Reportage culture

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  • Entre critique et création, les artistes posent leurs regards sur l'IA au Jeu de Paume à Paris

    Plus de 40 artistes retracent dix ans de création inspirée par l’intelligence artificielle au Jeu de Paume avec la nouvelle exposition Le Monde selon l’IA. Une exposition à voir jusqu’au 21 septembre qui questionne notre rapport à l’IA, son impact sur l’art et sur notre façon de représenter le monde.

    Au Jeu de Paume, à Paris, l'intelligence artificielle (IA) est décortiquée par les artistes qui nous en montrent les aspects peu reluisants en les critiquant, mais aussi tentent de créer de nouveaux possibles en essayant de débrider les IA. Dans cette exposition, il n'est pas question d'être béat face à l'intelligence artificielle, ses biais et ses limites. Dès l'entrée, la question de la ressource, entre l'énergie consommée pour les faire fonctionner ou l'utilisation de minerai disponible en quantité limitée. À coup de grands diagrammes complexes prenant tout l'espace des murs, on devine les quantités d'énergie nécessaires rien que pour faire fonctionner une simple requête sur Alexa.

    « Nous avons choisi des artistes qui ont une posture critique face à l'IA et face à ces modèles qui commencent à développer des capacités qui vont au-delà des humains, déclare Antonio Somaini, enseignant-chercheur à la Sorbonne et commissaire général de cette exposition. L'on entend souvent parler de l'IA comme quelque chose qui développe une intelligence semblable à celle des humains, mais là, nous faisons face à des modèles qui font des choses dont, nous, les humains, ne sommes pas capables. »

    Des biais occidentaux reproduits par l'IA

    Des capacités qui dépassent celles de l’humain, mais une base de données alimentée… par des humains. Le problème est que ce sont toujours les mêmes : principalement des Occidentaux, ce qui crée des biais. Pour résoudre ces problèmes de biais culturels et ethniques, il faut alors enseigner à l’IA de nouveaux alphabets, de nouvelles langues, de nouvelles représentations, tout cela en veillant à ne pas reproduire les stéréotypes. Avec Tongues, l’artiste sénégalo-libanaise, Linda Dounia Rebeiz a enseigné à l'IA son propre modèle d'écriture asémique, c'est-à-dire dénuée de signification, et inspiré de sept calligraphies de différentes parties du monde, mais avec un focus sur les graphies africaines comme l'amharique : « L'idée derrière était de montrer qu'il y avait un biais pour l'alphabet romain dans les modèles d'IA générative aujourd'hui. Alors que dans un monde où il y a des milliers de langues écrites avec beaucoup de formes différentes et jolies, je pensais que c'était réductif ce que l'on avait à disposition. »

    Effacement et tombe numérique

    Dans cette même critique des biais de l'IA, l'artiste américano-saoudienne Nouf Aljowaysir avec son projet Salaf signifiant « ancêtre » en arabe, qui critique les limitations des intelligences artificielles. Elle pointe les difficultés des IA occidentales à reconnaitre et bien nommer ce qu'elles voient lorsque cette dernière présente des photos de ses ancêtres bédouins. Pour elle, c'est dû au fait que les données utilisées pour entraîner les IA restituent les préjugés coloniaux des archives européennes qui ont été exploitées. Elle a ensuite utilisé un modèle d'IA générative où les silhouettes des personnes sur les photos sont masquées par un filtre blanc, soulignant l'effacement de la mémoire collective de ces ancêtres par l'IA.

    L'intelligence artificielle ouvre aussi la voie à des créations plus philosophiques et artistiques. Pour son œuvre La Quatrième Mémoire, Grégory Chatonsky a reproduit une sépulture où l'on voit un gisant à plat ventre et un film généré en temps réel par IA : « Cette installation, c'est ma tombe. C'est un projet très personnel. Mais ce n'est pas la vie factuelle que j'ai vécue. C'est tout ce que je n'ai pas vécu, c'est ma vie possible. L'intelligence artificielle générative génère des documents qui nous ressemblent, des choses qui n'existent pas, mais qui sont vraisemblables. Et donc, je me suis dit que la tombe du futur pourrait poursuivre notre mémoire pour la rendre éternelle, un peu comme l'ont fait les Égyptiens avec les pyramides. »

    Si l’intelligence artificielle peut être un formidable outil de création et d’innovation, elle reste le reflet de ceux qui la nourrissent. Sans prise en compte de la diversité, elle risque de reproduire, voire d’amplifier, les biais du monde réel. À nous donc de l’appréhender autrement.

