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Le rapport de la Cour des comptes épingle la gestion de France Télévisions.
C'est « une situation financière préoccupante » qui a été dépeinte mardi par la Cour des comptes. L'entreprise, qui reçoit plus de 2,5 milliards d'argent public, est en déficit, avec une perte d'exploitation de 50 millions d'euros en 2025. C'est dû à la baisse tendancielle du concours de l'État, moins de 161 millions entre 2018 et 2022, mais aussi au fait que les recettes publicitaires ont profité d'un effet d'aubaine au moment des Jeux olympiques, en 2024.
En réalité, écrit la Cour des comptes, face à « la situation financière critique » du groupe, il faut revenir sur l'accord collectif, en vigueur depuis douze ans, qui distingue 160 métiers, limite leur polyvalence et freine l'évolution des compétences. Ce sont donc des réformes structurelles qui sont demandées ainsi qu' « une trajectoire financière réaliste », après des « orientations contradictoires » ces deux dernières années de la part de l'État.
Vers de nouvelles coupes ?Un rapport publié à un moment où l'exécutif songe à de nouvelles coupes. La semaine dernière, Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions, a révélé que le gouvernement Bayrou prévoyait un « effort supplémentaire de 65 millions d'euros » pour 2026. Iris Bucher, la présidente du syndicat des producteurs, a alors sorti sa calculette : une soixantaine de millions, ça veut dire en moins « 85 épisodes de 52 minutes, une quarantaine de soirées par an, ou, pour le résumer, une case de fiction sur France Télévisions ».
Comme le nouveau premier ministre Sébastien Lecornu cherche des économies, le président de l'Arcom, Martin Ajdari, a mis en garde contre des coupes trop brutales. Et le patron de TF1, Rodolphe Belmer, s'est dit « très mobilisé », car il sait que le dynamisme de sa filière dépend des investissements de France Télé dans la fiction, qui représente le tiers des budgets.
Cela intervient à un moment où France Télévisions est dans le collimateur de l'extrême droite. Sur fond d'accusation de connivence avec le Parti socialiste de deux chroniqueurs, Patrick Cohen et Thomas Legrand, les médias de Vincent Bolloré tirent à boulets rouges sur France Télévisions et Radio France. Les deux groupes ont répliqué et Delphine Ernotte a même parlé de « chaîne d'extrême droite » à propos de CNews. Aussitôt, Marine Le Pen l'a qualifiée de « militante très marquée à gauche » et a demandé son départ. Il faut rappeler que le RN souhaite la privatisation de l'audiovisuel public, et cela, pour une bonne raison, c'est que cet audiovisuel est au sommet des audiences et que c'est la première source d’information des Français. C'est encore la Cour des comptes qui le dit.
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Le festival de fiction de la Rochelle 2025 porte un thème dominant pour cette édition : le regard dans le rétroviseur.
La plupart des grandes fictions événements en présentation à La Rochelle sont tournées vers le passé. Que ce soit un passé ancien avec Merteuil pour HBO Max dans le XVIIIᵉ siècle des Liaisons dangereuses, ou Montmartre, grande production internationale pour TF1 et Disney sur les cabarets de la Belle Époque, fin XIXe. Ou encore Les Sentinelles pour Canal + qui revisite la Première Guerre mondiale avec de la science-fiction dans un univers dystopique entre Enki Bilal, Terminator et Star Wars.
Des séries historiques dans laquelle se place aussi Eté 36 de TF1 qui sortira l'an prochain après Montmartre. Dans les tournages à venir, on peut citer aussi les séries La Comtesse de Monte Cristo, avec Audrey Fleurot sur TF1, Nero avec Pio Marmaï, sur Netflix, qui rend hommage aux films de cap et d'épée avec une touche de modernité. Ou encore les films Quasimodo sur Netflix ou Résistantes sur France Télévisions durant l'Occupation.
