla reste assez méconnu du public, alors même qu'il bénéficie d'une reconnaissance internationale dans le monde de l'art et dans les musées. »
Et de reconnaissance, on en fait difficilement de plus éclatante : le peintre né en Égypte – pays auquel il est resté profondément attaché malgré ses exils successifs au Danemark et en France – est aujourd'hui exposé aussi bien à la Tate Gallery, à Londres, qu'au Metropolitan Museum of Arts à New York et qu'au Mathaf à Doha. « Il nous semblait donc important, poursuit Katia Boudoyan, de faire connaître au public cet artiste qui se caractérise aussi bien par la diversité de son esthétique que par son regard sur l'histoire égyptienne. »
Un touche-à-tout des arts visuelsLa diversité de l'art selon Abdalla, d'abord. Sur la centaine de pièces récoltées auprès de la famille du peintre, on trouve aussi bien des lithographies que des peintures à l'acrylique ou à la gouache – mais aussi des supports plus surprenants. « Tout au long de sa vie, Hamed Abdalla n'a cessé d'expérimenter, sourit Nada Majdoub, la commissaire en charge de l'exposition. Il a peint à l'encaustique, s'est servi de techniques sur papier froissé, de papier de soie imbibé d'encre et roulé en boule. » Quelques mètres plus loin, elle renchérit : « Il a même peint avec du goudron ! »
Ces explorations diverses et variées ont toutefois toutes une même ligne de vie : le mot-forme, une invention d'Hamed Abdalla, à la croisée entre calligraphie et figuration. Un « véritable pied-de-nez », selon Nada Majdoub, « puisque dans l'islam, la figuration est mal vue. » Ici, Hamed Abdalla trouve, dans l'écriture des mots arabes, des formes correspondant au sens du mot. Le mot « la guerre » prend par exemple la forme d'un taureau cornu sur fond noir, tandis que « la capitulation » se confond avec la représentation d'une silhouette prostrée. « Pour comprendre l'œuvre d'Hamed Abdalla, il faut bien distinguer la lisibilité et l'intelligibilité. La lisibilité, c'est, si l'on veut, la première couche, détaille Nada Majdoub. Mais, ce qui l'intéresse vraiment, c'est l'intelligibilité : pouvoir être compris par des personnes qui ne lisent pas l'arabe, ou qui ne savent pas lire, qui ne peuvent lire que les images. »
Une œuvre profondément politiqueLes mots-formes d'Hamed Abdalla ont aussi rythmé – ou en tout cas gardé la mémoire – des soubresauts politiques de l'Égypte, et plus largement du Moyen-Orient. La guerre, la capitulation, ou au contraire la révolte et la liberté : autant de mots qui reflètent l'histoire de l'Égypte, à laquelle le peintre s'intéressait de près. « Son œuvre fait vraiment écho aux grands moments de l'Égypte de la seconde moitié du XXe siècle, appuie la directrice du musée Katia Boudoyan, qu'il s'agisse de moments douloureux ou de construction. »
L'artiste a toujours porté un regard profondément engagé sur son pays, mais aussi sur ses voisins, et notamment la Palestine. Ce n'est donc « pas anodin » de lui consacrer une exposition en 2026, pointe l'historienne, « au regard de l'actualité qui frappe l'Orient et le Moyen-Orient. Son engagement est toujours d'actualité. » Et Nada Majdoub de conclure : « Ce que cette exposition essaie de faire, c'est d'expliquer l'histoire telle qu'elle est depuis un siècle, et de faire comprendre aussi que ce à quoi l'on assiste en ce moment n'a pas commencé aujourd'hui. Il s'agit de laisser cette histoire s'installer dans le temps long, et de l'observer à travers l'œil d'un artiste. » Les signes d'Égypte d'Hamed Abdalla n'attendent plus que d'être déchiffrés.
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Matisse 1941-1954, c'est le titre de l'exposition qui vient de s'ouvrir au Grand Palais, co-produite par le Centre Pompidou. Elle met en lumière la dernière période du peintre, de ses 70 à 84 ans, alors qu'il était gravement malade. Handicapé et diminué, il produira pourtant comme jamais. Une œuvre lumineuse foisonnante de couleurs, de formes et d'une créativité porteuse d'espoir. L'exposition rassemble 300 œuvres. Si la moitié viennent du Centre Pompidou, plus de 60 prêteurs ont permis de constituer des ensembles rarement montrés.