    À lire aussiLe monde du doublage en colère et inquiet face aux dérives de l'IA

    4 min
  • Cannes 2025: en attendant la palme

    La 78ᵉ édition du Festival de Cannes s'achève ce soir. Le jury présidé par l'actrice Juliette Binoche va se retirer dans une villa pour discuter des prix qui seront remis en fin de journée. Cette année, aucun film n'est franchement donné favori, même si certains titres reviennent souvent dans les conversations. Certains ont déjà été récompensés par des prix en marge du festival.

    Certains prix gravitent en périphérie du festival de Cannes, mais font parler d’eux. Depuis quinze ans, la Queer Palm, qui récompense un film abordant des thématiques LGBTQIA+, comme des personnages trans, des questionnements de genre ou des relations homosexuelles. En attendant, peut-être, une place au palmarès ce soir, La petite dernière d’Hafsia Herzi, le récit d’initiation d’une jeune femme lesbienne ET musulmane, remporte la Queer Palm.

    Autre prix déjà décerné, l’Œil d’or du meilleur documentaire attribué à Imago, premier film tchétchène projeté à la Semaine de la critique. Le réalisateur Déni Oumar Pitsaev livre un film très personnel, en retournant voir sa famille réfugiée en Géorgie. Mais, lui qui a connu la guerre enfant, a une pensée pour tous ceux qui souffrent dans des conflits : « Il y a des gens en ce moment, que ce soit en Ukraine, au Soudan, à Gaza, qui n'ont pas cette chance. J'ai fait ce film pour l'enfant que j'étais, j'avais huit ans, je n'avais pas d'adulte à côté de moi pour me soutenir. Il y a d'autres enfants qui grandissent en ce moment et qui n'auront pas de chance de grandir, comme moi. Toutes les douleurs sont également importantes, et toutes les vies valent, qu'elles soient palestiniennes, tchétchènes ou israéliennes. »

    À Cannes, les animaux sont aussi à la fête

    Le Grand Prix de la Palm dog 2025 récompense, à titre posthume, Pipa, du film Sirat projeté en compétition, à qui sa partenaire, humaine, Jade Oukid, rend hommage.

    Sirat, de l’Espagnol Oliver Laxe, figure parmi les films les plus cités par les critiques comme devant figurer au palmarès. Au moins autant qu’Un simple accident de Jafar Panahi ou Sentimental value de Joachim Trier.

    Le jury présidé par Juliette Binoche va délibérer toute la journée de samedi. Le Congolais Dieudo Hamadi a aimé cette expérience inédite : « Je viens parfois sans savoir ce que je vais regarder, sans connaître le nom du réalisateur ou de l'équipe et même parfois les titres. Ce qui me passionne, c'est d'arriver sans a priori et d'être embarqué dans une histoire que je n'attendais pas. Traverser, comprendre, ressentir, ça fait partie des privilèges des jurés. »

    Verdict ce soir et un palmarès à suivre sur RFI à 18 h temps universel

    À lire aussiFestival de Cannes 2025: les films en compétition

    3 min
  • Cannes 2025 : le journal du festival à mi parcours

    Direction le festival de Cannes, où neuf films sur vingt-deux sont entrés dans la compétition pour la palme d'or. Ce dimanche 17 mai, l'Américain Wes Anderson et le Brésilien Kleber Mendonça Filho entrent, eux aussi, dans la danse. Retour sur les derniers temps forts du festival.