Et pourquoi ce goût pour les séries ou les fictions historiques ?Le passé, ce sont des décors, des costumes, donc c'est assez coûteux. 15 à 20 % de plus sur le budget d'un film, selon la réalisatrice de Merteuil, Jessica Palud. Or les producteurs français ont depuis peu l'apport des plateformes de streaming - 136 millions l'an dernier. Et ces géants cherchent à se démarquer avec des séries faites en France, mais au cachet international comme Montmartre avec Disney + ou Merteuil avec HBO Max. Et puis il y a une autre explication soufflée par Charly Kodjo, le producteur ivoirien d'Ebinto qui se déroulait dans les années 1970, c'est que c'est en regardant dans le rétroviseur qu'on comprend qui on est quand on ne sait pas très bien où l'on va. Charlie Kodjo prépare Afronautes, une uchronie, un rêve imaginant que les Africains aient réalisé la conquête de l'espace en 1962 et pris ainsi de l'avance sur le reste du monde.
Le passé des fictions peut être plus contemporainsOn le voit avec Quiproquo, une série qui s'intéresse à la disparition d'un enfant dans la crise sociale des années 1990 pour la RTBF, la télé belge. On le verra aussi sur France Télévisions avec Mitterrand confidentiel, une mini-série sur la vie de l'ancien président. Mais aussi avec le téléfilm Monsieur, avec Jean-Pierre Darroussin, une enquête de police où l'on est plongé dans la campagne du nord dans le sillage de vieilles Peugeot filmées par drone. Enfin, Disney+ réussit un pari audacieux avec les Disparues de la gare, qui se situe à Perpignan avant et après l'an 2000. Car l'affaire qui s'étend sur deux décennies n'est pas tout à fait close.
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Alors que Vincent Bolloré pourrait racheter le quotidien français Le Parisien, très populaire dans l'Hexagone, cette perspective suscite l'inquiétude des salariés du journal. Sa rédaction a-t-elle les moyens de s'opposer à une telle perspective ?
Jeudi 11 septembre, les 474 salariés du Parisien et son édition nationale Aujourd'hui en France ont voté à l'unanimité un texte qui s'oppose au « projet de vente du Parisien au groupe Bolloré » et qui dénonce le mutisme de leur direction. Si ses enfants paraissent ne pas tous être sur la même longueur d'onde, il semble que Bernard Arnault soit lui, en effet, bien décidé à faire affaire avec Vincent Bolloré en lui vendant le quotidien.
Les deux hommes se côtoient, s'apprécient, et sont même allés ensemble, il y a un an, au Puy-du-Fou de Philippe de Villiers, selon Le Nouvel Obs. Après s'être opposés sur le contrôle du groupe Lagardère, en 2020, ils sont tombés d'accord. Bolloré a fini par avoir Lagardère, donc Europe 1 et Le Journal du Dimanche, tout en cédant Paris Match à LVMH.
C'est à la fin juin, à Saint-Tropez, que les deux milliardaires se sont vus pour discuter du rachat du Parisien. L'affaire permettrait à Bernard Arnault de se retirer d'un quotidien qui ne cesse d'accumuler les pertes : le chiffre de plus de 500 millions d'euros en dix ans est évoqué. Du côté de Vincent Bolloré, la prise de contrôle du Parisien serait un levier d'influence précieux dans son empire médiatique.
Un rachat qui suscite l'effroi en interneMais au sein du journal, un tel rachat suscite l'effroi pour des raisons idéologiques. Vincent Bolloré est, en effet, connu pour mener un combat civilisationnel contre l'islamisation de la société et l'immigration et pour apporter son soutien à des figures d'extrême droite, telles que Jordan Bardella ou Éric Zemmour.
Sa méthode consiste toujours à mettre des hommes à lui pour imposer sa ligne éditoriale et à faire partir les journalistes qui ne s'y retrouvent pas. Pendant quelque temps, on a cru qu'il pouvait y avoir des exceptions, comme au sein du groupe Prisma qui édite Capital ou GEO.
Mais en définitive, Vincent Bolloré vient d'étendre les pouvoirs de Serge Nedjar, le patron de CNews, en le nommant à la tête des rédactions de l'ensemble du groupe de presse. Au Parisien, on redoute donc cette vente qui serait en complète contradiction avec les valeurs de neutralité de ce journal né de la Résistance.
Freiner l'appétit de Vincent Bolloré, une tâche impossible en l'étatReste que les journalistes du quotidien n'ont pas vraiment les moyens de s'opposer à une telle perspective. S'il existe une vieille règle anti-concentration selon laquelle on ne peut pas être à la fois propriétaire d'une chaîne de télévision, d'une radio et d'un quotidien national, il suffira à Vincent Bolloré d'arrêter Aujourd'hui en France pour n'être plus acquéreur que d'un quotidien régional.