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La 4ᵉ édition du festival Babel Music XP se tenait du 19 au 21 mars à Marseille, dans le sud de la France. Pendant trois jours et trois nuits, la ville est devenue l'épicentre méditerranéen des musiques actuelles du monde. Producteurs, managers, directeurs de labels ou de festivals : plus de 2 000 professionnels de l'industrie musicale venus du monde entier s'y sont rencontrés autour de conférences, de tables rondes ou encore de speed-meetings.
Deux professionnels de la musique assis face à face autour d'une table avec dix minutes top chrono pour se rencontrer : c'est le principe des speed-meetings du Babel Music XP. L'une des sessions était entièrement dédiée aux musiques du Gabon. Parmi les représentants du pays présents, Jean Remy Ogoula Latif, directeur artistique de CAE Culture prod – La créativité africaine pour l'excellence, a un objectif très clair : « Que le monde sache qu'il y a des choses qui se passent au Gabon. Les rares fois où on entend parler du Gabon, c'est sur des questions politiques, alors que la culture est aussi présente, plein d'artistes viennent chez nous. Au-delà du Cameroun où on sait que ça bouge, de la RDC où on sait que ça bouge, du Sénégal, de la Côte d'Ivoire, du Bénin… le Gabon aussi bouge ! », s'exclame-t-il.
Face à lui, plusieurs professionnels venus de différents horizons cherchent à collaborer ou à programmer leurs artistes dans différents évènements culturels du Gabon. D'autres, à l'inverse, cherchent des artistes gabonais à accompagner et à soutenir.
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La difficile question du financementMais au-delà des affinités musicales et artistiques, la question du budget est centrale. Jean Remy Ogoula Latif pose constamment la question des subventions possibles via le ministère de la Culture, les collectivités territoriales ou les établissements publics, afin de faciliter le transport des artistes entre l'Afrique et l'Europe.
« Un artiste à qui on peut payer un cachet de 1 000 euros ou 2 000 euros vient rarement seul. Ils sont à deux, trois, quatre, voire cinq. Quand chaque billet coûte 1 200 euros, on arrive vite à près de 10 000 euros. Pour 2 000 euros de cachet, c'est lourd. Donc on essaye de voir les mécanismes et les solutions pour pouvoir avancer », explique-t-il.
Entretiens express, collaborations durablesBien plus efficaces que des échanges de mails impersonnels, les speed-meetings permettent de nouer un vrai contact et d'aborder sans détour les questions de budget ou bien encore de visas. Et même si les 10 minutes accordées passent souvent trop vite, les rencontres en présentiel fonctionnent mieux, les partenariats se mettent en place, et la magie opère.
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Beverly Buchanan, l'artiste afro-américaine, est en majesté au Fonds régional d'art contemporain (FRAC), à Metz dans l'est de la France. Née en Caroline du Nord en 1940, elle est d'abord éducatrice et agente de santé avant de se consacrer à l'art. Son inspiration prend sa source dans le monde rural et dans le mode de vie des communautés afro-américaines. Dessins, peintures, sculptures, collages ancrés dans la culture vernaculaire du sud des États-Unis témoignent de la richesse de son art.
« Ils ont voulu nous enterrer, ils ne savaient pas que nous étions des graines. » Inspirée par cette devise de résistance, une soirée musicale, poétique et politique rend hommage aux victimes du régime iranien. Sobrement intitulé Pour l’Iran, cet événement collectif réunit le 15 mars 2026 une vingtaine d’artistes iraniens et internationaux au New Morning. Une manière de faire résonner depuis Paris la détermination d’un peuple qui continue de réclamer démocratie et liberté.
La programmation du concert est ici.
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Et si l'échec faisait partie de la réussite ? Jusqu'au 17 mai 2026, le musée des Arts et Métiers, à Paris, propose l'exposition Flops ?! Oser, rater, innover. L'occasion de s'offrir un bon moment de rigolade devant certains objets loufoques dont on comprend l'insuccès. Mais surtout, l'occasion de s'interroger sur la notion d'échec et de la dédramatiser.
Les galeries du musée des Arts et Métiers ne désemplissent pas depuis la fin octobre. Petits et grands, de 7 à 77 ans, tous se pressent pour découvrir l'exposition Flops ?! Oser, rater, innover, aussi ludique que complète. On découvre, au fil du parcours, une poupée mangeuse de frites qui risquait de croquer les doigts de son propriétaire au passage ; un jeu de société conçu par Donald Trump et qui n'est pas passé à la postérité, les règles étant incompréhensibles ; une crème de jour au radium promettant une peau lumineuse ; ou encore une poupée Barbie « puberté » dont il fallait tordre le bras pour que sa poitrine pousse…
Métaphysique du flopAu-delà de rire, il s'agit aussi d'analyser le flop. Dès l'entrée, le visiteur est plongé dans le bain : « On a voulu montrer les diverses raisons de l'échec, du bide, du flop », sourit Karine Alexandrian, la cheffe de projet de cette exposition. Eh oui ! Car faire un flop, ce n'est pas forcément la faute d'une idée absurde ou d'un problème technique. « On pense "flop" et on imagine une fusée qui explose ou le Titanic qui coule. Mais c'est beaucoup plus compliqué que cela ! », pointe doctement Karine Alexandrian. Le musée a identifié sept façons de « flopper » – mais, « le flop [étant] ancestral », d'autres façons de faire existent probablement !
