Reportage culture

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  • Rue des artistes: les studios Kirah, incubateur d’artistes émergents en Guinée

    Les studios Kirah de Conakry, nés en 2017, se sont imposés comme un haut lieu de production artistique et culturelle en Guinée. Ils sont un incubateur très prisé pour les artistes en herbe. Ils peuvent venir y travailler librement sur leurs projets personnels. Ils y trouvent des formations techniques en photo, en montage ou en design. Les activités des studios se structurent autour de deux projets phares : « Musi’Shine », pour accompagner de jeunes chanteurs et chanteuses dans leur professionnalisation, et l’accueil du festival de théâtre « Univers des mots ». 

    Dans le quartier de Kipé, c’est dans ce bâtiment de deux étages et son jardin, où s’entasse le matériel laissé en vrac par des scénographes, qu’aura lieu le festival « Univers des mots », en novembre. Aujourd’hui, des artistes français et guinéen en résidence aux studios Kirah travaillent sur le spectacle qu’ils proposeront lors du festival, explique Myriame, une responsable des studios : « Dans le cadre d’Univers des mots, on a un projet inclus dedans, « Les mots et le geste ». Ça permet de rassembler les artistes en binômes, on crée des binômes mixtes interdisciplinaires avec des artistes français et guinéens. C’est vraiment un échange culturel qu’on veut au travers de ça, une communication entre différentes formes d’arts, les différentes disciplines. Créer un projet pour aider les populations à prendre conscience de certains enjeux sociaux ».

    Slam et danse : une collaboration en mouvement

    Maureen, une danseuse française, a profité de sa résidence pour animer des ateliers avec des danseurs guinéens : « Le projet de « L’univers des mots, Les mots et le geste », c’est de créer un métissage et un lien entre un artiste guinéen et un artiste français. Moi je suis danseuse et je vais travailler avec un artiste guinéen, Bademba Barry, qui est slameur. Le but est de collaborer, de trouver une thématique en s’inspirant de l’univers d’ici, de Conakry, trouver un thème. Et à partir de ça, trouver son axe de recherche, développer et créer une proposition artistique, un duo, qui mélange le slam et la danse ».

    Bademba Barry aussi anime des ateliers, de slam, pendant sa résidence. Pour lui, il s’agit autant de métisser les équipes d’artistes que les arts sonores et visuels, pour créer un spectacle complet : « L’intérêt, c'est d’apporter une expression visuelle au slam qui est un art d’expression orale. Moi, je l’ai déjà fait, ça fait déjà cinq bonnes années que je fais de grands spectacles à Conakry où je fais intervenir des danseurs et d’autres artistes. Mais cette fois-ci c’est différent, car Maureen est une danseuse professionnelle. […] Elle a de l’expression dans le mouvement. Je pense qu’elle pourra parfaitement interpréter mes mots à travers ses mouvements sur une scène. J’ai d’ailleurs hâte de voir la thématique que nous allons choisir et l’œuvre que nous allons créer ».

    Structurer une carrière artistique en Guinée

    Un autre grand projet des studios Kirah, c’est « Musi’Shine », un programme aidant des chanteurs et chanteuses talentueux à pouvoir vivre de leur art, à travers du coaching par des chanteurs expérimentés et des formations juridiques sur les contrats ou les droits d’auteurs. Le rappeur Africanisé en a bénéficié l’an dernier. « Pour moi, le début, c'était juste une passion. Et après, j'ai compris, quand je suis venu à Musi’Shine, ils m’ont fait comprendre que ce que je fais, je peux en vivre. Ils m’ont appris le sens du métier, ils m’ont appris à m’organiser de façon professionnelle. C’est-à-dire à me structurer, même si pour le moment tout n’est pas encore au complet, mais ils m’ont beaucoup aidé sur ce plan ».

    Une nouvelle cohorte de chanteurs va participer cette année à ce programme des studios Kirah pour booster leur carrière.

