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  • «Taïwan : survivre libres», de Pierre-Antoine Donnet

    La Chine continue de mettre la pression sur Taïwan. Dernière démonstration de force en date, Pékin a simulé un blocus de l'île les 29 et 30 décembre 2025. L'Union européenne a dénoncé des manœuvres « déstabilisatrices pour la sécurité régionale ». Donald Trump de son côté a déclaré ne pas être inquiet de cette dangereuse simulation. La menace d'invasion chinoise est une éternelle épée de Damoclès qui s'alourdit au-dessus de la tête de Taïwan. Sans prendre le risque de déclarer formellement leur indépendance, qui existe de facto depuis 1949, les Taïwanais continuent d'affirmer haut et fort leur identité différente de la Chine. C'est tout le sens du livre Taïwan : survivre libres de Pierre-Antoine Donnet, rédacteur en chef de la revue trimestrielle Asia Magazine et du site d'informations gratuit Asialyst.com.

    RFI : Tout est dans le titre de votre ouvrage, Taïwan : survivre libres. Est-ce l'instinct de survie morale, politique, identitaire – malgré la menace du géant chinois voisin – qui vous a frappé chez les Taïwanais ?

    Pierre-Antoine Donnet : J'ai trouvé, dans cette île qui représente un confetti sur une planisphère, une volonté extrêmement forte d'affirmer son identité. Pour Taïwan, cette question est effectivement celle de sa survie. Car en face, la Chine est devenue turbulente, avec à sa tête un président dont l'obsession affirmée est de s'emparer de Taïwan. D'autre part, « libres », oui, parce que la grande différence entre d'un côté l'immensité de la Chine continentale et de l'autre l'île de Taïwan, c'est qu'il y a, en face, un régime totalitaire dictatorial, alors qu'à Taïwan, il y a un vent de liberté qui souffle depuis plusieurs décennies et qui ne cesse de s'amplifier pour en faire aujourd'hui la démocratie la plus vivante de l'Asie.

    Vous voyagez régulièrement à Taïwan depuis plus de 45 ans. Sommes-nous dans un moment d'insécurité pour les Taïwanais, voire de pessimisme à cause des ambiguïtés et des chantages de Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche ?

    Je pense pouvoir dire avec sincérité et conviction qu'il n'y a aucun vent de panique. Ils sont en face de cette Chine géante depuis maintenant des décennies. Ils sont habitués à cette menace. Certes, peu à peu, elle s'accroît, elle devient plus forte et plus immédiate. Il y a certainement un sentiment d'inquiétude. Ils savent bien qu'il est possible que, du fait de l'arrivée du retour à la Maison Blanche de Donald Trump, les États-Unis ne se portent peut-être pas à son secours si, un jour, il y avait tentative d'invasion. Je crois que, pour les Taïwanais, l'exemple de l'Ukraine est très fort. On voit un pays beaucoup moins grand que la Russie qui les agresse et qui, malgré tout, résiste depuis presque quatre ans. Pour les Taïwanais, ça serait la même chose.

    Vous n'oubliez pas de décrire le revers de la médaille à Taïwan, à savoir la présence de la mafia des triades, notamment en politique. Quelle est son ampleur et peut-elle mettre en péril l'avenir de l'île ?

    La mafia est l'une des composantes qui représente un danger pour Taïwan et sa société. Les triades chinoises, les Yakuza japonais, la pègre sicilienne, etc. Les ressorts sont toujours les mêmes : faire de l'argent par des moyens illégaux. Ces triades ont eu un rôle politique important à Hong Kong, avant la loi sur la sécurité nationale en 2020. Elles avaient été utilisées par le régime en place, issu de Pékin, pour écraser l'opposition qui s'exprimait dans la rue. Les membres des triades chinoises ont notamment été utilisés pour faire peur et tabasser les opposants. Cela pourrait être pareil un jour à Taïwan, le gouvernement en a tout à fait conscience. D'autant que, par essence, ces triades sont pour une bonne part invisibles. C'est une force qui est là, organisée, hiérarchisée, pouvant un jour être exploitée. C'est l'une des menaces qui pèsent sur l'avenir de Taïwan. Pour compléter, il y en a une autre : l'influence chinoise qui pénètre la société taïwanaise par la désinformation, l'espionnage, pour introduire le doute dans les consciences collectives à Taïwan sur le bien-fondé de la résistance. Par exemple, avec l'intelligence artificielle générative, on présente des extraits de vidéos sur la vie quotidienne en Chine populaire, notamment de la classe moyenne, plus aisée. Lorsque la jeunesse le voit, elle se dit : « Finalement, ce n'est pas si mal. Pourquoi ne pas accepter ce que propose Pékin ? »

    Taïwan : survivre libres, de Pierre-Antoine Donnet, éditions Nevicata, 96 pages, 11 euros.