Faute d'un droit d'agrément demandé par les journalistes, il est donc impossible de freiner l'appétit de Vincent Bolloré dans les médias et leur instrumentalisation idéologique au mépris des rédactions comme des lecteurs.
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Avec le rachat du groupe ProSiebenSat.1 par MediaForEurope, le paysage audiovisuel européen est en pleine recomposition.
MediaForEurope ou MFE, auparavant connu sous le nom de Mediaset, regroupe les chaînes italiennes Canale 5, Italia 1, TGCom24, ainsi que les chaînes espagnoles Cuatro et Telecinco. Sous l'impulsion de Pier Silvio Berlusconi, le fils de l'ancien président du conseil italien, cet ensemble italo-espagnol s'est donné un objectif : prospérer en Europe et faire jouer les synergies entre les pays.
Le père, Silvio Berlusconi, avait échoué en France avec La Cinq au milieu des années 1980. Le fils, lui, a réussi à s'étendre en Allemagne. Il a pris jeudi 4 septembre le contrôle de plus de 75% du capital de ProSiebenSat.1, le deuxième groupe privé de l'audiovisuel allemand, avec ses chaînes ProSieben, KabelEinz et la plateforme de streaming Joyn, qui compte huit millions d'abonnés.
Le groupe a également des positions fortes en Autriche et en Suisse, ce qui permet à Pier Silvio Berlusconi de se hisser à la tête d'une sorte d'empire romain germanique de 210 millions d'habitants. Et de fait, avec ProSiebenSat.1, MediaForEurope devient le premier acteur audiovisuel en Europe, avec près de sept milliards d'euros de chiffre d'affaires, devant RTL Group et la BBC.
L'influence des plateformes américainesNetflix, Amazon Prime, Disney+ ou HBO Max sont des menaces pour les acteurs européens. Pour l'emporter, MediaForEurope, qui détenait déjà le tiers de ProSieben, n'a pas hésité à améliorer son offre face au deuxième actionnaire, un groupe tchèque. Il aura ainsi la main sur 20 millions d'abonnés au streaming grâce à Joyn et sa propre plateforme Infinity.
Mais l'idée est aussi notamment de disposer d'un catalogue d'œuvres et de formats, et de les faire circuler d'un pays à l'autre. Le populisme dont la télé de Berlusconi est capable, avec d'éventuelles atteintes à l'indépendance des rédactions, inquiète le gouvernement allemand. Mais Pier Silvio Berlusconi l'a juré : ce sera une offre locale, respectueuse de l'information, encore plus adaptée au public allemand, avec davantage d'actualités et moins d'adaptations de formats.
Les dirigeants d'Arte veulent aussi une plateforme européenne, mais publiqueBruno Patino, le patron d'Arte France, parle de « pièce manquante » dans les audiovisuels publics européens : une plateforme européenne qui défende des regards, des cultures et un espace public commun. Arte.tv est déjà en sept langues et partenaire de douze chaînes publiques. Selon Boris Razon, son directeur éditorial, c'est « de l'art et non du commerce », mais il lui faut de l'argent public.
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Nous parlons aujourd'hui des journalistes palestiniens tués à Gaza par l'armée israélienne. Plus de 210, selon Reporters sans frontières, qui appelle à une mobilisation des médias le 1er septembre.
Une « mobilisation d'ampleur » : c'est dans ces termes que l'ONG Reporters sans frontières (RSF) a appelé jeudi 28 août les médias du monde entier à réagir face à ce qui ressemble de plus en plus à une tuerie de masse de journalistes, dans une échelle sans précédent. Plus de 210 journalistes tués, dont au moins 56 ciblés par l’armée israélienne ou tués dans l’exercice de leur travail. En juin, l'association avait déjà réuni 200 médias pour appeler à protéger les journalistes de ce massacre.