    4 min
  • À Marseille, l'exposition «Tatouage. Histoires de la Méditerranée» retrace l'histoire de cette pratique ancestrale

    À Marseille, le centre de la Vieille Charité propose jusqu'au 28 septembre 2025 une exposition Tatouage. Histoires de la Méditerranée. La pratique a traversé les époques, les territoires et les sociétés. Le tatouage entre aujourd'hui dans l'histoire de l'art, symbole de transgression, de protection, de sacré, sa résurgence contemporaine est l'occasion de revenir sur une histoire passionnante vieille comme l'humanité.

    Savez-vous que la moitié de la population italienne est tatouée, qu'un tiers des Français l'est aussi, et beaucoup plus encore chez les jeunes, avec une recrudescence du phénomène depuis les années 2010. Mais au-delà des modes, que signifie encrer sa peau ?

    « C'est un signe de transgression, c'est un défi lancé aux normes et aux contraintes sociétales. Le tatouage et le féminisme ont une relation ancienne puisque pendant des siècles, en France et dans l'Europe occidentale, la femme tatouée était une femme de mauvaise vie. Or, aujourd'hui, le tatouage est perçu comme le moyen de l'appropriation, de la réappropriation de son corps. Le tatouage modifie ce qu'on pourrait imaginer être un état de nature. Avec le tatouage, on peut définir qui l'on est véritablement », explique Nicolas Misery directeur des musées de la ville de Marseille et commissaire de l'exposition.

    À lire aussiTous tatoués ? : l’ascension sociale du tatouage

    Si le tatouage est tendance, il a été par le passé l'apanage des criminels et des marginaux, raconte-t-il : « Nous sommes heureux de présenter dans l'exposition cet ensemble de photographie de relevés de tatouages venu du musée Cesare Lombroso à Turin, un ensemble de plusieurs milliers de photographies réalisées à la fin du 19e siècle et au début du 20e, où l'on mettait des prisonniers à nu pour photographier leurs tatouages comme la marque d'une criminalité de nature. On a utilisé le tatouage comme un signe de reconnaissance des personnes dangereuses et marginales ou malades. C'est parfois déchirant ce qu'on peut voir sur ces tatouages. On peut lire la solitude, le sentiment d'être le jouet du malheur, du destin, la bravade avec des phrases adressées à l'autorité pénitentiaire et plus généralement à la vie qui a amené beaucoup de personnes dans les marges. »

    Le centre de la Vieille Charité nous fait voyager dans le temps. L'étude momifiée d'Otzi, homme néolithique du 4e siècle, atteste d'un pratique thérapeutique pour soigner l'arthrose. L'archéologie des mondes antiques, de la Syrie à l'Espagne en passant par l'Égypte ou Chypre, témoigne d'un usage constant variant de l'ornemental à l'infamant. « Dans le monde grec et romain, les esclaves qui avaient tenté de fuir étaient marqués par des tatouages, des marques infamantes gravées sur le visage, le front. Ils étaient immédiatement identifiés comme des personnes mises au ban de la société », rappelle le commissaire de l'exposition.

    Le monde médiéval chrétien va réprouver le tatouage, mais tolérer les marques d'appartenance religieuse comme les croix ou les scènes de crucifixion. Chez les femmes amazighes, de la Libye à la Mauritanie, les motifs géométriques du tatouage marquent un statut marital ou un symbole de protection. Depuis la fin des années 1960 et les luttes anticoloniales des artistes du Maghreb ou du monde arabe ne cessent de se réapproprier ces motifs culturels dans leur production contemporaine.

    À lire aussiAix-en-Provence célèbre Paul Cézanne avec une exposition internationale

    3 min
  • Aix-en-Provence célèbre Paul Cézanne avec une exposition internationale

    Jusqu’à la fin septembre, Aix-en-Provence rend hommage à Paul Cézanne. Le peintre, figure majeure de la modernité, a révolutionné l’art en puisant son inspiration dans sa ville natale. Une exposition internationale est présentée au musée Granet. Un parcours permet aussi de découvrir les lieux emblématiques de Cézanne, de la propriété du Jas de Bouffan à son dernier atelier des Lauves.