    À lire aussiDroits de douane: Taïwan et les États-Unis signent un accord commercial, Pékin en colère

    5 min
  • «Gaza, quel avenir ?»: quand la chercheuse Laetitia Bucaille s'interroge sur le futur de l'enclave palestinienne

    Gaza, quel avenir ? Après deux ans de guerre dévastatrice et trois mois de cessez-le-feu hypothétique, telle est la question que pose la chercheuse Laetitia Bucaille dans son nouveau livre paru aux éditions Stock. Professeure de sociologie politique à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), elle s'y interroge sur l’avenir de l'enclave palestinienne plus de deux ans après les massacres du 7 octobre 2023 perpétrés par le Hamas en Israël, ainsi que sur les conséquences de la guerre meurtrière menée par l’État hébreu contre sa population. 

     

    RFI : Avant d'essayer de répondre à la question de l'avenir de la bande de Gaza, ouvrons une petite page de l'histoire récente de l'enclave. Ce territoire palestinien a connu des guerres menées par Israël en 2008, 2009, 2012 et 2014, mais également de grandes manifestations - baptisées « La marche du retour » - en 2018, elles aussi réprimées dans le sang par l'armée d'occupation israélienne -, sans compter la guerre de 2021. Et puis il y a le massacre de la population palestinienne depuis octobre 2023, toujours en cours malgré un cessez-le-feu théorique. Les Palestiniens sont-ils condamnés, selon vous, à vivre ces guerres coloniales asymétriques et brutales ?

    Laetitia Bucaille : Il faut espérer que cela cesse. L'avenir proche est tout à fait incertain. Il y a une forme d'accalmie pour Gaza. Je dis « une forme » parce que, comme vous l'avez mentionné, il y a effectivement toujours des morts provoqués par l'armée israélienne. Il est possible qu'avec le plan de paix imposé par Donald Trump, l'on passe à un autre mode de gestion des Palestiniens qui serait plus international, comme une sorte de mandat, de protectorat, avalisé par tout ou partie de la communauté internationale, sans que les Palestiniens ne se dirigent pour autant vers une forme de souveraineté.

    Les Palestiniens de Gaza sont assiégés par Israël depuis 2007. Quel effet a eu ce blocus sur les rapports politiques et sociaux à Gaza ?

    Le blocus a effectivement été décrété en 2007. Mais, depuis l'instauration de l'autonomie palestinienne en 1994, la circulation des Gazaouis a été extrêmement limitée : les autorisations de sortie qui leur étaient accordées alors l'étaient vraiment au compte-gouttes. Je crois que, dans la deuxième partie des années 1990, il y avait à peu près 4% de la population gazaouie qui pouvait sortir de l'enclave. Cela veut dire aussi que le Hamas a pu en prendre le contrôle et y développer son emprise sur la société palestinienne sans que l'on puisse en prendre la mesure.

    Après les massacres du 7-Octobre et la prise en otage d'Israéliens, les dirigeants du Hamas ont - comme d'ailleurs le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant - fait l'objet de mandats d'arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Le mouvement islamiste peut-il aujourd'hui encore faire partie de l'avenir de Gaza ?

    La communauté internationale s'y oppose. Ce que disent les Israéliens, ce que disent aussi les Américains et les Européens, c'est qu'on doit faire sans le Hamas, qu'il faut le désarmer. Cela étant, un certain nombre de militaires assez lucides sur la question - y compris dans certains cercles israéliens - ont conscience du fait que le Hamas ne va pas disparaître. Cette entité issue des Frères musulmans ne va pas s'évanouir dans Gaza ou ailleurs car le tissu qu'elle a développé durant plusieurs décennies est toujours vivace. Et l'un des objectifs du Hamas, c'est aussi de s'imposer comme le leader des Palestiniens : il est donc probable que l'organisation ne renonce pas à jouer un rôle dans l'enclave à l'avenir. Quels seront ses moyens pour s'imposer ? Là, c'est difficile à déterminer. Mais s'il n'a rien obtenu à Gaza, qui est aujourd'hui complètement détruite, le Hamas peut toutefois se targuer d'avoir atteint une audience mondiale et d'avoir provoqué une renaissance de l'intérêt pour la cause palestinienne ainsi qu'un soutien pour elle dans le monde entier.