    Robert Pattinson et Jennifer Lawrence ont électrisé les marches, signant moult autographes et se prêtant au jeu des selfies. Le duo de superstars américaines est à l'affiche de Die, My Love, film en compétition de la britannique Lynne Ramsay. À 39 ans, Robert Pattinson est au sommet de sa gloire depuis déjà deux décennies, découvert dans Harry Potter et Twilight, tout comme l'Américaine Jennifer Lawrence, révélée toute jeune dans la saga Hunger game. Lynne Ramsay, prix du scénario à Cannes en 2017, leur offre deux très beaux rôles, un couple de parents confrontés à la maladie mentale de la jeune mère.

    Le néo-western Eddington, signé Ari Aster, dresse le portrait d'une ville américaine en post-Covid, projection d'une Amérique en décomposition gangréné par le complotisme et l'ultra-violence avec Joaquin Phoenix en shériff disjoncté. Pendant la conférence de presse du film, l'acteur Pedro Pascal, star des séries The Last of Us et Narcos, a appelé le cinéma à ne pas se laisser intimider par Donald Trump : « Vous savez, quand on a peur, cela veut dire que les autres ont gagné. Donc, il faut continuer à s'exprimer, il faut continuer à se battre. Il faut continuer de raconter des histoires. C'est notre seule façon. Et il ne faut pas se laisser intimider. Et que ceux qui essaient aillent se faire voir ! »

    Les festivaliers et le jury ont aussi pu découvrir Renoir, de la Japonaise Chie Hayakawa, déjà récompensé en 2022 pour son premier long métrage Plan 75. Un film tout en délicatesse. Le Japon de la fin des années 1980 vu par les yeux d'une fillette de onze ans qui apprivoise par l'imagination et la curiosité sa solitude tandis que son père est en train de mourir d'un cancer. « Il se trouve que j'ai eu un père malade atteint d'un cancer, explique la réalisatrice. Et que de mon enfance jusqu'à une vingtaine d'années, j'ai vu mon père souffrir, se battre contre la maladie, attendre la mort. Cela a beaucoup marqué mon esprit et peut-être mon rapport au monde. »

    Plus joyeux, malin, Nouvelle Vague, film tourné en français de l'Américain Richard Linklater, ressuscite en noir et blanc tous les protagonistes de la Nouvelle Vague du cinéma français des années 1960. Il retrace avec humour et virtuosité le tournage de À bout de souffle de Jean-Luc Godard.

    À lire aussiUn 78ème festival de Cannes sous le signe de la sobriété et de la politique

    4 min
  • Au Festival de Cannes, l'animation fait son cinéma

    Soixante-dix ans après sa présence à Cannes comme président du jury, Marcel Pagnol est de nouveau à l'honneur sur la Croisette, héros et sujet du film d'animation Marcel et Monsieur Pagnol de Sylvain Chomet projeté ce samedi 17 mai. Au total, six longs métrages sont projetés à Cannes. Focus sur La Mort n'existe pas, à la Quinzaine des Cinéastes et Planètes à la Semaine de la critique.

     

    À lire aussiCannes 2025: quand la réalité virtuelle s’intègre au monde du cinéma

    3 min
  • La Cinémathèque française fait découvrir l'univers singulier de Wes Anderson

    Le cinéma se goûte sur grand ou petit écran… mais il s’expose aussi. La Cinémathèque française, à Paris, propose en ce moment une grande exposition consacrée à l’univers de Wes Anderson. Ce réalisateur américain, cinéaste singulier de l’industrie hollywoodienne installé en France, est reconnu comme un auteur faisant tourner des stars comme Tom Hanks ou Scarlett Johansson. L’exposition est à découvrir jusqu’au 27 juillet à la Cinémathèque française, à Paris.

    En douze longs métrages, Wes Anderson a imposé son univers singulier, loufoque et foisonnant dans l'économie du cinéma américain. C'est aussi l'un des habitués du Festival de Cannes. Son dernier (et douzième) long métrage, The Phoenician Scheme, est d'ailleurs en lice cette année pour la Palme d’or au Festival de Cannes.

    L’exposition qui lui est consacrée à la Cinémathèque française permet de mieux comprendre ses thèmes de prédilection et ses méthodes de travail.