    Paul Cézanne fait partie de ces artistes dont l'œuvre a été façonnée par un lieu. À Aix-en-Provence, l’ingénieur du patrimoine David Kirchthaler présente le grand salon de la bastide du Jas de Bouffan, où le visiteur peut découvrir différentes époques du domaine et les dernières recherches sur le peintre. « Le grand salon, ce sera son premier atelier où il fait ses premières productions. Il a 20 ans, c’est un jeune homme. Son père veut qu’il fasse du droit. Ce grand salon est une sorte de démonstration à son père pour lui montrer qu’il veut être artiste-peintre », explique David Kirchthaler.

    Dans ce grand salon, les panneaux décoratifs peints par Cézanne dans sa jeunesse ont été déposés et vendus depuis longtemps, mais les murs portent encore la trace de son passage. Aujourd’hui, la propriété du Jas de Bouffan, désormais réduite, appartient à la ville. La vue sur la Sainte-Victoire, montagne emblématique peinte par Cézanne sous toutes les lumières, est aujourd’hui masquée par les constructions. Mais c’est bien ici, dans ce paradis provençal, que le peintre installera son chevalet pendant quarante ans.

    Le musée Granet a réuni 135 œuvres de ce précurseur longtemps incompris. Bruno Ely, son directeur, rappelle que Cézanne était un « insatisfait permanent, à la fois très orgueilleux et en même temps plein de doutes ». Il cherchait à faire une peinture classique, mais laissait aussi s’exprimer des tendances baroques dans un même tableau. Cézanne jouait avec le non-fini, laissant parfois la préparation blanche de la toile visible. « Il fait la démonstration éblouissante qu’une œuvre peut être inachevée, mais aboutie », souligne Bruno Ely.

    Le musée Granet célèbre la maturité et le mystère de Cézanne

    Cézanne demandait à la couleur de construire l’œuvre. Il peignait lentement, avec persévérance, et revenait sans cesse sur ses motifs. Pour Bruno Ely, « ce n’est pas un génie qui improvise, c’est quelqu’un qui médite. D’ailleurs, il disait que peindre, c’était méditer le pinceau à la main ».

    L’exposition présente les grandes toiles de la maturité : La Ferme, Le Grand Bassin, L’Allée des marronniers, ainsi qu’une somptueuse salle de natures mortes. On y découvre aussi le « petit peuple » du Jas de Bouffan, notamment Les Joueurs de cartes ou La Femme à la cafetière, chef-d’œuvre du musée d’Orsay. Denis Coutagne, président de la Société Paul Cézanne, confie : « L’œuvre de Cézanne reste insondable ». Il rappelle cette lettre où Cézanne écrit à son fils, inquiet des faussaires qui tentent de le copier : « Laisse faire, je suis impénétrable ».

    En guise de final, le musée Granet présente une belle série d’autoportraits et Les Grandes Baigneuses, un thème décliné en près de 200 versions, souvent inachevées, peut-être impossibles à terminer pour Cézanne lui-même. Viscéralement attaché à sa Provence natale, il écrivait depuis la Suisse, sa destination la plus lointaine : « Quand on est né là-bas, c’est foutu, rien ne vous dit plus ».

    À écouter aussi«Cézanne au Jas de Bouffan», le musée Granet sur les pas du maitre d'Aix

    3 min
  • Rue des artistes: Addis Fine Art, la galerie qui révèle les talents d’Afrique de l’Est

    Depuis près de dix ans, la galerie d’art Addis Fine Art expose les œuvres des artistes éthiopiens, mais aussi de toute l'Afrique de l'Est. Un véritable tremplin pour ces peintres, plasticiens ou encore sculpteurs qui, grâce à la galerie, bénéficient d’une visibilité internationale. 