Mais depuis le 10 août et la frappe qui a tué six journalistes, dont le correspondant d'Al Jazeera Anas al-Sharif, on constate que ce sont des groupes entiers de reporters qui sont ciblés. Lundi, cinq journalistes ont été tués dans une autre frappe, double celle-là, sur l'hôpital Nasser, dans le centre de Gaza. Parmi eux des collaborateurs des agences Reuters et AP. Et c'est ce qui a conduit les ONG RSF et Avaaz à mobiliser 150 médias du monde.
Faire pression sur les dirigeants du monde pour forcer IsraëlCes organisations demandent à faire pression sur les dirigeants du monde, pour qu'ils appellent Israël à cesser ses crimes contre les journalistes, également pour permettre des évacuations et un accès indépendant à la presse internationale. L'appel est signé par Mediapart et L'Humanité en France, Le Soir et La Libre Belgique, le Frankfurter Rundschau en Allemagne, The Independent au Royaume-Uni, L'Orient-Le Jour au Liban, mais aussi la radio et télévision publique espagnole.
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Un clivage dans les médiasIl y a malgré tout un clivage dans les médias sur cette question. On comprend pourquoi en lisant un article du média israélien +972. Il montre qu'une cellule secrète dite de « légitimation » du renseignement militaire israélien vise à réunir des éléments contre des journalistes locaux prétendument liés au Hamas. Elle a œuvré pour faire du journaliste assassiné Anas al-Sharif, prix Pulitzer et vedette d'Al Jazeera, un bras armé du Hamas jusqu'en 2017, ce que contestent la chaîne et les organisations de journalistes.
Cette cellule vise donc à jeter le discrédit sur les reporters palestiniens. Avec un crescendo : au début, Israël faisait mine de mener une enquête, comme quand la présentatrice d'Al Jazeera Shireen Abu Akleh a été tuée à Jénine, en 2022. Ensuite, il cible et discrédite les photo-reporters et cameramen palestiniens. Enfin, il en arrive à assumer des assassinats ciblés de journalistes.
Une photographe canadienne de Reuters, Valérie Zink, a préféré démissionner cette semaine plutôt que de cautionner les pratiques de son agence de presse comme d'AP ou des grands journaux américains (New York Times, Washington Post). Des pratiques qui consistent à reprendre, malgré les faits, la propagande d'Israël.
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Le décès lundi en direct du streamer français connu sous le pseudonyme de Jean Pormanove, 46 ans, au centre de vidéos le montrant se faire tabasser ou humilier sur la plateforme Kick, soulève de nombreuses questions. Après sa mort, la ministre déléguée chargée du Numérique, Clara Chappaz, a saisi l’Arcom, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique.
Un streamer français, une plateforme australienne, un représentant légal à Malte. On a là tous les ingrédients de ce qui fait horreur à la régulation européenne. C'est d'ailleurs à la suite d'une requête du régulateur allemand en janvier que la plateforme Kick a désigné son représentant légal maltais, requête dont son homologue l'Arcom a été informée. Si on ajoute à cela qu'un article de Mediapart avait déjà dénoncé en décembre les sévices et les humiliations que subissait sur Kick Raphael Graven, alias Jean Pormanove, on peut se demander avec le directeur et éditorialiste du Parisien, Nicolas Charbonneau « À quoi sert l'Arcom ? ». D'autant que cet article avait donné lieu à l'ouverture d'une enquête préliminaire du procureur de Nice, et que la Ligue des droits de l'homme avait déjà saisi le régulateur français. « L'Arcom, écrit l'éditorialiste, toujours prompte à sanctionner le moindre faux pas télévisuel, serait-elle plus sourde et aveugle quand il s'agit de fouiller dans ce que le web recèle de plus abject ? »
L'Arcom aurait-elle pu empêcher les costreamers présents avec Jean Pormanove de se filmer en direct ?Précisons déjà que le rapport d'autopsie exclut l'intervention d'un tiers et impute le décès à des causes médicales et/ou toxicologiques. On n'est donc pas dans le cas de ce qu'a connu la Thaïlande en 2017 quand un père avait tué sa fille sur Facebook Live avant de se suicider. Ou même la Russie en 2020, quand un homme avait fait mourir de froid sa compagne en direct en l'exposant à un froid glacial en sous-vêtement. Mais c'est vrai que les violences répétées subies par Jean Pormanove, le fait aussi qu'un handicapé présent à ses côtés en soit victime, tout cela concourt à l'exigence d'une intervention dans l'urgence. Or l'Arcom n'est pas adaptée à une situation d'urgence. L'institution, qui a été créée en 2022 justement pour réguler les plateformes de streaming et lutter contre les contenus illicites, ne peut au mieux que saisir un juge, et c'est alors le temps judiciaire qui s'impose. Reste qu'elle ne l'a pas fait, et c'est là toute sa responsabilité.
