La Corée du Sud met l'art contemporain à l'honneur. La plus grande biennale d'art contemporain d'Asie réunit plus de 70 artistes internationaux ainsi que les pavillons de 31 pays. Le commissaire d'exposition est français. Nicolas Bourriaud a été choisi pour orchestrer cet événement qui marque son 30e anniversaire, sous le thème du Pansori, une forme dramatique d'art musical coréen.
De notre envoyé spécial à Gwangju,
« Pansori », en coréen, « le son de la place publique », c’est le titre de cette 15ᵉ édition de la plus grande biennale d’art contemporain d’Asie. Référence au chant traditionnel coréen, cette exposition, organisée cette année par Nicolas Bourriaud, met à l’honneur les sons de notre environnement.
Le vent, la roche, la glace, mais aussi les bruits de notre quotidien, de la rue à nos ordinateurs, toute une symphonie qui accompagne les œuvres de plus de 70 artistes internationaux. Une balade musicale pour décrire le monde dans lequel nous vivons, d’après son créateur Nicolas Bourriaud. « À mon sens, la question centrale de cette exposition, que je vous ai posée au tout début, c’est : quel est le son du changement climatique, quel est le son de l’anthropocène ?, explique-t-il. Et j’espère qu’à travers cette exposition, on accède un peu à une connaissance de ce son. »
« La Corée est devenue une plateforme dans le marché de l’art »Une exposition qui attire le regard de nombreuses galeries, artistes et critiques d’art à travers le monde. Park Yang-woo, président de la biennale de Gwangju, attend pas moins de 700 000 visiteurs du monde entier, de quoi réaffirmer la place désormais centrale de la Corée du Sud dans l’art contemporain en Asie.
« La Biennale de Gwangju représente en quelque sorte toutes les autres biennales asiatiques, affirme Park Yang-woo. Vous savez, la Corée est devenue une plateforme dans le marché de l’art. Je pense qu’au travers de la Biennale de Gwangju, plus d’artistes du monde entier peuvent venir ici et communiquer, échanger et enfin participer à l’histoire mondiale de l’art. »
Une tendance que la Corée du Sud entend bien maintenir. Le pays du matin frais est devenu le troisième pays au monde avec le plus de musées d’art privés. Le nombre de ventes d’œuvres d’art a bondi de plus de 400 % par rapport à la période pré-Covid, avec des clients du monde entier, notamment chinois. Avec le déclin d’Hong Kong, ancienne place forte de l’art contemporain en Asie, les acheteurs chinois se tournent vers Séoul pour enrichir leurs collections.
Si en comparaison avec le marché américain, par exemple, la Corée du Sud reste toujours mineure, les perspectives semblent bonnes. Un nouveau marché que les institutions publiques investissent par ailleurs. En 2024, le gouvernement sud-coréen a alloué près de 3,5 millions de dollars pour l’organisation de grandes expositions d’art contemporain à travers le pays.
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