Il y a donc le fameux problème technique, mais aussi l'idée trop en avance sur son temps – comme le fardier de Cugnot, sorte de voiture à vapeur ; la démesure humaine, qui pousse à sous-estimer la nature – le Titanic ! ; le fait de passer à côté de la bonne idée ; l'impraticité d'un objet ; ou encore le refus de l'usager d'adopter une invention. « L'idée, c'est de montrer que le parcours pour aller d'une invention à une innovation – c'est-à-dire, une invention qui a réussi – est parfois très chaotique », souligne la cheffe de projet du MuAM.
Dédramatiser l'échecAu-delà de ça, il s'agit aussi de questionner notre relation à l'échec. « On a souvent l'impression que les objets tombent du ciel, précise Karine Alexandrian, et qu'ils sont déjà réussis. Or, le chemin vers la réussite est souvent jalonné de moult échecs. »
Pour preuve : la section de l'exposition dédiée aux technologies récentes. On y retrouve des objets qui ne sont pas passés à la postérité, comme le Bi-bop, premier téléphone portable en France, qui nécessitait, pour communiquer, d'être à proximité d'une borne... et que son interlocuteur le soit, lui aussi, et au même moment ! Figure aussi, dans cette vitrine, la Wii U, échec commercial cuisant pour Nintendo. « Pourtant, sans la Wii U, il n'y aurait probablement pas la Nintendo Switch », pointe Karine Alexandrian. De même que le Bi-bop a probablement pavé la voie pour les communications mobiles telles qu'on les connaît aujourd'hui.
L'échec n'est donc pas un drame, simplement une étape du parcours et une donnée à intégrer. « Un échec reste un échec, analyse le designer et architecte Philippe Starck, parrain de l'exposition. Pour ma part, je déteste l'échec et j'essaie de le fuir autant que possible. Mais en même temps, l'échec fait partie du parcours de création. Donc, face à l'échec, si l'on est positif et intelligent, on essaie de l'analyser et de s'en servir. »
Flops ?!, un véritable succès !Ce discours semble résonner pour les centaines de visiteurs qui se pressent chaque jour dans le musée. « On ne s'attendait pas à une telle affluence, souffle Karine Alexandrian. Mais je pense que cela fait du bien aux gens de voir que l'échec n'est pas forcément un drame. » Et peut-être particulièrement aux plus jeunes, dont les rires résonnent dans les allées de l'exposition. Mission accomplie ? « C'est un message qu'il nous semblait important de transmettre au public, et particulièrement au jeune public », se félicite en tout cas la responsable des collections. Un public qui se souviendra sûrement, en quittant le musée, que la maxime « qui ne tente rien n'a rien » est finalement assez juste... et même scientifiquement exacte !
Flops ?! Oser, rater, innover au musée des Arts et Métiers (Paris) jusqu'au 17 mai 2026.
À écouter dans L'art de raconter le mondeAux Arts et Métiers, le top des flops !
Leonora Carrington est une figure culte au Mexique, à l'instar de Frida Kahlo. Pourtant, cette artiste reste méconnue en France. Le musée du Luxembourg répare cet oubli en lui consacrant la première grande exposition en Europe. Née en Grande-Bretagne en 1917 et décédée au Mexique en 2011, elle laisse après elle une œuvre foisonnante surréaliste, féministe avant l'heure, et empreinte de magie.
Depuis 1989, Dana Lixenberg sillonne les États-Unis, sa chambre photographique à la main. Peu connue en France, la photographe néerlandaise a pourtant immortalisé les plus grands (Prince, Donald et Ivana Trump, Jay Z) autant que des inconnus croisés au hasard de ses projets personnels. La Maison européenne de la Photographie, à Paris, lui offre sa première rétrospective française, qui dresse un portrait de l'Amérique entre paillettes et précarité, loin des clichés.