    Mesai Haileleul déambule dans la vaste salle de sa galerie d’art. Sur les murs immaculés sont accrochées les toiles de l’artiste éthiopien Dereje Demissie, l’exposition du moment. Durant près de 30 ans, c’est à Los Angeles que Mesai Haileleul exerçait son métier de galeriste. Et c’est aux États-Unis, aussi, qu’il a pris conscience du manque de représentativité des artistes éthiopiens à l’international. « La présence des artistes éthiopiens dans les foires artistiques ou les institutions était très très faible. Et on avait remarqué que les galeries locales, aussi bien qu’elles soient, ne permettaient pas vraiment de se faire connaître en dehors de l’Éthiopie. On a réalisé qu’il manquait un lien, alors qu’il y a des artistes de talent ici. Ailleurs sur le continent, beaucoup d’artistes ont des galeries qui travaillent avec l’étranger. Alors, on s’est dit "ce sera peut-être une première, mais on doit se lancer" », explique-t-il.

    « On croit beaucoup au potentiel des artistes éthiopiens »

    En 2016, Mesai Haileleul rentre en Éthiopie et fonde Addis Fine Art avec sa collaboratrice Rakeb Sile. « L’idée est de créer un pont entre ici et le marché international. Car on croit beaucoup au potentiel des artistes éthiopiens. Leur travail mérite d’être vu par le plus grand nombre. Nous voulons qu’ils prennent part à ce qu’il se passe dans le monde de l’art en dehors de l’Éthiopie. C’est ça qui est derrière Addis Fine Art Gallery », dit-il.

    Tizta Berhanu fait partie des artistes promues par la galerie. La jeune femme de 34 ans peint ses œuvres dans le sous-sol de sa maison, à Addis-Abeba. « J’ai toujours voulu être une artiste. C‘était mon rêve d’enfance. Pour moi ce n’est pas naturel d’exprimer mes pensées et mes émotions avec des mots. Je préfère le faire par la peinture », raconte-t-elle.

    Mettre en lumière des artistes de toute l’Afrique de l’Est

    Devant une toile plus grande qu’elle, représentant un petit groupe de femmes, Tizta Berhanu reconnaît que vivre de son art est quasiment impossible en Éthiopie. « Avant que je rencontre Addis Fine Art, je travaillais de manière indépendante. Pour être honnête, c'était difficile. Car je vendais mes œuvres ici en Éthiopie, à des particuliers. Mais je n’avais pas cette connexion avec le marché international. Les galeries d’art comme celles-ci sont très importantes, car la plupart des artistes ne savent faire que peindre, ils ne savent pas comment faire leur publicité et promouvoir leur travail ».

    Dès ses débuts, Addis Fine Art a également mis un point d’honneur à mettre en lumière des artistes de toute l’Afrique de l’Est, comme Amel Bashier. Originaire du Soudan, elle vit aujourd’hui en exil en France. « Au Soudan et ici, j’arrivais à vendre mes œuvres. Mais je sens que j’ai franchi une étape avec Addis Fine Art. J’ai plus de succès maintenant. Ils mettent en valeur les artistes et leur travail ».

    En dix ans, 50 artistes au total ont été exposés dans la galerie d’Addis Fine Art.

    4 min
  • Le festival international Nuits d'Afrique de Montréal a rassemblé des artistes de l'ensemble du continent

    La 39e édition du Festival international Nuits d'Afrique se termine ce dimanche 20 juillet à Montréal. Treize jours de concerts ont rassemblé près de 700 artistes africains, d'Amérique latine et des Antilles. Des sonorités traditionnelles aux fêtes technos en passant par des cours de danse ouverts à tous, la richesse culturelle de cet événement a transporté le public en voyage tout autour du monde.

    De notre envoyée spéciale à Montréal,

    Rumba congolaise, maloya réunionnais, trap syrienne, rythmes berbères, amazighs, yorubas ou vaudous : en un mot, les Nuits d'Afrique rassemblent. Dans le quartier des spectacles, l'Esplanade Tranquille porte très mal son nom cette semaine. Les concerts s'enchaînent dans une immersion sonore totale et ininterrompue. Chaque artiste profite de son temps sur scène pour mettre en lumière son pays et sa culture.