Absence de régulationLa plateforme Kick tire aussi profit de son absence de régulation. C’est parce qu'elle est non européenne, qu'elle est difficile à arrêter. Mais il faut bien voir que son modèle économique repose sur l'absence de modération. On peut tout voir sur Kick, même un débat avec un néonazi, selon Libération. Or cette plateforme est d'autant plus dangereuse qu'elle ne perçoit qu'une commission de 5% sur les recettes des créateurs, contre 40 à 50% sur Twitch, sa grande rivale, dont Kick fait déjà le tiers de l'audience en France.
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La loi sur les lanceurs d'alerte doit être votée lundi 18 août à l'Assemblée nationale sénégalaise.
Cela faisait partie des promesses des promesses de campagne de Bassirou Diomaye Faye avant son accession à la présidence en avril 2024. C'est aujourd'hui dans un corpus de lois plus large visant à lutter contre la corruption et à renforcer la transparence de la vie publique que s'inscrit ce texte sur la protection des lanceurs d'alerte. Un texte historique puisque le Sénégal serait le premier pays francophone d'Afrique subsaharienne à se doter d'une telle législation qui protège sur le plan juridique et sécuritaire les personnes qui dénoncent des faits d'intérêt public.
À quel type de dénonciations peut-on songer ?On a vu des lanceurs d'alerte sur des terrains variés en Afrique. Cela va de la déforestation illégale au Mali avec Amadou Traoré, à la violation des sanctions américaines en RDC avec Navy Malela, en passant par la désinformation russe en République centrafricaine avec Ephrem Yalike-Ngonzo. Mais le plus souvent, ce sont des affaires de corruption d'État qui sont dénoncées. On pense à Bianca Goodson en Afrique du Sud ou à Biswick Kaswaswa au Malawi.
C'est d'ailleurs dans ce domaine des infractions économiques que se concentre le projet de loi sénégalais. La plateforme de protection des lanceurs d'alerte en Afrique demande qu'il soit élargie à la santé, à l'environnement et aux droits humains. Elle veut aussi que le texte sécurise davantage les canaux de signalement, qu'on distingue les lanceurs d'alerte des personnes mises en cause pour corruption dans un texte de loi à part, ou qu'on étende la protection contre les représailles à ceux qui ont facilité la divulgation comme les journalistes ou les ONG.
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Cette initiative s'inscrit dans un effort de moralisation de l'informationOn l'a vu en février, lors de la nouvelle procédure pour plus de transparence qui a conditionné l'enregistrement en tant que média à l'emploi de journalistes. Cela a permis d'autoriser 260 médias mais d'en écarter 280. Reporters sans frontières (RSF) constate aussi que les médias publics s'efforcent, depuis l'arrivée du nouveau pouvoir, de donner la parole à tous les courants politiques. Quant aux médias privés, ils doivent compter avec une nouvelle loi sur la publicité qui en renforce la régulation.
Ces changements sont salués par RSF, qui note par ailleurs que les différends ne manquent pas avec les éditeurs de presse. En témoigne une « journée sans presse » il y a un an, afin de protester contre la décision du Premier ministre Ousmane Sonko d'annuler l'effacement de la dette fiscale des entreprises de presse décidée sous Macky Sall. Deux quotidiens sportifs avaient ensuite mis la clé sous la porte.
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La ligue de football professionnel lance sa chaîne le 15 août. Elle sera entièrement dédiée au championnat de France.
Selon la Ligue de football professionnel, cette chaîne entièrement dédiée au championnat de France est une première mondiale. Le nom de cette chaîne, Ligue 1 +, montre bien que l'ambition est d'en faire une plateforme à part entière. Ligue1+, « un gage de qualité » mais aussi, selon Nicolas de Tavernost, l'ancien patron de M6 aujourd'hui directeur général de LFP Media, « ce que frigidaire est au réfrigérateur ».