    5 min
  • «Rivalités pour la paix, Géopolitique de l'ONU»: entretien avec Arthur Boutellis

    Quel avenir pour l'ONU à l'ère de Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping ? Et quel avenir pour les opérations de maintien de la paix de l'organisation ? Ces missions onusiennes incarnées par les emblématiques Casques bleus qui ont longtemps fait l'unanimité parmi les États membres sont aujourd'hui remises en cause du fait de rivalités de puissances toujours plus intenses, de la contestation de certaines normes, du recours à la force ou de la violation du droit. C'est le thème du livre Rivalités pour la paix, géopolitique de l'ONU, d'Antoine Boutellis, conseiller sénior à l'International Peace Institute de New York et enseignant à Sciences Po Paris.

    Rivalités pour la paix, géopolitique de l'ONU, d'Arthur Boutellis, éditions Armand Colin, 264 pages, 23,90 euros

    À lire aussiLes missions de paix de l'ONU victimes des rapports de force

    5 min
  • «Le Monde après Gaza» de l’écrivain indo-britannique Pankaj Mishra

    L’essai Le Monde après Gaza de l’écrivain indo-britannique Pankaj Mishra s’ouvre sur les derniers jours de l’insurrection dans le ghetto de Varsovie en 1943, réprimée dans le sang par les nazis. Comparant l’extermination des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale à l’anéantissement de Gaza par Israël sous le regard complice des puissances démocratiques occidentales, Mishra pointe du doigt la radicalisation de la société israélienne et s’inquiète de l’effondrement moral généralisé. Puisant sa réflexion aussi bien chez Primo Levi, Hannah Arendt, Edward Said que James Baldwin, ce livre relit l’histoire contemporaine à travers une grille morale et invite ses lecteurs à construire le monde d’après en s’appuyant sur une nouvelle conscience politique et éthique.   

    RFI : C’est le sentiment de découragement face à l’effondrement moral généralisé qui vous a conduit à vous lancer dans l’écriture du Monde après Gaza. J’aimerais que vous nous expliquiez les raisons de votre découragement ?

    Pankaj Mishra : Je me suis retrouvé dans la situation de nombreuses personnes complètement déconcertées par la réaction d’Israël au 7-Octobre. Nous avons vécu des mois d’extermination de masse diffusés en direct, quelque chose de sans précédent dans l’histoire de l’humanité. En même temps, ce qui a été également inédit ces derniers mois, c’est de voir les démocraties occidentales qui prétendent défendre un ordre international fondé sur des règles, qui prétendent se battre pour la démocratie et les droits humains, appuyer Israël en lui apportant leur soutien tant diplomatique, militaire que moral. En conséquence, tout un système de normes, tout un système de lois, toute une manière de comprendre le monde, notre place en son sein, notre perception de nous-mêmes, de nos possibilités, et de ce que nos sociétés pourraient être à l’avenir, désormais tout cela est remis en cause. C’est de cela que je parle quand je vous dis que nous assistons à un effondrement moral généralisé.

    Je suis étonné de votre réaction. Vous semblez avoir oublié les violences des guerres coloniales, les atrocités commises en Corée et au Vietnam, la mauvaise foi qui a conduit à la guerre en Irak…

    Je pense que les gens de ma génération n’ont pas oublié les longues guerres et les atrocités de l’impérialisme. Je n’avais pas vraiment beaucoup d’illusions sur la nature de la démocratie occidentale ni sur cette rhétorique des droits de l’homme. Mais je dois admettre que, même pour des personnes comme moi, formées à l’histoire mondiale, les événements de Gaza - au cours desquels on a vu les gens abandonner leurs principes pour se ranger du côté des auteurs d’un génocide - ont été un choc immense.

    À quand situez-vous la corrosion morale dans la société israélienne que vous pointez et que vous n’êtes d’ailleurs pas le seul à évoquer ?