    « Le kamele ngoni, c'est un instrument purement africain. C'est un instrument qui a créé à Wassoulou, une ville peule au Mali. À travers cet instrument, je peux parler de la paix, de la cohésion sociale, du vivre ensemble. C'est très important pour moi parce qu'il faut promouvoir ta culture, ta langue. Moi, je chante en langue peule d'abord, et puis je chante en langue bambara. Je suis très content de pouvoir le faire », raconte le maître du kamele ngoni, Dicko Fils.

    Si la traditionnalité est partout, elle est loin de rester bloquée dans le passé. La Malienne Djely Tapa est devenue griotte pour la diaspora africaine à Montréal. Mais une griotte bien ancrée dans son époque, ayant ajouté de l'électro à sa musique mandingue. « L'afrofuturisme, pour moi, c'est d'amener nos instruments, qui sont des instruments d'héritage, de les amener dans des sonorités futuristes. Parce que quand on parle de nos instruments, on va les qualifier d'instruments traditionnels. Mais le violon aussi est un instrument traditionnel, mais il est utilisé dans la musique contemporaine. Et on ne l'appellerait pas un ''instrument traditionnel''. Donc, pourquoi ma kora serait un instrument traditionnel ? Elle peut être aussi contemporaine, non ? », interroge l'artiste.

    Ici, les revendications fusent de toutes parts, portées par des artistes engagés pour la justice et la paix. Le Nigérian Fémi Kuti porte un afro-beat politique par essence : « Je suis profondément convaincu que l'Afrique devrait être le meilleur des continents, un modèle qui ferait l'admiration du monde entier. Si ses dirigeants étaient vraiment engagés, s'ils aimaient leur peuple, l'Afrique serait aujourd'hui un continent épanoui, rempli de joie, vous voyez ? Et pourtant, à chaque fois que j'y retourne ou que je lis les nouvelles, j'en ai vraiment le cœur brisé. Je n'ai pas de baguette magique pour changer les choses, et je ne peux pas forcer les autres à croire en mes idées, sinon je passerais pour un dictateur. Alors, peut-être que finalement, la vie consiste surtout à se développer soi-même. Car nous allons tous mourir un jour. Et s'il y a une vie après la mort, alors c'est à ce moment que nous devrons répondre de nos pensées et de nos actes. »

    Aux Nuits d'Afrique, la musique est plus que jamais un moyen de transmettre, d'ouvrir les esprits et de résister, dans la joie et le partage. 

    À lire aussiNigeria: «Zombie», la fronde de Fela Kuti contre Obasanjo

    5 min
  • Rue des artistes: raw material company, lieu artistique emblématique dakarois

    Raw material company, lieu artistique emblématique de la capitale sénégalaise Dakar, a été créé par Koyo Kouoh, qui veut faire vivre la culture, mais aussi la pensée critique et la circulation des idées. Chaque année, Raw organise une académie avec un artiste fil rouge et dix participants venus du continent et la diaspora. Cette année, c'est Felwine Sarr qui dirige une cohorte qui va réfléchir pendant cinq semaines sur le concept du lieu.

     

    À lire aussiL’indépendance, un art porté haut par Koyo Kouoh

    4 min
  • Au off d'Avignon, «Fast», une pièce sur le frénétique marché du vêtement

    Quel besoin a-t-on d'acheter tant de vêtements ? Comment devient-on esclave de l'industrie du textile en suivant la mode ? Comment s'enrichissent les fabricants de vêtements au détriment de plein de petites mains en Asie tout en polluant la terre ? Voilà autant de questions que pose la pièce Fast programmée au festival Off d'Avignon. Une pièce à succès au Théâtre des Doms, le repaire belge du festival, au pied du Palais des Papes. 

     

    À lire aussiAvignon 2025: «Delirious Night», une chorégraphie «chaotique» de Mette Ingvartsen

    3 min
  • Festival d'Avignon: «La lettre» une pièce itinérante qui va à la rencontre du public

    Milo Rau le metteur en scène suisse, connu pour son théâtre engagé sur le génocide du Rwanda, la guerre au Congo ou l'affaire Dutroux, se lance cette fois dans un théâtre plus léger. Et pour cause, il s'inscrit dans un théâtre itinérant devenu une tradition au festival d'Avignon. La pièce se joue chaque jour dans un village différent et va à la rencontre du public.