Alors, non pas qu'on y verra du froid, des matchs en différé, puisqu'on y trouvera la totalité des matchs en direct, à l'exception de celui du samedi 17h qui reste sur BeIN Sports. Non, plutôt parce que la Ligue 1 aura une chaîne à son nom, qui lui ressemblera, qui sera à l'image des clubs qui la composent. On y retrouvera les matchs, mais aussi des magazines et des documentaires produits par Mediawan comme une série immersive de six épisodes consacrée au Paris FC, le nouveau club de Ligue 1.
De nombreux déboiresCette création intervient après pas mal de déboires pour le diffuseur de cette compétition. Vincent Labrune, le président de la Ligue, avait claironné qu'il voulait atteindre le milliard d'euros pour la Ligue 1. En 2020, après s'être engagé à payer ce montant, le groupe Mediapro a lancé sa chaîne, mais il n'a pas pu engranger assez d'abonnés et il a dû déclarer forfait.
Amazon et Canal+ ont suivi, puis DAZN, une plateforme britannique qui, pour 400 millions d'euros, a lancé sa chaîne l'an dernier à près de 30 euros avec engagement, mais elle n'a pas pu réunir plus de 600 000 abonnés et elle a, elle aussi, été incapable d'aller au bout de son contrat. Avec des prix élevés, ce diffuseur a très vite constaté un haut niveau de piratage ainsi que les réticences de certains clubs à la lui fournir l'accès aux avant-matchs et aux joueurs. Évidemment, ce sera plus simple si c'est la Ligue elle-même qui diffuse.
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Prix contenus et hyperdistributionCette fois, les prix sont attractifs. C'est la moitié de ce que demandait DAZN, soit 15 euros par mois et même 10 euros pour les moins de 26 ans. Ainsi, la Ligue espère enrayer le piratage. Elle a choisi la voie de l'hyperdistribution, ce qui veut dire qu'elle n'aura pas un partenaire exclusif et sera partout : sur les box des opérateurs télécoms, les applis de streaming, les télévisions connectées et les consoles de jeux.
L'objectif est d'atteindre 1 million d'abonnés et 2,5 millions dans quatre ans. La chaîne coûte 66 millions à produire, ce qui fait qu'elle peut être rentable. Mais la grande inconnue est de savoir si elle générera suffisamment d'argent pour faire vivre les clubs. Et ça, c'est loin d'être gagné. Nicolas de Tavernost reconnaît lui-même qu'il y aura deux années difficiles.
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La stratégie d'hyperdistribution gagne les grands opérateurs audiovisuels français et pourraient bien profiter à des pays d'Afrique francophone
Ce jeudi 3 juillet 2025, le groupe TF1 a annoncé le lancement de sa plateforme de streaming gratuite TF1+ dans 21 pays d'Afrique francophone, dont l'Algérie, le Burkina Faso, le Niger ou le Mali. On pourra y retrouver Plus Belle la vie, HPI ou encore Tout pour la lumière, le nouveau feuilleton de TF1. Pour cela, il suffit de télécharger l'application ou de passer par un téléviseur connecté. Mi-juin, le groupe a aussi signé un accord avec Netflix pour intégrer son offre et ainsi toucher 40% des treize millions d'abonnés de la plateforme en France qui ne regardent jamais ses programmes. Or Netflix sera aussi à la mi-juillet accessible dans 24 pays d'Afrique subsaharienne grâce à un accord avec Canal+ qui permettra de retrouver dans son abonnement l'accès aux séries du géant américain. Citons Lupin, Emily in Paris, Squid Game, mais aussi bien sûr les productions africaines comme Blood & Water, Unseen, King of Boys, Anikulapo, Blood Sisters et Kings of Jo'Burg.
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France Télévisions a annoncé cette semaine un accord de distribution avec Prime Video d'AmazonIl ne touche pas spécifiquement l'Afrique, mais comme Prime Video est accessible dans des pays comme le Sénégal, la Côte d'Ivoire et le Mali, ses abonnés vont forcément en profiter. Un espace dédié à France.tv sera ainsi accessible sur Prime avec ses 20 000 contenus comme Intervilles ou Un Si Grand soleil. On retrouve là une stratégie d'hyperdistribution qui avait été initiée par Bruno Patino, l'actuel patron d'Arte, qui a mis le maximum de contenus sur YouTube en considérant que la mission d'un service public était d'être vu le plus possible. Cela peut se comprendre, mais quelle est la logique pour un groupe privé ? À TF1, on parle de plus en plus de micro-paiements pour voir des épisodes avant diffusion, par exemple. Avec la publicité, cela pourrait compléter les revenus.