    À lire aussiCannes 2023: Wes Anderson fait rêver avec sa comédie légère et pétillante «Asteroid City»

    3 min
  • Festival Focus Wales: Afro Cluster, l’art de relier les mondes en musique

    Depuis 2011, le festival Focus Wales s’impose comme un rendez-vous incontournable pour qui cherche à dénicher la relève musicale internationale. Implanté à Wrexham, au nord du Pays de Galles, cet événement à taille humaine revendique un double ancrage : l’ouverture au monde et le soutien à la scène locale. Si la programmation réunit chaque année plus de 250 artistes venus des quatre coins du globe, sa vocation première reste de mettre en lumière les talents gallois, souvent sous-représentés dans les grands circuits.

    Parmi les groupes emblématiques de cette dynamique, Afro Cluster occupe une place de choix. Basé à Cardiff, ce collectif aux sonorités métissées, fusionnant funk, jazz, afrobeat et hip-hop, a su séduire bien au-delà des frontières du pays. Populaire auprès du public gallois, il a également foulé les scènes de festivals prestigieux comme Glastonbury. Une reconnaissance méritée pour un groupe qui incarne, à lui seul, l’esprit de Focus Wales : une musique ouverte, inventive et profondément enracinée dans son territoire.

    Festival Focus Wales jusqu’au 10 mai 2025 au Pays de Galles

    À lire aussiJoe The Poet, voix brute du Bronx au Focus Wales

    5 min
  • «I’m Listening» de Barry McGee, l’art à l’écoute du monde à la Galerie Perrotin

    Barry McGee, icône du graffiti américain devenu une star de l'art contemporain, investit pour la deuxième fois la Galerie Perrotin à Paris avec l'exposition "I’m Listening"

     

    Barry McGee vient du bitume, du graffiti illégal, des squats et des marges de San Francisco, berceau de la contre-culture californienne. Il émerge dans la Street art dans les années 90 avec le mouvement d’artistes engagés socialement  et politiquement de la Mission School et signe ses premières œuvres Twist, pseudonyme qu’il  réserve à son travail à la bombe aérosol.

    Il  se démarque en dessinant des personnages cartoonesques avec des visages crispés,  traits tirés et aux paupières lourdes inspirés des sans-abri qui  font désormais partie de son ADN.

    L' artiste culte  de 59 ans,  fils d'un mécanicien irlandais et d'une secrétaire chinoise, s'est fait connaître en montrant sur les murs ce que les villes refusaient de voir : la solitude, l'errance, la pauvreté, l'addiction, l'effondrement...  

    Trente cinq ans plus tard, Barry McGee, réputé pour son talent à transformer l’espace urbain en toile de fond vibrante, l'ancien vandale devenu une célébrité vénérée dans le monde entier, expose chez Perrotin, haut lieu du marché de l'art mondialisé. 

    À travers une série d’œuvres foisonnantes et colorées, peintures à grande échelle frôlant l’art brut, sculptures, skates totems, tableaux géométriques ou toiles de cerises, il offre une immersion saisissante dans son univers aussi saturé que cohérent et fascinant.

    Ses créations  n’ornent pas, elles débordent. Et ici, rien de spectaculaire : tout est non-dit et frontal. Ni nostalgique, ni didactique, cet événement dessine les contours d’un monde où le chaos n’est pas une fin, mais une forme de lucidité pour Barry McGee. 

    « I‘m Listening », exposition de Barry McGee à la Galerie Perrotin jusqu’au  24 mai 2025 à Paris.

    3 min
  • «L’art est dans la rue», la révolution de l'affiche à Paris illustrée au musée d’Orsay

    C'est un art rarement mis en valeur dans les musées, et encore moins à cette échelle. À travers près de 230 œuvres, dont une presse lithographique manuelle, le musée d'Orsay à Paris rend hommage à l'affiche illustrée. Un véritable phénomène de société durant la seconde moitié du XIXe siècle, transformant profondément l'espace public. Ce qui inspire le titre de cette rétrospective, L'art est dans la rue.

    L’art est dans la rue, au musée d'Orsay du 18 mars au 06 juillet 2025.

     

     

    À écouter aussiLe pont des Arts: des affiches illustrées aux spots TV, comment les artistes se sont-ils emparés de la pub?