Ils se font face, dans une même pièce : le rappeur Tupac Shakur, Ivana Trump, une condamnée à mort et plusieurs étudiants à l'université. Dès l'entrée dans l'exposition American Images à la MEP, le décor est posé : ici, il n'y a pas de traitement de faveur ; ici, on photographie tout le monde, avec les mêmes égards.
Un procédé à la chambre photographiqueCar ce qui importe à la photographe néerlandaise Dana Lixenberg, arrivée pour la première fois aux États-Unis en 1989, ce n'est pas l'image publique ni les paillettes : c'est la rencontre. « Ce qui compte chez elle, c'est le regard de l'autre, la rencontre avec l'autre, sa dignité », pointe Laurie Hurwitz, la co-commissaire de l'exposition. Un échange que l'artiste facilite avec un procédé qui lui est cher : celui de la chambre photographique. « C'est un appareil qui est difficile à manier, il faut prendre son temps », explique Laurie Hurwitz. C'est ce temps, pour installer le matériel, le poser, que Dana Lixenberg met à profit pour capter l'intimité de son modèle, et saisir un instant de vulnérabilité – comme dans cette rare image d'une Ivana Trump abandonnée. L'artiste elle-même qualifie son procédé de « danse lente » avec ses sujets.
« Ma façon de photographier requiert beaucoup d'attention. Il faut vraiment travailler avec la personne que vous prenez en photo ; et cela a posé les bases de tout mon travail, raconte Dana Lixenberg. Le premier regard, la première impression, ça ne m'intéresse pas. L'objectif, c'est toujours d'aller au-delà. »
Une étape cruciale du travail de Dana Lixenberg consiste donc à photographier au Polaroïd ses modèles, avant de passer à la chambre photographique. « Cela me permet d'avoir une idée du résultat, de leur montrer, et de les mettre en confiance », explique la photographe… Avant d'ajouter, espiègle : « Ceci dit, parfois, je choisis de ne pas leur montrer, si ça risque de ne pas leur plaire ! »
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Imperial Courts, un projet sans date de finCe procédé, qui a mené Dana Lixenberg sur la trace des plus grands noms des années 1990 – notamment dans la sphère hip-hop –, lui a aussi ouvert les portes d'Imperial Courts, quartier sensible de Los Angeles, où elle pose son appareil pour la première fois en 1993.
À l'époque, la ville se remet tout juste des émeutes provoquées par le passage à tabac de Rodney King, un jeune homme noir tabassé par des policiers blancs. Les médias dépeignent les quartiers où ont eu lieu les émeutes sous un jour très négatif : danger, violence, misère. Fidèle à son précepte de ne jamais se fier au premier coup d'œil, Dana Lixenberg décide d'en avoir le cœur net.
Ce qu'elle y découvre est très éloigné du portrait présenté à l'époque dans les médias : « En fait, c'est un quartier plein de vie ! », s'exclame-t-elle. Où la violence est présente, certes. Mais où l'on célèbre aussi des mariages et des naissances, où des jeunes filles s'apprêtent, où des morts sont commémorés. Tout cela apparaît au gré des photos prises ces 30 dernières années – car, inlassablement, Dana Lixenberg est revenue dans ce quartier.
« Ce projet est devenu tellement personnel, souffle-t-elle. Les habitants du quartier m'ont vu traverser de nombreuses épreuves, vieillir... Et eux aussi sont devenus plus âgés, ils ont perdu des gens parfois ». Au fil de l'exposition, on découvre donc les mêmes personnes photographiées enfants, adolescents, puis pour certains, adultes. On suit, grâce au regard plein d'humanité de la photographe, les joies, les peines, les passages en prison. Comme une cartographie de la vie à Imperial Courts : « Ce travail est important pour eux ; en réalité, c'est leur mémoire ».
Des projets de plus en plus intimistes et humanistesPeu à peu, avec le temps, Dana Lixenberg a abandonné les tapis rouges et le charme feutré des hôtels luxueux où elle rencontrait les personnalités les plus en vue de l'époque. Sans doute le début d'Imperial Courts a-t-il été une charnière ? En tout cas, ces vingt dernières années, la désormais sexagénaire a photographié les coins des États-Unis habituellement laissés dans l'ombre. Tel ce foyer d'accueil pour personnes sans abri, à Jeffersonville, dans l'Indiana. Loin des idées reçues sur le sans-abrisme, elle photographie ses sujets dans toute leur diversité : des hommes seuls, des enfants, des jeunes femmes apprêtées. Aucun contexte n'est donné sur ces images, seulement le nom et le prénom de la personne photographiée, comme pour les débarrasser de tous les stéréotypes qui pourraient leur coller à la peau.