Le monde de la création audiovisuel africain va aussi évoluerOn l'a vu fin juin au Salon des contenus audiovisuels d'Abidjan, le SICA. Les plateformes internationales ne vont plus se contenter des séries de Nollywood pour assurer leurs programmes africains. C'est pourquoi autour d'Alex Ogou, de Mamane, bien connu de RFI, d'Alex Berger, de Charly Kodjo et bien sûr des réalisateurs Abderrahmane Sissako ou Dani Kouyaté, tout un tissu créatif gagne en intensité et en puissance. On parle du Bureau des légendes africain d'Axel Berger, mais aussi d'une comédie en douze épisodes de Mamane ou le super-héros africain est un bras cassé. Avec le rachat de MultiChoice par Canal+, ce sont de nouvelles perspectives sur tout le continent qui s'offrent à eux.
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L’extrême droite tisse sa toile dans les médias en France et en Allemagne.
« Nous, on ne les lâche pas » : c’est ainsi que Caroline Parmentier, députée du Rassemblement national, parlait des militants antifascistes lorsqu’elle était rédactrice en chef du journal Présent en 2013. Depuis, le journal Présent est mort, en 2018, tout comme l’étudiant Clément Méric assassiné par des néo-nazis. Et l’extrême droite a muté dans une nouvelle réalité, qui va d’une nébuleuse de canaux numériques à des institutions médiatiques établies.
Côté pile, de nouveaux médias sur YouTube comme Tocsin, Omerta, Boulevard Voltaire ou Frontières, lequel fait de l’agitation à l’Assemblée et s’est infiltré à l’Arcom pour faire croire que l’arrêt de C8 était un ordre donné par Macron. On peut y associer le média numérique Neo, du milliardaire catholique Pierre-Édouard-Stérin, opposé à l’avortement et partisan de la remigration qui vient de racheter le compte Cerfia du réseau social X.
Côté face, des publications controversées comme Valeurs actuelles, L’Incorrect ou Causeur. Et puis, il y a toute la sphère Bolloré, bien sûr, avec CNews, Europe 1 et Le Journal du Dimanche, pour une lecture ultra-conservatrice et un soutien souvent sans faille à Benyamin Netanyahu et à Donald Trump.
Avec cette particularité : ces médias invitent régulièrement des représentants de sa famille de pensée afin de promouvoir l’ordre sécuritaire, le rejet d’une société multiculturelle, l’immigration zéro, la domination occidentale, mais aussi l’absence d’État dans les affaires. Des thématiques que l’on retrouve aussi sur des médias plus anciens comme Le Figaro, Sud Radio ou Le Point.
En Allemagne, l’extrême droite gagne en visibilitéUn article paru début juin dans Le Monde montrait bien qu’il y a un avant et un après Covid où de nouveaux canaux ont commencé à surfer sur la défiance grandissante envers les médias traditionnels, accusés de s’être pliés aux injonctions des virologues et d’être inféodés à la gauche. C’est pourtant un ancien rédacteur en chef de Bild, Julian Reichelt, qui a créé en 2023 Nius, plateforme aux 9 millions de visites par mois qui se distingue par des titres comme « Les barbares sont parmi nous » ou « La diversité tue ».
Derrière Nius, on retrouve Frank Gotthardt, qui a fait fortune dans la tech médicale et qui possède trois chaînes régionales essentiellement dans la région de Coblence. Il a aussi un média en ligne autrichien, Exxpress, et dispose même d’une licence de télévision pour développer une Fox News germanophone. Il commence même à ébranler le groupe Axel Springer, dont le patron Mathias Döpfner estime qu’il faut laisser plus de place dans ses colonnes à l’extrême droite.
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L’actu des médias, les médias dans l’actu : tel est le propos de cette chronique qui se propose de décrypter ce qui change les médias à l’ère numérique - et donc la façon dont on est informé. Les…

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