    Pour la plupart des observateurs, cette corrosion morale commence avec l’endoctrinement de la population israélienne et la construction d’une identité nationale fondée sur la Shoah et l’expérience juive en Europe. Pendant les premières années de l’existence d’Israël, la Shoah ne faisait pas partie de l’image que ce pays se faisait de lui-même. Les premiers dirigeants israéliens méprisaient les survivants de l’Holocauste : ils les voyaient comme des êtres faibles qui déshonoraient le pays parce qu’ils étaient allés à la mort sans résistance. Ce n’est que plus tard, à partir des années 1960, que le récit de la Shoah a été redécouvert et élaboré afin d’imposer une identité nationale cohérente.

    Ainsi, plusieurs générations d’Israéliens ont été endoctrinées avec ce message très dangereux selon lequel le monde qui les entoure serait rempli de gens cherchant à les tuer et à les éradiquer.

    Dans votre ouvrage, vous revenez longuement sur les mises en garde lancées en leur temps par d’éminents philosophes tels que Hannah Arendt et Primo Lévi contre cet endoctrinement. Pourquoi n’ont-ils pas été écoutés?

    C’est parce que le récit de l’Holocauste a d’abord été confisqué par l’État d’Israël, puis perverti pour servir les intérêts d’un État violent et expansionniste. Des penseurs comme Hannah Arendt, qui avaient vu en Europe les pires excès du nationalisme, étaient très conscients du risque de voir ressurgir ces dangers dans un nouvel État-nation tenté par le fascisme, le suprémacisme ethnique et racial. C’est pourquoi elle s’est farouchement opposée à l’idée du sionisme comme doctrine constitutive de l’Etat d’Israël.

    Primo Levi, lui, qui croyait en l’idée d’un Israël socialiste, fut totalement horrifié en découvrant les preuves des atrocités israéliennes commises contre les Libanais et les Palestiniens. Ces penseurs ne pouvaient concevoir que la Shoah serve de fondement à la légitimité d’Israël. Pour eux, cette légitimité ne pouvait reposer que sur le comportement éthique d’Israël dans l’ici et maintenant.

    C’est pourquoi je crois qu’il est de notre devoir, d’une certaine manière, de sauver la mémoire de la Shoah des mains de ceux qui l’ont tant instrumentalisée en Israël. Ne me méprenez pas : il n’est nullement question d’oublier la Shoah, mais il est seulement question de la délivrer de l’emprise de l’État d’Israël.

    Comment voyez-vous le monde après Gaza, qui est le titre de votre essai ?

    Vous savez, lorsque je songe à l’avenir, ce qui m’inspire véritablement de l’espoir, c’est la façon dont la jeunesse a su incarner à travers le monde une forme rare d’empathie et de compassion envers les victimes de la violence à Gaza. Ils l’ont fait en se levant, en se mobilisant, en donnant voix à leur indignation, et, ce faisant, ils nous ont renvoyé à nos propres manquements — nous, les aînés, ceux qui détenons le pouvoir, dans la politique, les affaires ou les médias. Ils nous ont rappelé, parfois avec sévérité, combien nous nous étions compromis, soit en tolérant ce génocide, soit en gardant le silence face à lui.

    Ces jeunes manifestants, ces étudiants sont descendus dans la rue, ils ont dénoncé les atrocités, nous poussant à écouter davantage la voix de notre conscience. J’espère qu’à mesure qu’ils vieilliront, accédant à leur tour à des positions d’influence et de responsabilité, ils se souviendront des positions profondément morales qu’ils ont su adopter dans ces temps sombres que nous venons de vivre. Et j’espère qu’ils trouveront le moyen de perpétuer ces valeurs de compassion et de solidarité qu’ils ont su si magnifiquement incarner au cours de ces 15 derniers mois marqués par la brutalité et la souffrance. Oui, on peut dire qu’il y a de l’espoir.

    Le Monde après Gaza, par Pankaj Mishra. Essai traduit de l’anglais par David Fauquemberg. Editions Zulma, 304 pages, 22,50€

    5 min
  • «L'amour en temps de guerre, récits d'Ukraine»: entretien avec Maryna Kumeda

    Comment s'aimer, s'unir et faire des projets d'enfants lorsqu'on n'est pas sûr de voir le jour se lever ? C'est la question que pose Maryna Kumeda dans son livre L'amour en temps de guerre, récits d'Ukraine, paru aux éditions de l'Aube. Un ensemble de témoignages touchants sur l'absence, le deuil, mais aussi l'espoir et la pulsion de vie.