    3 min
  • Ersin Karabulut livre le tome 2 de son «Journal inquiet d'Istanbul»

    Alors que la jeunesse continue de se mobiliser en Turquie, une bande dessinée permet d'éclairer l'évolution de plus en plus autoritaire de la présidence Erdogan. Dans le tome 2 de son autobiographie, publiée aux éditions Dargaud, l'auteur Ersin Karabulut raconte dans son Journal inquiet d'Istanbul ses années de dessinateur de presse et ce qui l'a finalement conduit à l'exil. 

    3 min
  • Le Barreau des arts, des avocats bénévoles au service des artistes précaires

    Le Barreau des arts fête ses cinq ans. Cette association française fondée par de jeunes avocats apporte une aide bénévole aux artistes précaires et notamment aux artistes étrangers. Droit d'auteur, droit à l'image, droits voisins, les artistes sont souvent démunis face aux acteurs de l'industrie culturelle. Le Barreau des arts leur offre des analyses et des conseils gratuitement.

    Avijit Gosh est un peintre indien. Il vit dans un petit studio du 13e arrondissement de Paris. L'an dernier, il a fait appel aux avocats du Barreau des arts, alors qu'un imprimeur prétendait avoir des droits sur ses peintures. « Pour moi, c'est vraiment une bonne expérience. Quelqu'un, une société, une organisation m'a écouté », se réjouit-il.

    Les avocats du Barreau des arts ont étudié son dossier, puis ont adressé une lettre à l'imprimeur qui a abandonné ses demandes infondées. L'association gère ainsi une centaine de dossiers par an. Musiciens, plasticiens, comédiens, écrivains, tous les domaines artistiques sont concernés. « Nous allons prendre en compte deux critères : le fait que ce soit du droit d'auteur, et que cela réponde aux critères de l'aide juridictionnelle, puisque l'on va aider des artistes en situation de précarité. Ensuite, on va transmettre le dossier à un étudiant bénévole qui va travailler dessus, appeler l'artiste, réunir des pièces complémentaires. Puis, à un avocat qui va prendre le temps de conseiller de manière personnalisée l'artiste sur sa problématique », détaille Corentin Schimel, juriste et photographe, l'un des cofondateurs de l'association. 

    Être en position de négocier pour l'artiste 

    Le Barreau des arts intervient sur les questions de droits d'auteurs uniquement, les contrats, leurs déséquilibres possibles, les questions de plagiat et de contrefaçon. « Je pense que ce que l'on fait, c'est donner des outils pour que l'artiste se sente en mesure de négocier face, parfois, à une institution ou un partenaire plus fort entre guillemets ou qui est accompagné juridiquement. Et donc d'être dans une position pour négocier », estime Lucie Tréguier, cofondatrice et présidente du Barreau des arts. 

    L'idée générale est d'éviter d'aller jusqu'au procès. La plupart des cas se résolvent par la négociation. « Ce sera du règlement amiable du dossier, donc on va aiguiller la personne en lui disant : "Voilà, on te conseille de faire valoir tes droits de telle manière, de revendiquer tel fondement", et puis d'aller discuter avec la personne pour essayer de s'arranger. Surtout dans le domaine de la musique qui s'y prête beaucoup », constate Aurélie Leroy, avocate.

    Soixante-quinze avocats collaborent avec le Barreau des arts. Tous le font pro bono, c'est-à-dire bénévolement. « Je pense que c'est une bonne balance avec notre métier d'avocat. Ce que l'on propose dans le cadre du barreau des arts, c'est vraiment d'aider les plus précaires qui n'auraient pas accès au droit. Et dans ma vision du métier, c'est quelque chose qui est important », confie Lucie Tréguier. Dans les rares cas où l'artiste est obligé de faire appel aux tribunaux pour trancher un litige, le Barreau des arts peut faire jouer le droit de suite et obtenir une prise en charge des frais d'avocat de leur bénéficiaire.

    À lire aussiFrance: rapport accablant d'une commission d'enquête sur les violences dans le milieu artistique

    3 min

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