On sort de cette rétrospective étourdi par la diversité et le nombre des images. On revient sur le titre de l'exposition : American Images. Quelle image de l'Amérique, justement, ces photos donnent-elles ? « Elles apportent un regard nuancé, estime Laurie Hurwitz. Cette exposition montre l'image des États-Unis tels qu'ils voudraient être vus, mais elle montre aussi la grande fragilité de la vie en Amérique. » Dana Lixenberg, elle, se montre plus mystérieuse : « Je ne sais pas quelle image cela donne exactement. Je crois que cela, c'est à vous de me le dire. » Une image sans complaisance, assurément ; sans empathie, certainement pas.
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« Ici c'est Paris, Paris est magique » : tous les amateurs de football, amateurs du Paris Saint-Germain ou non, connaissent ce chant emblématique des supporters du club. Mais le PSG a décidé d'enrichir son paysage sonore, avec une initiative inédite : un laboratoire musical, où des dizaines d'artistes contribuent à renouveler les hymnes, jingles et chants du club.
Une fois n'est pas coutume, l'ambiance au Parc des Princes n'est pas en gradins, ce samedi 28 février 2026, mais dans les loges des footballeurs du PSG. Le temps d'un week-end, ces dernières ont été converties en studios d'enregistrement. Et pour cause : 75 artistes planchent sur la nouvelle identité sonore du club.
Depuis la veille, de 14 heures à 2 heures du matin, ces musiciens, producteurs et beatmakers réfléchissent aux futurs jingles buts, hymnes et chants de supporters du PSG – une mixtape est même en préparation. Ils viennent de 16 pays différents – France, Angleterre, mais aussi Brésil ou Japon –, et si certains sont déjà confirmés, pour d'autres, c'est la découverte.
« Je suis archi-content », jubile ainsi RDN, jeune rappeur de région parisienne qui fait partie des trois profils « rookies » sélectionnés parmi plus de 1 000 dossiers en début d'année. « Je suis passionné de musique, mais aussi du PSG. Je suis un supporter du club depuis tout petit, alors j'ai même du mal à croire que je suis là ! », s'enthousiasme-t-il encore.
Pour lui comme pour les dizaines d'autres artistes présents, ce week-end de « laboratoire musical » représente une véritable opportunité. L'occasion de rencontrer des professionnels du secteur, de recueillir leurs conseils, mais aussi d'alimenter leurs réseaux sociaux.
Une ambiance studieuseAlors, pas question de s'éparpiller : même si, d'un studio à l'autre, l'ambiance est plus ou moins bruyante, elle est, dans tous les cas, studieuse. Il faut dire que les instructions données par le club sont claires, et pour le moins précises :
« Les jingles doivent faire pour certains trois secondes, pour d'autres sept, parfois 30... Et on nous a aussi dit d'intégrer les chants des ultras », énumère ainsi Seysey, producteur et compositeur de 37 ans. À ses côtés, le pianiste Vulax, jeune révélation de 23 ans, souligne : « Dans tous les cas, ce sera épique ! »
Une volonté claire : faire du PSG une marque transversaleSi le Paris Saint-Germain a été si clair dans ses demandes, c'est aussi parce qu'il n'est pas question que de musique avec ce « Ici C'est Paris Music Lab ». « Ça va bien au-delà », martèle Julia Lenrouilly, la responsable activation de la marque. « C'est vraiment une déclaration d'intention de ce que veut être la marque PSG », poursuit-elle. Car même si le nom du club évoque inévitablement le foot, le Paris Saint-Germain est « bien plus que cela », assure-t-elle : une marque internationale et surtout transversale, qui ambitionne de poursuivre son développement dans des secteurs comme l'art, la gastronomie, la mode, et donc, bien sûr, la musique.
Et qu'en est-il, dans tout cela, des supporters ? Le lien du club avec la musique a toujours été particulièrement fort… et les amateurs du PSG, spécialement tatillons. En 2021, le club avait tenté de changer la chanson traditionnelle d'entrée des joueurs sur le terrain – « Who Said I Would » de Phil Collins – pour la remplacer par un titre de DJ Snake. Pilule mal avalée par les supporters, et leçon bien retenue par le club : prudence est mère de sûreté. « On essaie de ne froisser personne, assure Julia Lenrouilly. On discute toujours avec nos supporters. Ils ont des porte-parole, et on discute globalement de nos projets. »
Avec une certitude : quelle que soit l'issue de l'ICP Music Lab, le fameux hymne « Et tous ensemble on chantera », systématiquement repris en chœur au Parc des Princes, ne risque pas de disparaître de sitôt.
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