    Pour aller plus loin : Festival d'Avignon 

    5 min
  • «La Biche aux neuf bijoux» envoûte le Festival d'Aix-en-Provence

    C'est un voyage au cœur de l'Inde que propose la 77e édition du Festival d'Aix-en-Provence. Fruit d'une collaboration entre la compositrice israélienne Sivan Eldar, la chanteuse et poétesse Ganavya Doraiswamy d'origine indienne et le metteur en scène américain Peter Sellars, La Biche aux neuf bijoux mêle mythes anciens et expérience contemporaine, jazz et musique sud-indienne, anglais et tamoul.

    4 min
  • Festival d'Avignon: «When I Saw the Sea» du chorégraphe libanais Ali Chahrour

    Le 79ᵉ Festival d’Avignon s’est ouvert ce samedi 5 juillet. Cette édition met la langue arabe à l’honneur après l’espagnol et l’anglais les deux dernières années. Parmi les nombreux artistes des pays arabes programmés, Ali Chahrour, le chorégraphe libanais, est un habitué du festival. Il présente sa dernière création When I Saw the Sea  (Quand j’ai vu la mer). Sur scène, des employées de maison éthiopiennes incarnent le dramatique destin des travailleuses à domicile d’Afrique ou d’Asie au Moyen-Orient soumises à un esclavage moderne.

    De notre envoyée spéciale à Avignon,

    « Kafala », signifie responsabilité en arabe. Mais c’est d’une bien triste responsabilité qu’il s’agit. Dans le système de la Kafala les jeunes femmes débarquant au Liban pour y travailler se trouvent dépossédées de leur passeport et donc à la merci de leur employeur. Ali Chahrour en pleine guerre entre Israël et le Hezbollah en octobre dernier, a rencontré quelques-unes de ces employées abandonnées par leur patron qui avaient fui les bombardements. Elles campaient en bord de mer.  When I saw the sea, Quand j’ai vu la mer raconte leur histoire incarnée par trois femmes éthiopiennes :  « Ces trois femmes racontent leur vie et en même temps, elles sont porteuses de milliers d’histoires de femmes qui ont subi ce système d’esclavage moderne, explique Ali Chahrour. Leurs récits se traduisent par des mots, mais aussi par la danse et la musique. Dans le travail, on est parti de l'histoire de chacune de ces femmes. Et aussi de leur façon de se mouvoir, de chanter. On a mis en avant cet héritage qui se mêle au nôtre. Car certaines vivent au Liban depuis plus de 25 ans. Donc, elles ne représentent pas l’autre, l’étranger. Elles sont un mélange de leur culture d’origine éthiopienne et de la culture libanaise. »

    Et en écho à ces histoires, on écoute les chansons composées et interprétées sur scène par Lyn Adib et Abed Kobeïssy : « Les chansons sont inspirées des noms des trois femmes sur scène qui ont été parfois changés à leur arrivée au Liban en des prénoms plus familiers aux oreilles de leurs employés. Ces femmes sur scène retrouvent ainsi leur identité et leurs noms d’origine. Une façon de leur rendre l’humanité à laquelle elles ont droit. »

    Ali Chahrour a créé jusque-là des pièces autobiographiques partant de sa propre famille. Il sort pour la première fois de ce chemin : « Cette pièce ne parle pas de ma famille de sang. Mais ces personnes prennent soin de nos maisons, de nos enfants. Elles ont quitté les leurs pour s’occuper de nous et ont rêvé d’un avenir meilleur. Moi-même, en tant que Libanais, j’appartiens à une population dont les 3/4 ont émigré. Je peux donc comprendre ce que c’est de quitter son pays et les siens. Ma sœur et mon frère sont en Europe et souffrent du racisme envers les Arabes. »

    When I saw the sea, un chant d'humanité qui retentit au-delà des frontières libanaises.

    Festival d'Avignon 2025

     

     

     

     

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