    À lire aussiUkraine: à Sloviansk, la dernière maternité ouverte de la région de Donetsk poursuit ses accouchements sous les bombardements

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  • Ukraine: les Européens hantés par les «fantômes de Munich» et Donald Trump par Yalta

    Les pressions de Donald Trump pour forcer une paix en forme de capitulation de l'Ukraine auront-ils raison des Européens ? Malgré une prise de conscience de la menace russe, les Européens ne sont-ils pas cependant toujours tentés par un « apaisement » de Vladimir Poutine, comme en 1938 les Britanniques et les Français face à Hitler à Munich ? C'est tout l'enjeu du livre Les fantômes de Munich, signé Isabelle Lasserre, journaliste au Figaro et ancienne correspondante à Moscou. Elle répond aux questions de Joris Zylberman.

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  • «La Syrie au cœur. Du cachot à la liberté », dialogue entre Najah Albukaï et Theo Padnos

    Tous deux ont subi l'effroi de la séquestration, de la torture, de la mort inéluctable. Tous les deux en Syrie, entre 2011 et 2013, mais pas aux mêmes mains : le dessinateur Najah Albukaï était prisonnier des geôles de Bachar el-Assad, le journaliste américain Theo Padnos était l’otage du Front al-Nosra (al-Qaïda) – fondé par Abou Mohammed al-Joulani, rebaptisé depuis Ahmed al-Charaa et désormais aux commandes du pays. Dans ce livre, le journaliste Denis Lafay réunit ces deux hommes. Ils racontent ce qu’ils ont vécu, leur processus de reconstruction, et considèrent leur avenir et celui du pays. Rencontre. 

    La Syrie au cœur. Du cachot à la liberté. Najah Albukaï et Theo Padnos, dialogue avec Denis Lafay. 192 pages. Publié aux éditions de l'Aube.

    24 min
  • «Au cœur de la Russie en guerre» de Pierre Lévy, ancien ambassadeur en Russie

    Il a assisté, aux premières loges, aux événements qui ont conduit la Russie, en février 2022, à lancer son « opération militaire spéciale », en d’autres termes, l’invasion de l’Ukraine. Le diplomate, Pierre Lévy, revient sur son expérience d’ambassadeur de France à Moscou, en publiant : Au cœur de la Russie en guerre, un peu plus d’un an après avoir quitté ce poste. Pierre Lévy répond aux questions d’Anastasia Becchio.

    Suivez nos dernières infos, reportages et émissions sur la guerre en Ukraine/Russie. 

    5 min
  • Elisa Chelle, professeure en science politique et autrice de l'ouvrage: «Les leçons du Trumpisme»

    Plus d'un an après sa réélection à la Maison Blanche, Donald Trump apparaît toujours plus puissant à la tête des États-Unis. Il semble marcher sur le Congrès et ignorer la loi. Une présidence impériale qui n'est pas une première dans l'histoire américaine. Mais peut-on dire pour autant qu'il casse les institutions du pays ? C'est l'un des enjeux de l'ouvrage d'Elisa Chelle, La démocratie à l'épreuve du populisme, les leçons du trumpisme. Elisa Chelle est professeure de science politique à l'Université Paris Nanterre et chercheuse liée à Sciences Po. 

    5 min
  • En Espagne, «le franquisme est mort, mais le régime a laissé des traces»

    Près de 50 ans après la mort de Franco, qui marqua la fin d'une dictature militaire, autoritaire, catholique, que certains n'hésitent pas à qualifier de fasciste, l'image de celui que l'on surnommait le « Caudillo » (« Chef ») persiste en Espagne. Une image que l'ancien dictateur avait lui-même promulguée et qui, malgré le retour à la démocratie, perdure dans ce pays qui n'a jamais réussi à définitivement l'enterrer. C'est ce que raconte Stéphane Michonneau, professeur d'histoire à l'université Paris-Est Créteil, spécialiste de l'Espagne, dans son ouvrage Franco : Le temps et la légende, paru le 10 septembre dernier aux éditions Flammarion.

    À lire aussiEspagne: cinquante ans après la mort de Franco, les symboles du franquisme toujours présents

     

     

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